ARTICLE
Auteur(s) : Olfa
Dakhlaoui1, Myriam Larguèche2, Hend
Elloumi3, Fakhreddine Haffani4
1Assistante hospitalo-universitaire, service
de psychiatrie E, hôpital Razi, rue des Orangers,
2010 La Manouba, Tunisie
2Résidente en psychiatrie, service
de psychiatrie E, hôpital Razi, rue des Orangers,
2010 La Manouba, Tunisie
3Assistante hospitalo-universitaire, service
de psychiatrie E, hôpital Razi, rue des Orangers,
2010 La Manouba, Tunisie
4Professeur en psychiatrie, chef de service
de psychiatrie E, hôpital Razi, rue des Orangers,
2010 La Manouba, Tunisie
Introduction
« Unipolarité versus bipolarité » est l’un des sujets les plus
étudiés en milieux psychiatriques de nos jours, bien que cette
distinction entre les formes « unipolaires » et « bipolaires » de
la maniaco-dépression ait été proposée par Léonhard depuis 1957,
conceptualisée par Kleist et validée par Angst en 1966.
En revanche et pendant longtemps, on a pensé que les états
dépressifs majeurs étaient cliniquement identiques dans les
différentes formes de trouble de l’humeur, comme en témoigne
d’ailleurs le DSM-IV, qui précise les critères d’un épisode
dépressif majeur indépendamment du cadre diagnostique.
Malgré le fait que certains auteurs, notamment Perris,
soulignent la remarquable similarité entre les patients bipolaires
et unipolaires, d’autres ont tout de même essayé de préciser les
particularités cliniques des dépressions bipolaires. Une différence
dans la réponse thérapeutique aux antidépresseurs, nettement
positifs chez les unipolaires, incertains voire contre-productifs
chez les bipolaires a été constatée.
Mais devant le nombre important de dépression bipolaire d’une
part, (la moitié des dépressions selon Akiskal [2, 4]) et la
difficulté à affirmer la nature bipolaire d’une dépression
inaugurale d’autre part, des critères représentant des facteurs
prédictifs de bipolarisation ultérieure ont été proposés par
Akiskal en 1983 et confirmés par des travaux ultérieurs [1, 4].
L’intérêt de cette distinction se base sur une prise en charge
toute différente d’un épisode dépressif qu’il s’agisse d’« une
dépression bipolaire » ou d’« une dépression unipolaire »,
engageant par là même le pronostic de la maladie [10].
Nous nous proposons dans ce travail de comparer les
caractéristiques cliniques et évolutives de deux groupes de
patients unipolaires versus bipolaires, afin de dégager les
facteurs distinguant ces deux types de troubles de l’humeur, en
nous référant essentiellement aux critères prédictifs de bipolarité
validés par Akiskal.
Matériel et méthode
Nous avons mené une étude rétrospective et comparative à partir de
dossiers de patients hospitalisés entre janvier 1980 et décembre
2004 dans le service de psychiatrie E de l’hôpital Razi de Tunis
pour un épisode dépressif majeur ou un épisode maniaque.
Notre échantillon a compté 100 patients répartis selon les
critères du DSM-IV en deux groupes.
Premier groupe ou G1 : 63 patients atteints de trouble bipolaire
type I, dont 46 ont présenté au moins un épisode dépressif
majeur.
Deuxième groupe ou G2 : 37 patients atteints de trouble
dépressif récurrent.
Nous avons exclu de notre étude les patients bipolaires type
II.
Nous avons recueilli les données concernant le profil
socio-démographique (âge, sexe, niveau socio-économique, statut
marital, situation professionnelle), les antécédents familiaux
psychiatriques (de trouble bipolaire, trouble dépressif récurrent,
autres), les caractéristiques cliniques des épisodes dépressifs
(durée, mode de début, caractéristiques psychotiques, hypersomnie,
ralentissement psychomoteur, agitation, suicidalité), et les
particularités évolutives des troubles (âge de début, nombre et
durée des épisodes thymiques, qualité des intervalles, virage sous
antidépresseur).
Nous avons comparé ces deux groupes selon ces divers
paramètres.
