ARTICLE
Auteur(s) : Frank Pellestor, Samir
Hamamah
Inserm U874, Département de Médecine et Biologie de la
Reproduction, CHRU de Montpellier, Hôpital Arnaud de Villeneuve,
371, avenue du Doyen Gaston Giraud, 34295 Montpellier Cedex 5
Les anomalies chromosomiques numériques (aneuploïdies), dues à
un excès (hyperploïdie) ou à un défaut (hypoploïdie) de
chromosomes, sont à l’origine de la majeure partie des pertes
embryonnaires en périodes pré- et post-implantatoires. Pour
l’essentiel, ces anomalies sont issues d’erreurs de ségrégation
chromosomique (non-disjonction) au cours de la méiose féminine, et
en particulier lors de la première division méiotique [1]. Depuis
de nombreuses années, l’analyse cytogénétique des ovocytes humains
constitue un sujet d’études particulièrement intéressant, compte
tenu de la prépondérance des anomalies chromosomiques d’origine
maternelle dans les conceptions humaines, et de notre connaissance
encore partielle des mécanismes de non-disjonction méiotique [2].
Au cours des 40 dernières années, diverses approches ont été
utilisées pour l’analyse directe des ovocytes humains, en étroite
conjonction avec le développement des techniques dans les domaines
de l’Assistance médicale à la procréation (AMP) et de la génétique
de la Reproduction. Chacune de ces approches a contribué à
accroître notre connaissance du processus méiotique dans le sexe
féminin, tout en soulignant les difficultés de l’examen
cytogénétique des ovocytes humains. L’analyse chromosomique des
ovocytes matures (ovocyte II) représente aussi une source
d’informations essentielles pour l’étude de l’étiologie des
anomalies chromosomiques dans l’espèce humaine. L’âge maternel est
le seul facteur étiologique dont l’implication dans la survenue des
aneuploïdies est connue avec certitude. Les études épidémiologiques
et moléculaires réalisées pour différentes trisomies ont clairement
démontré l’origine maternelle de la plupart des non-disjonctions,
et l’implication des défauts ou de l’absence de recombinaisons
méiotiques au cours de la première division méiotique comme
facteurs de prédisposition à la non-disjonction méiotique [3].
Ainsi, l’examen chromosomique des ovocytes II humains constitue
l’approche la plus directe pour une étude des anomalies
chromosomiques méiotiques en relation avec l’âge maternel. Ce type
d’analyse n’est pas influencé par les paramètres de viabilité ou de
perte embryonnaire précoce, associés à l’examen des produits
d’avortement et des nouveau-nés.
La cytogénétique ovocytaire : de l’observation des
métaphases au caryotype
L’analyse chromosomique des ovocytes humains a débuté avec le
développement des techniques de maturation in vitro des ovocytes
[4] et la mise au point de techniques de fixation sur lames
adaptées à ces cellules [5]. On doit à R. Edwards la première
observation de chromosomes d’ovocytes II humains, réalisée sur un
petit échantillon de 15 ovocytes maturés in vitro [4]. La qualité
des chromosomes obtenus ne permit pas une analyse cytogénétique
proprement dite, mais Edwards souligna l’intérêt de ce type
d’examen pour l’étude directe des anomalies de la ségrégation
méiotique, en relation avec l’âge maternel. En 1968, Yuncken [6]
ainsi que Jagiello et al. [7] rapportèrent l’analyse chromosomique
d’ovocytes humains. En particulier, Jagiello et al. [7] réalisèrent
l’examen cytogénétique de 16 métaphases I et de 24 métaphases II
ovocytaires obtenues après stimulation ovarienne de 12 patientes.
Bien que la qualité des préparations soit jugée suffisante pour
distinguer les non-disjonctions de première et de deuxième
divisions méiotiques, aucune estimation du taux d’aneuploïdies n’a
été effectuée sur cet échantillon. La première tentative de
classification chromosomique fut rapportée par A. Chandley en
1971, sur un ovocyte en métaphase I [8]. Enfin, en 1976, Jagiello
et al. [9] publièrent les résultats d’analyses chromosomiques
ovocytaires réalisées chez différentes espèces de mammifères, dont
l’homme. Sur 411 métaphases II d’ovocytes humains maturés in vitro
et colorés au bleu de toluidine, 6 anomalies ont été observées et
décrites comme étant du matériel chromosomique additionnel non
identifiable. Dans leurs conclusions, Jagiello et al. [9] ont
insisté sur la nécessité d’améliorer les techniques
d’identification chromosomique appliquées à ce type de cellules.
