ARTICLE
Auteur(s) : E
AdehossiE
Adehossi1, C
LandaisC
Landais2, BS Souna3, S Guida4,
F Gbaguidi1, AI Toure1, P
Parola2
1Service de médecine interne
et de cardiologie Hôpital national de Lamordé BP 238
Niamey République du Niger
2IFR 48 Pathologies transmissibles et pathologies
infectieuses tropicales Faculté de médecine de Marseille
13005 Marseille
3Service de traumatologie et d'orthopédie
Hôpital national de Lamordé BP 238 Niamey République
du Niger
4Service de radiologie Hôpital national
de Lamordé BP 238 Niamey République du Niger
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le plus fréquent des
rhumatismes inflammatoires chroniques. Présente dans le monde
entier, sa prévalence est classiquement estimée à 1 % de la
population adulte. Il y a de grandes variations en fonction
des pays et des ethnies ; en France, la prévalence est de 0,3 %
[1]. Ces variations pourraient s'expliquer par des facteurs
génétiques et environnementaux. Ainsi, la présence de l'antigène
HLA DR4 a été soulignée, de même que l'inégale répartition de la
maladie entre populations rurales et populations urbaines
sud-africaines. Cependant, l'influence de ces éventuels facteurs ne
doit pas faire méconnaître les biais liés au mode de recrutement
hospitalier, base de la plupart des études ; liés au profil
démographique des populations africaines dont la moitié a moins de
20 ans ; liés au recours à la médecine traditionnelle ; liés à
la nature même de la PR dont le diagnostic exige souvent le recours
au spécialiste [2]. En Afrique noire, les cas sont rarement
documentés, et peu de données sont disponibles en dehors de
quelques séries [2-10]. Au Niger, aucun cas de PR n'a été rapporté
dans la littérature. Nous décrivons les huit premiers cas nigériens
suivis d'une revue de la littérature.
Méthodologie
Il s'agit d'une étude de dossiers de patients hospitalisés ou
suivis en consultation dans le service de médecine interne et de
cardiologie de l'hôpital national de Lamordé, à Niamey, du
1er janvier au 31 décembre 2000. Tous ces patients
répondaient aux critères de l'ACR (American College of Rhumatology)
révisés en 1987 (tableau 1) dont la
spécificité est de 90 %.
Durant cette première année de suivi, le diagnostic de PR a été
posé chez huit patients. Les paramètres étudiés ont été :
l'âge, le sexe, le motif de consultation, les antécédents, la
symptomatologie clinique, les examens biologiques et le
traitement.
Tableau 1 Critères de classification de la polyarthrite
rhumatoïde proposés par l'American College of Rheumatology en
1987.Table 1. Criteria for the classification of rheumatoid
arthritis, American College of Rheumatology.
|
1. Raideur articulaire matinale de durée supérieure à une
heure durant un minimum de six semaines.
|
|
2. Gonflement des parties molles, touchant au moins trois
articulations simultanément.
|
|
3. Gonflement d'au moins une articulation des mains
(poignet, MCP ou IPP) durant un minimum de six semaines, observé
par un médecin.
|
|
4. Atteinte articulaire simultanée symétrique (une atteinte
bilatérale sans symétrie absolue des MCP, IPP ou MTP est
acceptée).
|
|
5. Atteinte radiologique typique de PR des mains (IPP, MCP)
et poignets avec présence nécessaire d'érosions ou de
déminéralisation touchant les articulations atteintes de façon
exclusive et prédominante.
|
|
6. Nodules sous-cutanés rhumatoïdes observés par un médecin
(saillies osseuses faces d'extension, régions
juxta-articulaires).
|
|
7. Sérologie rhumatoïde positive (taux anormal par toute
méthode où la positivité n'existe que chez moins de 5 % d'une
population témoin normale).
|
Résultats
Au total, huit patients ont été retenus. Leur âge à la première
consultation variait de 23 à 53 ans avec une moyenne
de 38 ans.
Le motif de consultation le plus fréquent est représenté par les
arthralgies inflammatoires des poignets dans huit cas sur huit,
suivies par les douleurs des articulations digitales et les
déformations articulaires dans sept cas sur huit. Le rachis
cervical, les genoux et les chevilles étaient atteints dans cinq
cas sur huit.
Seuls deux patients ont rapporté des antécédents familiaux de
polyarthralgies, dont un cas confirmé de PR avérée chez la sœur
d'une patiente.