Étude statistique
La saisie et l’analyse des données statistiques ont été effectuées
en utilisant le logiciel EPI INFO version 6.0. Le test du
khi-carré a été utilisé pour déterminer les corrélations
statistiques significatives, le test ANOVA et le Fisher exact pour
la comparaison des moyennes. L’intervalle de confiance accepté
était de 95 % et le seuil de significativité fixé à p inférieur ou
égal à 0,05.
Résultats
Description de l’échantillon
Notre population comptait 100 patients, 63 présentant un trouble
bipolaire et 37 présentant un trouble dépressif majeur récurrent.
L’âge moyen de notre échantillon était de 41,2 ans avec des
extrêmes allant de 23 à 76 ans. Les unipolaires étaient
plus âgés (49,2 ans/36,9 ans). Le sex-ratio était de
1,27.
45 % (n = 45) des patients étaient célibataires, autant étaient
mariés. La moitié était d’un niveau socioéconomique moyen et
le tiers environ (n = 36) travaillait de façon stable.
La durée d’évolution moyenne des troubles était de
12,28 ans ; 12,9 ans pour les unipolaires, 11,7 ans
pour les bipolaires.
Le premier épisode était de type dépressif dans plus de la
moitié des cas (n = 55) (tableau 1).
Tableau 1 Paramètres socio-démographiques et
cliniques.
|
Tr Bipolaires (63 patients)
|
Tr Unipolaires (37 patients)
|
Échantillon (100 patients)
|
P
|
|
Sexe (%)
|
|
|
|
0,46
|
|
Hommes
|
57,1
|
54,1
|
56
|
|
|
Femmes
|
42,9
|
45,9
|
44
|
|
|
Statut marital (%)
|
|
|
|
0,000 1
|
|
Célibataire
|
58,7
|
21,6
|
45
|
|
|
Marié
|
25,4
|
75,7
|
44
|
|
|
Veuf
|
3,2
|
2,7
|
3
|
|
|
Divorcé
|
12,7
|
0
|
8
|
|
|
Situation professionnelle (%)
|
|
|
|
0,76
|
|
Travail stable
|
33,3
|
40,5
|
36
|
|
|
Travail irrégulier
|
19
|
16,2
|
18
|
|
|
Sans profession
|
47,6
|
43,2
|
46
|
|
|
Niveau socio-économique (%)
|
|
|
|
0,015
|
|
Bon
|
38,1
|
18,9
|
31
|
|
|
Moyen
|
52,4
|
51,4
|
52
|
|
|
Modeste
|
9,5
|
29,7
|
17
|
|
|
Conduites addictives (%)
|
8,7
|
10,8
|
9,6
|
0,5
|
|
Traits de personnalité (%)
|
|
|
|
0,000 1
|
|
Obsessionnel-évitant-sensitif
|
13,5
|
85
|
39
|
|
|
Sociable-actif-syntone
|
86,5
|
15
|
61
|
|
Étude comparative
Données socio-démographiques
Les deux groupes étaient comparables pour le sexe et la situation
professionnelle.
Il existait en revanche une différence significative pour le
niveau socio-économique (NSE), meilleur chez les bipolaires (NSE
bon chez 38,1 % G1 vs 18,9 % G2, p = 0,015) et pour le statut
marital avec un taux plus élevé de célibataires et de divorcés dans
le premier groupe (71,4 % G1 vs 21,6 % G2, p = 0,000 1) (tableau 1).
Antécédents familiaux de trouble de l’humeur
Ils ont été plus fréquemment retrouvés chez les bipolaires (41,3 %
vs 13,5 %, p = 0,003), et particulièrement les antécédents de
trouble bipolaire (28,6 % vs 0, p = 0,000) (figure 1).
Par ailleurs, 86,5 % des patients bipolaires étaient décrits
comme sociables, actifs et syntones, contre
seulement 15 % des déprimés majeurs.
La consommation de produits toxiques était également
répartie dans les deux groupes. (tableau
1).
Caractéristiques cliniques de l’EDM
Un début brutal était plus fréquent chez les bipolaires (30,4 % vs
13,5 %, p = 0,05), de même qu’un début en post-partum, sans que la
différence ne soit significative dans ce cas.
