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Vitamines : il y a urgence à remettre le couvert !


Médecine thérapeutique. Volume 16, Number 1, 3-4, janvier-février-mars 2010, Éditorial

DOI : 10.1684/met.2010.0245


Author(s) : Emmanuel Andrès, Dominique Mottier , Service de médecine interne B du CHRU de Strasbourg, Département de médecine interne et pneumologie du CHRU de Brest.

ARTICLE

Auteur(s) : Emmanuel Andrès1, Dominique Mottier2

1Service de médecine interne B du CHRU de Strasbourg
2Département de médecine interne et pneumologie du CHRU de Brest

Ces dernières décennies, les recherches sur les vitamines se sont faites rares, cantonnées pour l’essentiel au domaine du fondamental et de l’épidémiologie, notamment en cancérologie [1]. De ce fait, les publications scientifiques de qualité (travaux originaux) sont très peu nombreuses, pour ne pas dire inexistantes pour le clinicien de terrain, en dehors de revues générales ou de synthèse et de quelques travaux chez le sujet âgé et la femme enceinte [2].

Néanmoins, en 2010, les vitamines occupent plus que jamais le devant de la scène, avec notamment le regain du « manger bio » et le développement d’Internet et des nouveaux médias… Ainsi, les sites dédiés aux vitamines sur le Web se comptent par milliers, pour ne pas dire plus… Il n’est pas un jour sans que ces dernières soient mises à l’honneur dans les médias télévisuels et que l’on leur accorde des vertus bénéfiques, voire magiques ! De même, les vitamines ont envahi le quotidien à travers les « journaux et les revues de tous les jours », des messages accrocheurs dont la validité scientifique est parfois douteuse…

Il y a là urgence pour le Clinicien (avec un grand « C ») à reprendre la main et d’une certaine façon à remettre le couvert, tant dans le domaine de la communication que dans celui de la recherche clinique !

Dans ce nouveau numéro de Médecine Thérapeutique, nous avons souhaité montrer que des travaux originaux peuvent encore émerger si l’on s’en donne la peine et les moyens. C’est notamment le cas pour la vitamine B12 qui connaît actuellement un regain d’intérêt en clinique. Ces dernières années ont ainsi vu émerger le concept de maldigestion des cobalamines alimentaires et l’intérêt d’un traitement par vitamine B12 administré par voie orale [3, 4].

À travers ce dossier de Médecine Thérapeutique dédié à la nutrition et ces trois articles [5-7] nous espérons éveiller votre appétit, tant pour la revue que pour la recherche… Bon appétit et bonne lecture !

Références

1 Feskanich D, Willett WC, Hunter DJ, Colditz GA. Dietary intakes of vitamins A, C, and E and risk of melanoma in two cohorts of women. Br J Cancer 2003 ; 88 : 1381-7.

2 Dali-Youcef N, Andrès E. An update on cobalamin deficiency in adults. QJM 2009 ; 102 : 17-28.

3 Andrès E, Kurtz JE, Perrin AE, et al. Oral cobalamin therapy for the treatment of patients with food-cobalamin malabsorption. Am J Med 2001 ; 111 : 126-9.

4 Andrès E, Affenberger S, Vinzio S, et al. Food-cobalamin malabsorption in elderly patients : clinical manifestations and treatment. Am J Med 2005 ; 118 : 1154-9.

5 Serraj K, Mecili M, Andrès E. Signes et symptômes de la carence en vitamine B12 : revue critique de la littérature. Médecine Thérapeutique 2010 ; 16 : 13-20.

6 Andrès E, Mecili M, Ciobanu E. La vitamine B12 par voie orale à l’ère de l’evidence based-medicine. Médecine Thérapeutique 2010 ; 16 : 5-11.

7 Andrès E, Serraj K, Mecili M, Ciobanu E, Fothergill H. Excès vitaminiques et hypervitaminoses. Médecine Thérapeutique 2010 ; 16 : 21-4.


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