Durant les 25 dernières années, ce domaine d’investigation n’a
pas cessé de progresser au gré des innovations technologiques en
cytogénétique et en biologie de la reproduction. C’est la pratique
des techniques de fécondation in vitro (FIV) humaine qui a relancé
l’engouement pour l’analyse cytogénétique des gamètes femelles, en
rendant disponibles les ovocytes non fécondés à l’issue des
protocoles de FIV. Conformément au déroulement de la méiose, ces
ovocytes se trouvent au stade métaphasique de la deuxième division
méiotique (MII) et ils sont donc directement accessibles à un
examen chromosomique après fixation sur lame [10]. Il est important
de garder à l’esprit que ces ovocytes sont issus de protocoles de
stimulation ovarienne et sont passés par plusieurs étapes de
manipulation et de culture in vitro, pouvant constituer des sources
potentielles de biais d’analyse. Bien qu’aucune étude n’ait
identifié à ce jour de véritables corrélations entre les paramètres
des protocoles FIV et le taux d’aneuploïdies ovocytaires, il ne
faut donc jamais perdre de vue que les ovocytes analysés
constituent une population particulière. Deux types d’ovocytes ont
pu être analysés : les ovocytes obtenus par stimulation
ovarienne et non utilisés ultérieurement en FIV (ovocytes non
inséminés), et les ovocytes obtenus après échecs de FIV (ovocytes
non fécondés). La grande majorité des études a porté sur les
ovocytes non fécondés.
A la suite de la première étude publiée par Wramsby et al. [11],
33 études ont été réalisées, toutes basées sur la technique de
fixation de Tarkowski (tableau 1). La
fréquence moyenne d’anomalies chromosomiques observées dans ces
études est de 35,5 %, répartis entre 26,1 % d’anomalies
numériques et 6,3 % d’anomalies structurales. Aucune
différence significative du taux d’anomalies n’est observée entre
les ovocytes non fécondés in vitro et les ovocytes non inséminés.
Cependant, il faut noter l’existence d’importantes fluctuations
dans les taux d’aneuploïdies rapportés (de 2 à 59,6 %), ainsi
que des conclusions contradictoires concernant l’effet de l’âge
maternel sur l’incidence des anomalies chromosomiques.
Les raisons essentielles de ces divergences semblent être la
petite taille des échantillons d’ovocytes humains analysés et les
difficultés inhérentes à la réalisation des caryotypes d’ovocytes.
Le nombre de métaphases II analysées varie de 8 à 334, mais la
majorité des études sont basées sur l’analyse de moins de 100
métaphases II. Ce sont ces études qui présentent la plus forte
variabilité des taux d’anomalies chromosomiques. L’examen
cytogénétique des ovocytes humains est aussi rendu délicat par la
morphologie très particulière des chromosomes d’ovocytes II,
caractérisés par des chromatides très condensées (figure 1), et la
difficulté d’obtenir un étalement satisfaisant de ces chromosomes.
Ainsi, dans la plupart de ces études, les auteurs se sont limités à
une simple classification par taille des chromosomes, après
coloration au Giemsa. Seules quelques études ont eu recours à une
technique de marquage spécifique des chromosomes (bandes Q ou
bandes R), afin d’améliorer leur identification [10, 12].
Le caractère approximatif de ces études a été confirmé par les
travaux de R. Angell qui a démontré que la séparation
prématurée des chromatides homologues au cours de l’anaphase I
constituait un type fréquent d’erreurs de ségrégation méiotique,
jusqu’ici passé inaperçu dans les ovocytes humains [13, 14]. Ainsi,
le classement erroné de chromatides libres en tant que petits
chromosomes additionnels a vraisemblablement contribué à fausser
les résultats rapportés dans la plupart des études publiées.