Les signes fonctionnels sont représentés par des douleurs
articulaires évoluant depuis deux mois à plus de dix ans. Dans un
cas, les douleurs ont débuté dans le post-partum immédiat. Chez
tous nos patients, l'atteinte est bilatérale, mais n'est symétrique
que dans cinq cas (tableau 2).
Dans notre série, six patients présentaient une synovite du
poignet à la première consultation. La déformation en dos de
chameau a été retrouvée chez quatre patientes, le coup de vent
cubital chez trois patientes, la rétraction en Z du pouce chez deux
patientes et la déformation en boutonnière ou en maillet du petit
doigt chez une seule malade.
Deux patientes présentent des nodules rhumatoïdes, leur maladie
évoluait depuis plus de sept ans. Le syndrome sec
systématiquement recherché cliniquement et par le test de Schirmer
n'a jamais été retrouvé chez nos patients.
Sur la radiographie standard des mains, on note des signes
caractéristiques mais non spécifiques comme une déminéralisation
épiphysaire en bande chez cinq patientes (figure 1), une carpite
fusionnante chez trois patientes avec présence de géodes et
diminution de l'interligne (figure 2).
Sur le plan biologique, on note une accélération de la vitesse
de sédimentation chez tous nos patients. Cette vitesse de
sédimentation varie de 37 à 136 mm à la première heure.
Les facteurs rhumatoïdes (détectés au moyen des tests au latex
et de Waaler-Rose) sont présents chez tous nos patients. Tous ont
bénéficié d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et d'antalgiques.
Une corticothérapie à la dose de 1 mg/kg par jour a été
instituée chez trois patients à la première consultation. Un
traitement de fond a été institué chez trois patients,
hydroxychloroquine (Plaquenil®) à la dose de
400 mg/j pour deux patientes et méthotrexate à la dose de
2,5 mg trois fois par semaine par voie orale avec adjonction
d'acide folique (Speciafoldine®) pour une patiente.
Tableau 2 Caractéristiques cliniques de huit cas de
polyarthrite rhumatoïde diagnostiqués à Niamey, Niger.Table 2.
Clinical characteristics of 8 cases of rheumatoid arthritis
diagnosed in Niamey, Niger.
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Sexe
|
Âge
|
MCP
|
IPP
|
IPD
|
Poignet
|
Coude
|
Rachis cervical
|
Hanche
|
Cheville
|
MTP
|
|
1
|
F
|
23
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
|
X
|
X
|
|
2
|
F
|
53
|
X
|
|
|
X
|
|
X
|
|
|
|
|
3
|
H
|
37
|
X
|
X
|
|
|
|
X
|
|
|
|
|
4
|
H
|
42
|
|
X
|
|
X
|
X
|
X
|
|
X
|
|
|
5
|
F
|
50
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
X
|
|
6
|
F
|
39
|
X
|
X
|
|
X
|
|
|
|
|
|
|
7
|
F
|
37
|
X
|
X
|
|
X
|
X
|
X
|
|
X
|
X
|
|
8
|
F
|
29
|
|
X
|
|
X
|
X
|
|
|
X
|
|
Commentaires
Notre série portant sur un an est la première étude nigérienne
rapportée dans la littérature. Les huit cas rapportés sur une
année ne reflètent sûrement pas la réalité et la fréquence réelle
de cette affection, qui est certainement sous-diagnostiquée, même
si plusieurs auteurs soulignent la rareté de cette affection en
Afrique de l'Ouest [2, 3]. En effet, Greenwood collige 71 cas en
dix ans au Nigeria [4]. Nos patients consultent tardivement et sont
adressés par les services de traumatologie-orthopédie. Par exemple,
deux patientes ont consulté après un délai de plus de sept ans et
après l'apparition de déformations articulaires.
La prédominance féminine a été signalée avec un sex-ratio
variant entre 0,14 et 0,36 [5, 6] dans les séries africaines. Dans
notre série, elle est de 0,14, proche du sex-ratio mondial.
Dans notre étude, les articulations les plus fréquemment
touchées sont les interphalangiennes proximales des mains et les
chevilles, suivies par les poignets, les métacarpophalangiennes et
les coudes. L'atteinte des articulations interphalangiennes
distales, inhabituelle dans la PR telle qu'elle est décrite en
Europe, et qui aurait pu faire évoquer des rhumatismes
psoriasiques, a été constatée dans certaines de nos observations.