Le ralentissement psychomoteur était également retrouvé dans les
deux groupes.
L’agitation était significativement plus présente dans les
dépressions unipolaires (40,5 % vs 21,7 %, p = 0,05).
La présence de caractéristiques psychotiques ainsi que celle de
signes atypiques étaient plus notées dans les dépressions
bipolaires. L’hypersomnie en particulier était significativement
plus souvent rencontrée chez les bipolaires. (19,6 % vs 2,7 %, p =
0,018).
Les dépressions unipolaires se distinguaient par une durée plus
longue (4,7 mois vs 0,78 mois, p = 0,000 1) et un
taux plus élevé de tentative de suicide (37,8 % vs 19,6 %, p =
0,05) (figure
2).
Caractéristiques évolutives
Nous avons relevé que sur 55 dépressions inaugurales, 18 se sont
avérées par la suite des dépressions bipolaires confirmées, soit un
taux de 32,7 %.
D’autre part, parmi les patients bipolaires, plus du quart (28,6
%) ont débuté leur maladie par un épisode dépressif majeur.
Concernant l’âge de début de la maladie, il était
significativement plus bas chez les bipolaires (25,9 vs 36,4, p =
0,000 1) dont plus de la moitié amorçaient leur maladie avant
l’âge de 25 ans contre seulement 2,7 % des unipolaires.
Le nombre d’épisodes thymiques était plus élevé chez les
bipolaires (3,6 vs 2,3, p = 0,02).
En revanche, la durée moyenne des épisodes thymiques était plus
longue chez les unipolaires (4,7 mois vs 1,16 mois, p =
0,001).
Par ailleurs, nous avons relevé deux fois plus de virage sous
antidépresseurs dans le groupe des bipolaires par rapport à celui
des unipolaires. (10,9 % vs 5,4 %, p = 0,3).
Les intervalles étaient de meilleure qualité chez les bipolaires
(79,3 % vs 37,8 %, p = 0,000 1) (tableau
2).
Tableau 2 Caractéristiques évolutives des troubles.
|
Tr bipolaires (63 patients)
|
Tr unipolaires (37 patients)
|
P
|
|
Âge de début de la maladie (ans)
|
25,9
|
36,4
|
0,000 1
|
|
Moyenne des épisodes thymiques
|
3,6
|
2,3
|
0,02
|
|
Durée moyenne des épisodes thymiques (mois)
|
1,16
|
4,7
|
0,001
|
|
Virage sous antidépresseurs (%)
|
10,9
|
5,4
|
0,3
|
|
Mauvaise qualité des intervalles (%)
|
20,7
|
62,2
|
0,000 1
|
Discussion
Profil socio-démographique
Nous avons retrouvé un taux plus élevé de célibataires et de
divorcés dans le groupe des patients bipolaires. (71 % vs 21 %).
Cela a été relevé par des études précédentes qui ont également
rapporté un taux dans les deux groupes supérieur à la population
générale [17, 19].
Les antécédents familiaux de trouble de l’humeur ont été plus
fréquemment notés chez les bipolaires, et ce d’autant plus qu’il
s’agit d’antécédents de trouble bipolaire.
En effet, la plupart des études confirment ces résultats et
avancent l’argument de l’importance des facteurs génétiques dans la
maladie bipolaire [4, 5].
86,5 % des patients bipolaires étaient décrits comme sociables,
actifs et syntones. Ces traits de personnalité pourraient
refléter la présence d’un tempérament hyperthymique.
En effet, ce dernier, quand il est associé à des dépressions
récurrentes fait partie du spectre bipolaire [1, 7, 11, 14].
Concernant les conduites addictives, leur association aux
troubles bipolaires est très fréquente, atteignant même les 60 %
selon certains auteurs [7]. Ce taux est largement supérieur à
celui retrouvé dans notre étude (8,7 %). Cela est très probablement
en rapport avec une sous-estimation de cette co-occurrence dans
notre pays, du fait du caractère illicite de la consommation de
toxiques. Nous n’avons pas relevé de différence entre les deux
groupes concernant ce paramètre. Ce résultat pourrait être
expliqué en partie par le fait que nous avons exclu de notre
échantillon les patients bipolaires type II, qui seraient selon
certains auteurs plus vulnérables à l’abus de substance.