Désormais, parallèlement aux non-disjonctions chromosomiques
conventionnelles, 2 nouveaux types d’anomalies chromosomiques
devraient être pris en compte : la présence d’une ou de
plusieurs chromatides libres surnuméraires, et la séparation
équilibrée des 2 chromatides constitutives d’un même chromosome
(figure 2).
Le développement de nouvelles techniques de fixation des
ovocytes humains a permis une amélioration significative de
l’examen chromosomique de ces cellules. C’est en 1983 que Mikamo et
Kamiguchi [15] présentèrent une méthode de fixation graduelle des
ovocytes sur lames, permettant d’éviter la perte artefactuelle de
chromosomes. Dès 1991, cette technique fut adaptée aux ovocytes
humains, et à ce jour 14 études basées sur cette méthode ont été
publiées (tableau 1), généralement sur
des échantillons d’ovocytes humains plus importants que
précédemment (de 44 à 1397), et en tenant compte des mécanismes de
séparation des chromatides dans le décompte des anomalies. Ces
études ont ainsi fourni des données cytogénétiques beaucoup plus
précises et détaillées. A l’exception des données de Angell [14],
essentiellement focalisées sur l’identification des séparations de
chromatides-sœurs, toutes ces études font état d’aneuploïdies dues
à des non-disjonctions chromosomiques ou à des séparations de
chromatides. D’une manière générale, les taux d’aneuploïdies
rapportés sont nettement inférieurs aux taux publiés précédemment
(moyenne de 17 % contre 26,4 %). Toutefois, l’essentiel
des anomalies enregistrées reste des anomalies de nombre, ce qui
contraste avec les données obtenues sur les gamètes mâles (en
moyenne 7 % d’anomalies structurales et seulement 3 %
d’anomalies numériques) [16], et souligne la difficulté de
l’analyse cytogénétique des ovocytes humains.
Dans une étude portant sur 1 397 caryotypes d’ovocytes humains
non fécondés in vitro, nous avons mis en évidence que les anomalies
numériques liées à la séparation prématurée des chromatides-sœurs,
étaient plus fréquentes que les non-disjonctions chromosomiques
conventionnelles (5,9 % contre 3,5 %) [17]. Ce résultat
indique clairement que les erreurs de séparation des chromatides
constituent une forme prépondérante d’anomalies au cours de la
méiose femelle.
Tous les groupes chromosomiques sont concernés par
l’aneuploïdie. Cependant, certains groupes (groupes A et C)
présentent une fréquence d’aneuploïdies inférieure aux valeurs
moyennes attendues, alors que les groupes E (chromosomes 16, 17,
18) et G (chromosomes 21 et 22) se caractérisent par des fréquences
de non-disjonctions ovocytaires nettement supérieures. Ces
observations rapportées dans plusieurs études [13, 18, 19] sont en
accord avec les données épidémiologiques obtenues à terme ou sur
les produits d’avortements spontanés [1, 2]. Cette variabilité
interchromosomique observée dans la survenue des aneuploïdies
ovocytaires suggère fortement que le processus de non-disjonction
méiotique n’est pas un phénomène aléatoire dans le sexe
féminin.