Cette particularité a également été retrouvée par Bileckot et
Malonga au Congo [7]. Par ailleurs, Baag et al. [6] et Mody et
Meyers [8] retrouvent une prédominance des poignets. D'une façon
générale, l'ensemble des auteurs s'accorde sur l'importance de
l'atteinte des membres supérieurs, vient ensuite l'atteinte des
genoux et des chevilles. Dans notre série, l'atteinte des chevilles
est commune à nos patients. Ces atteintes de la cheville sont
très importantes à rechercher, car invalidantes, elles retentissent
vite sur la marche.
Le syndrome sec est très souvent associé à la PR dans les séries
européennes. Nous avons systématiquement recherché un syndrome sec
clinique. Il n'a pas été pratiqué de recherche d'anticorps
anti-SSA et SSB ni de biopsies des glandes salivaires. Nous n'avons
retrouvé aucun de syndrome sec. Cela corrobore le fait selon lequel
la PR de l'Africain est caractérisée par la rareté des
manifestations systémiques associées [9, 10]. La PR est une
maladie auto-immune polygénique associée à certains gènes HLA DRB1,
lesquels peuvent varier en fonction des ethnies. Surtout, plusieurs
travaux ont montré que la présence de ces gènes peut modifier
l'expression même de la maladie. Les allèles DRB1*0401 ou
DRB1*0404 semblent être associées à une plus grande sévérité de la
maladie [11, 12]. Sur le plan des marqueurs diagnostiques, nous
n'avons malheureusement pas pu doser les anticorps antinucléaires
et les anticorps anti-peptides citrullinés, dont l'intérêt est
actuellement reconnu [13].
Dans notre série, nous avons retrouvé deux nodules compatibles
avec des nodules rhumatoïdes, mais sans confirmation histologique.
Ces nodules étaient situés, l'un au niveau de la main et
l'autre au niveau épitrochléen. Dans les séries africaines, les
nodules rhumatoïdes sont rares et sans recherche d'origine
histologique [9]. En France, leur fréquence est de 32 % en milieu
hospitalier et de 10 % en population générale [14].
La présence des nodules rhumatoïdes est associée à la présence
de deux complications graves de la PR qui sont la vascularite et la
pneumonie interstitielle.
Tous nos patients ont bénéficié d'un traitement symptomatique
par les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Chez trois patients,
nous avons eu recours à une corticothérapie à la dose de
1 mg/kg par jour de prednisone, encore largement utilisée,
particulièrement en cas de poussée aiguë de PR en complément du
traitement de fond. Il est à noter que malgré leurs nombreux
effets secondaires [15], les corticostéroïdes sont encore utilisés
en « traitement de fond » d'autant plus qu'ils peuvent avoir un
effet « structural » comme les autres traitements de fond [16, 17].
Ainsi, Weiss considère que l'utilisation de la corticothérapie peut
retarder l'évolution des destructions ostéocartilagineuses au moins
aux poignets, mains et avant-pieds [18].
Le traitement de fond n'a été utilisé dans notre série que chez
trois patientes. Dans deux cas, le traitement a consisté en un
traitement par antipaludique de synthèse (Plaquenil®)
et, dans un cas, par méthotrexate à la dose de 2,5 mg trois
fois par semaine par voie orale associée à l'acide folique.
Actuellement, tous les auteurs insistent sur la nécessité
d'utiliser précocement un traitement de fond au cours de la PR
[19]. Il doit être choisi en fonction de l'activité
inflammatoire articulaire qui dépend du nombre d'articulations
douloureuses, du handicap fonctionnel initial, des manifestations
systémiques, du titre du facteur rhumatoïde, des marqueurs de
l'inflammation et d'autres paramètres biologiques peu recherchés en
Afrique, des facteurs prédictifs de sévérité, du rapport
bénéfice/risque du médicament et du type de patient. L'intérêt
réel du traitement de fond a été montré. Actuellement, en
Europe et aux États-Unis, la tendance est aux combinaisons
thérapeutiques afin d'obtenir un effet précoce sur l'inflammation
ou sur l'évolutivité [20]. L'association
méthotrexate-hydroxychloroquine est la plus fréquente en première
intention. L'arrivée des biothérapies comme les agents anti-TNF
alpha a fait progresser le traitement de la PR.
Ces traitements ne sont malheureusement pas disponibles au
Niger et dans la plupart des pays en voie de développement pour des
questions de coût (1 200 euros par mois en France), leur
usage étant également restreint dans tous les pays pour ce
motif.