Caractéristiques cliniques des épisodes dépressifs
majeurs
La dépression bipolaire se distinguait de façon significative par
un début brutal et par l’hypersomnie ; deux facteurs considérés par
Akiskal comme prédictifs de bipolarité [4].
Quant à la présence de signes atypiques au début en post-partum
et à la présence de caractéristiques psychotiques, ils ont été plus
fréquemment retrouvés chez les bipolaires, mais la différence
n’était pas significative. Cela pourrait être lié à l’effectif
réduit de notre échantillon (46 dépressions bipolaires vs 37
dépressions unipolaires).
Ces facteurs ont été rapportés par plusieurs auteurs comme étant
discriminants [6], en particulier les deux derniers, qui ont été
reconnus par Akiskal puis validés par d’autres auteurs comme
facteurs prédictifs de bipolarité [4].
Mitchell, Parker et al. [16], en étudiant la
symptomatologie des dépressions unipolaires et bipolaires au
travers de nombreuses publications d’auteurs sur le sujet,
précisent que les traits psychotiques seraient plus fréquents dans
les dépressions bipolaires (Guze et al. en 1975), en revanche,
les idées de référence et les hallucinations auditives se verraient
plus souvent dans les dépressions unipolaires (Brockington
et al. en 1981).
De nombreuses études signalent que les formes unipolaires de
dépression paraissent caractérisées par des épisodes plus longs et
plus sévères, avec des symptômes moins variables, une insomnie
initiale, une perte de poids, une confusion des pensées, des
plaintes somatiques et des intentions suicidaires. L’activité
psychomotrice y serait plus grande.
La dépression bipolaire, quant à elle, paraît s’accompagner de
variations nycthémérales (diurnalité), d’aggravation matinale, de
labilité de l’humeur et de déréalisation. Elle se caractériserait
également par moins d’anxiété et d’agitation.
Dans notre étude, nous avons pu vérifier certains de ces
facteurs et notamment l’agitation, la durée plus longue et les
tentatives de suicide qui étaient plus souvent associés aux
dépressions unipolaires.
Caractéristiques évolutives des troubles
L’âge de début dans notre échantillon était significativement plus
bas chez les bipolaires (25,9 ans vs 36,4 ans).
Les auteurs situent l’âge de début entre 18 et 33 ans pour
le trouble bipolaire et 27 et 41,6 ans pour le trouble
unipolaire [9, 12, 19, 20].
De plus, 57 % de nos patients bipolaires démarraient leur
trouble avant l’âge de 25 ans.
Le début avant 25 ans est un facteur prédictif de
bipolarité [1, 7].
Le nombre total d’accès thymiques était plus important chez les
bipolaires, donnée partagée par de nombreux auteurs.
Autant pour Bourgeois ce résultat serait dû au fait que les
bipolaires débuteraient plus tôt leur trouble et auraient ainsi une
durée d’évolution de la maladie plus longue [9] ; autant pour
d’autres auteurs, les récurrences thymiques seraient liées à des
facteurs génétiques [5, 12].
Par ailleurs, nous avons relevé deux fois plus de virage sous
antidépresseur dans le groupe des bipolaires. Akiskal considère que
le virage sous antidépresseur est rare dans les dépressions
unipolaires [11]. Dans la même optique, Ghaemi a publié récemment
des critères diagnostiques pour le spectre bipolaire parmi lesquels
figure la manie ou l’hypomanie pharmaco-induite [14, 15].
Quant aux intervalles, nous avons relevé dans notre travail
qu’ils étaient de moins bonne qualité en cas de trouble unipolaire
avec persistance d’une irritabilité et d’une tristesse chronique
pouvant évoquer une symptomatologie dysthymique. En effet,
plusieurs études ont montré une plus forte association
dysthymie-trouble unipolaire par rapport à la dysthymie-trouble
bipolaire. (12,1 % vs 2,2 % Gassab et al.), (42 % vs 5 à 14 %
Akiskal et al., Gershon et al., Schatzberg et al.)