Tableau 1 Résumé des études de cytogénétique
conventionnelle et de cytogénétique moléculaire réalisées sur les
ovocytes humains
|
Type d’études
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Procédures
|
Techniques
|
Résultats
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- Etudes préliminaires
- (de 1965 à 1976)
|
- 5 études
- De 1 à 411 métaphases analysées
- Ovocytes maturés in vitro
|
Bleu deToluidine, Giemsa
|
Pas d’estimation de l’aneuploïdie
|
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|
Caryotypes utilisant la technique de fixation de Tarkowski (de 1984
à 1995)
|
- 33 études
- De 8 à 334 métaphases II analysées
- Echecs de FIV, ovocytes non-inséminés, et ovocytes
non-stimulés
|
Giemsa, Bandes R et Q
|
- % moyen d’aneuploïdie : 26,4 % (de 2 à 59,6 %)
- % moyen d’anomalies structurales : 6,1 % (de 0 à
20 %)
- % moyen de polyploïdie : 11,1 % (de 0 à
35,3 %)
|
|
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Caryotypes utilisant la technique de fixation graduelle (de 1991 à
2002)
|
- 14 études
- De 44 à 1 397 métaphases II analysées
- Echecs de FIV
|
Giemsa, Bandes C, Q et R
|
- % moyen d’aneuploïdie : 17 % (de 8,5 à
33 %)
- % moyen d’anomalies structurales : 3,7 % (de 0 à
6 %)
- % moyen de polyploïdie : 10 % (de 0 à
31,1 %)
|
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Etudes FISH utilisant des réactions simples ou séquentielles (de
1996 à 2003
|
- 12 études
- De 8 à 275 métaphases II analysées
- Echecs de FIV ou d’ICSI
|
- 2 à 9 sondes utilisées en 1 à 3 étapes
- (centromériques, locus-spécifiques, peintures)
|
- % d’aneuploïdie : de 4,9 à 47,5 %
- % polyploïdie : de 0 à 11 %
|
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- Etudes FISH sur globules polaires
- (de 1996 à 2003)
|
- 5 études
- De 648 à 7 103 globules polaires analysés
- Patientes FIV de 34 ans et plus
|
3 à 5 sondes
|
- % d’aneuploïdie : de 32,1 à 52,1 %
- (moyenne : 41,9 % dans 1er GP et 37,3%
dans 2e GP)
|
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- Etudes CGH
- (de 2002 à 2004)
|
- 2 études
- De 10 à 30 métaphases et globule polaires analysés
- Echecs de FIV et un ovaire polykistique
|
DOP-PCR et CGH
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% moyen d’aneuploïdie : 69 % (de 48 à 90 %)
|
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- Etudes PRINS
- (de 1996 à 2004)
|
- 3 études
- De 11 à 118 métaphases II analysées
|
- Marquages simples et multicouleurs
- De 1 à 4 amorces PRINS
|
% moyen d’aneuploïdie : 16%
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- 1 étude
- 27 métaphases II analysées
|
Marquages multicouleurs avec 2 ou 3 sondes PNA
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% d’aneuploïdie : 23,5 %
|
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- Caryotype spectral
- (de 1998 à 2003)
|
- 4 études
- De 2 à 67 métaphases II analysées
- Echecs de FIV et ovocytes donnés
|
Peintures 24 couleurs
|
% moyen d’aneuploïdie : 49,2 % (de 20 à 100 %)
|
La cytogénétique ovocytaire : du caryotype à l’analyse
moléculaire in situ
Au cours des 15 dernières années, l’adaptation des techniques de
cytogénétique moléculaire aux gamètes humains, et en particulier à
l’ovocyte, a constitué un important challenge, en raison des
retombées cliniques de l’analyse de ces cellules pour le diagnostic
génétique préimplantatoire (DPI). Diverses approches ont été
testées sur les ovocytes humains, chacune présentant des avantages
et des inconvénients.
Les techniques d’hybridation in situ fluorescente (FISH)
En raison de sa relative simplicité et de la disponibilité de
nombreuses sondes commerciales jalonnant l’ensemble du génome
humain, la technique FISH est devenue la technique de choix pour
l’analyse cytogénétique in situ. Son adaptation à l’ovocyte humain
a souvent été présentée comme une avancée significative sur les
techniques conventionnelles de caryotype, puisque l’analyse FISH
n’est apparemment pas limitée par la qualité de l’étalement
ovocytaire et permet quelquefois l’examen complémentaire des
globules polaires. Toutefois, l’analyse des données publiées laisse
à penser que ce constat mérite d’être nuancé.