Les anti-TNF alpha seraient surtout utiles en combinaison à
d'autres traitements de fond, et ne sont que peu ou pas supérieurs
à l'efficacité du méthotrexate chez la grande majorité des
patients. Ainsi, beaucoup de PR peuvent être améliorées par le
méthotrexate, surtout depuis que les posologies ont été portées à
20 mg par semaine (soit 8 cps de méthotrexate à
2,5 mg). Il est très important, pour pouvoir atteindre
progressivement cette posologie sans risquer d'effets secondaires
graves ou des intolérances digestives, de rappeler au patient la
nécessité de ne prendre le méthotrexate qu'une fois par semaine en
une prise. De plus, l'adjonction systématique d'acide folique
(Speciafoldine®) à raison de 2 cps par semaine, à
prendre sur une journée, deux jours après la prise du méthotrexate)
et de prendre systématiquement une supplémentation en acide
folique). Pour plus de sûreté, on peut prescrire le méthotrexate en
injection une fois par semaine, si on craint des erreurs de prise
du patient s'il est prescrit per os. On peut aussi commencer à
donner le méthotrexate à raison de 4 cps par semaine pendant
un mois, et, s'il est bien toléré, passer à 8 cps par semaine
(avec toujours 2 cps de Spéciafoldine® par semaine
[10 mg], deux jours plus tard). Il faut prévenir le
patient que l'efficacité de ce traitement ne pourra être
correctement appréciée qu'après trois à six mois, et qu'il doit
surveiller l'apparition d'une toux sèche ou de fièvre. En effet, si
la Speciafoldine® réduit à très peu le risque de
complications hépatiques et sanguines (leucopénie, thrombopénie,
pancytopénie), elle n'empêche pas la survenue rare (un cas sur 200
environ) d'intolérances respiratoires sévères au méthotrexate, qui
se manifestent souvent par une toux sèche et/ou une fièvre qui
doivent faire interrompre le méthotrexate au moindre doute. En cas
d'échec du méthotrexate, de vieux traitements comme les sels d'or
(Allochrysine®), la D-pénicillamine
(Trolovol®), la tiopronine (Acadione®), ou le
chloraminophène (Chlorambucil®) peuvent être discutés.
Dans de rares cas, ces vieux traitements peuvent en effet mieux
convenir à certaines PR que les traitements modernes les plus
onéreux comme les anti-TNF alpha. Le traitement doit bien sûr
comporter une éducation thérapeutique, et les patients peuvent
aussi bénéficier d'infiltrations articulaires de corticoïdes après
avoir éliminé une possible co-infection. Enfin, la pose de
prothèses (genoux, hanches) ou la pratique d'arthrodèse (poignets)
peut transformer la vie des patients quand la PR a trop détruit les
articulations ou quant elle menace (au poignet en particulier) les
tendons de voisinage.
Références
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du rhumatologue 2000 ; 253 : 18-21.
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Rev Med Interne 1996 ; 17 : 625-6.
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Kabli H, Bettal S. Polyarthrite rhumatoïde au Maroc. À
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milieu hospitalier au Congo Brazzaville à propos de 36 cas. Rev
Rhum [ed. fr.] 1998 ; 65 : 333-7.
8 Mody G, Meyers O. Rheumatoid arthritis in blacks in
South Africa. Ann Rheum Dis 1989 ; 48 : 69-72.
9 Leleu JP, Dexemple P, Soubeyrand J,
Beda YB. La polyarthrite rhumatoïde de l'adulte en Afrique
tropicale. À propos de 50 observations en Côte d'Ivoire. Rev Rhum
Mal Ostéoartic 1983 ; 50 : 195-203.
10 Sankale M, Sow AM, Diop B, Toure YI,
Ruscher H. Caractères généraux de la polyarthrite rhumatoïde
chez le noir africain. Concours Med 1977 ; 99 :
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11 Gorman JD, David-Vaudey E, Pai M, Lum RF,
Criswell LA. Particular HLA-DRB1 shared epitope genotypes are
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2004 ; 50 : 3476-84.
12 Van Gaalen FA, Van Aken J, Huizinga TW,
et al. Association between HLA class II genes and
autoantibodies to cyclic citrullinated peptides (CCPs) influences
the severity of rheumatoid arthritis. Arthritis Rheum 2004 ;
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13 Dubrous P, Gardet V, Hugard L. Value of
anti-cyclic citrullinated peptides antibodies in comparison with
rheumatoid factor for rheumatoid arthritis diagnosis. Pathol Biol
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14 Sany J, Dropsy R, Daures JP. Enquête
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rhumatoïde en milieu libéral. Résultats descriptifs (à propos de
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15 Felson DT, Anderson JJ, Meenan RF. The
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an analysis of serious adverse events. Am J Med 1994 ;
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