[12, 13, 20].
Intérêt des critères prédictifs de bipolarité
Dans une étude rétrospective, D.L Dunner et al. trouvent que
21 % des patients bipolaires type I et bipolaires type II ont été
précédemment hospitalisés pour « dépression unipolaire ».
Ils estiment que le risque pour une « dépression unipolaire » de
devenir ultérieurement bipolaire peut être évalué à 5 %.
Dans une autre étude, Akiskal et al. ont suivi pendant
11 ans une cohorte de 559 patients ayant présenté un épisode
dépressif majeur, 12,5 % ont présenté ultérieurement un virage de
l’humeur de type manie ou hypomanie venant attester ainsi leur
appartenance au « spectre bipolaire » [3].
Dans notre travail, 32,7 % des dépressions inaugurales se sont
avérées ultérieurement (à l’occasion d’accès maniaques) des
dépressions bipolaires. D’autre part, 28 % des patients bipolaires
type I ont démarré leur trouble par un épisode dépressif majeur et
ont été considérés ainsi comme des déprimés majeurs.
Ces résultats mettent en exergue la fréquence de la dépression
bipolaire et les difficultés diagnostiques posées en l’absence
d’antécédents d’épisodes maniaques francs [11], d’autant plus que
la dépression dans le cadre du trouble bipolaire est souvent une
dépression atypique et psychotique [8, 11].
Akiskal et al. avaient proposé une série de critères
prédictifs d’une bipolarisation ultérieure d’un état dépressif : un
âge de début égal à 25 ans au maximum, un début brutal, une
histoire familiale de bipolarité, un début en post-partum, une
hypersomnie-ralentissement, une hypomanie pharmaco-induite, une
forme récurrente des accès et une forte lithio-sensibilité.
Ils appelaient « dépressions pseudo-unipolaires » ces épisodes
qui feront ultérieurement la preuve de leur appartenance au
registre bipolaire [4].
L’intérêt de dépister la bipolarité d’un état dépressif majeur
est tout d’abord thérapeutique, et son impact est pronostique.
En effet, la prise en charge pharmacologique de la dépression
bipolaire repose essentiellement et en première intention sur les
thymorégulateurs, seuls ou en association aux antidépresseurs
lorsque la sévérité de la dépression l’exige [18].
La monothérapie antidépressive n’est pas recommandée voire
relativement contre-indiquée car elle augmente le risque de virage
maniaque et favorise la survenue de formes à cycles rapides [10,
14, 18].
Ce qui rend l’enjeu pronostique de taille.
Ainsi, face à une dépression majeure associée à des facteurs
prédictifs de bipolarité (sus-cités), il serait plus prudent
d’instaurer un traitement thymorégulateur seul ou associé à un
antidépresseur, et d’éviter une monothérapie antidépressive.
Il convient également de rester vigilant par rapport à toute
inversion de l’humeur.
Limites de l’étude
Notre travail présente cependant des biais méthodologiques en
rapport d’une part avec le biais de recrutement, limitant
l’échantillon à une population exclusivement hospitalière, ne
tenant pas compte des dépressions traitées en ambulatoire ; et
d’autre part en rapport avec le type même de notre étude,
rétrospective, à partir de dossiers de patients manquant parfois de
précision et d’informations.
Conclusion
Il ressort de ce travail que le trouble bipolaire se distingue du
trouble unipolaire par moult caractéristiques ; certaines liées à
l’aspect sémiologique de la dépression, d’autres au cours évolutif
des troubles.
Cela nous permet d’être encore plus armé afin de pouvoir
détecter l’appartenance bipolaire d’une dépression.
Il s’impose alors à tout clinicien face à un épisode dépressif
majeur inaugural de rechercher systématiquement les facteurs
prédictifs d’une bipolarisation ultérieure ; il en va de la prise
en charge thérapeutique et du pronostic de la maladie.
Références
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L’Information Psychiatrique 2005 ; 81 : 857-61.
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