Les protocoles FISH utilisés ont porté sur le marquage de 2 à 9
chromosomes. Ils se composent généralement d’une série de 2 ou 3
réactions de marquage simultané de plusieurs chromosomes, réalisées
sur une même préparation chromosomique. Les sondes utilisées sont
essentiellement les sondes centromériques ou locus-spécifiques du
commerce (tableau 1). De 1996 à 2003, 12
études ont ainsi été publiées sur un total de 1 467 métaphases II
et 727 globules polaires. Toutes ces études confirment la
coexistence des mécanismes de non-disjonction chromosomique et de
séparation des chromatides dans les ovocytes humains. La prévalence
des anomalies dans les chromosomes de petites tailles est aussi
rapportée par plusieurs équipes, confirmant ainsi l’hypothèse de
non-disjonction non aléatoire. Dans plusieurs études, l’analyse du
premier globule polaire a fourni un contrôle interne pour
l’identification des aneuploïdies, et a permis de mieux comprendre
l’origine de certaines anomalies liées à un mosaïcisme gonadique
[20, 21].
Il faut cependant noter que les fréquences d’aneuploïdies
rapportées dans ces études FISH présentent aussi d’importantes
fluctuations avec des taux variant de 3 à 47,5 % (tableau 1). En conséquence, il convient de
rester prudent sur la fiabilité des résultats rapportés.
Indépendamment du nombre limité de chromosomes analysés dans ces
études et de la taille relativement modeste des échantillons de
métaphases II analysées (de 8 à 275), plusieurs facteurs peuvent
affecter les résultats d’une analyse FISH sur ovocytes. Étant donné
que la technique FISH permet d’obtenir un marquage in situ sur des
préparations chromosomiques de qualité médiocre, la prise en compte
des résultats ainsi obtenus a introduit un biais dans l’estimation
du taux d’anomalies, puisque de tels lots chromosomiques sont
généralement issus d’ovocytes atrétiques ou dégénératifs, qui sont
systématiquement écartés dans les études cytogénétiques
conventionnelles. Un deuxième facteur pouvant influencer les
résultats est l’efficacité des sondes utilisées sur les ovocytes
humains [22]. Les erreurs de marquage in situ sur les ovocytes
humains ont été initialement estimées à 10 % [23], mais des
études récentes rapportent que 26 % des marquages FISH
réalisés sur ovocytes peuvent être artefactuels [22, 24]. L’emploi
d’un seul type de sondes par chromosome (sondes répétées
centromériques ou des sondes locus-spécifiques) est aussi une
source d’erreurs d’interprétation, puisque l’analyse chromosomique
est alors limitée à la seule détection in situ de simples spots
colorés, sans reconnaissance précise des chromosomes cibles. Cette
approche utilisée de manière séquentielle sur une même préparation
chromosomique, s’accompagne irrémédiablement d’une altération de la
préparation chromosomique [25]. Pour remédier à cette perte de
qualité et limiter les erreurs d’interprétation, 2 équipes ont
élaboré des protocoles permettant une identification précise des
chromosomes et des chromatides in situ. Eckel et al. [26] ont
combiné le marquage par sondes locus-spécifiques commerciales avec
un deuxième marquage des métaphases présentant des anomalies par
des sondes complémentaires, issues de banques de YAC (Yeast
artificial chromosomes) ou de BAC (Bacterial artificial
chromosomes). Sur un total de 17 métaphases jugées anormales puis
réanalysées, ils ont trouvé 7 métaphases normales et 3 métaphases
présentant des anomalies chromosomiques différentes d’un marquage à
l’autre. Dans la même optique, nous avons développé un protocole de
double marquage combinant l’utilisation de sondes centromériques
(ou locus-spécifiques) avec des peintures chromosomiques [27].
Cette méthode permet sur chaque chromosome-cible la visualisation
simultanée de domaines spécifiques et des bras chromosomiques (figure 3). Cette
technique a été testée sur 104 ovocytes et 56 globules polaires
pour la détection des chromosomes 9, 13, 16, 18, 21 et X. Elle
nous a permis de détecter avec précision les aneuploïdies dans cet
échantillon, mais surtout d’éviter 18 % d’erreurs dues à des
marquages centromériques ou locus-spécifiques ambigus.
Bien que ces 2 procédures soient plus longues que les protocoles
FISH usuels, le bénéfice en termes de fiabilité des résultats est
indéniable, et les valeurs rapportées dans ces 2 études indiquent
que le taux d’aneuploïdies ovocytaires n’est sans doute pas aussi
élevé que le suggéraient les études FISH antérieures.
L’analyse des globules polaires par FISH
Cette approche associe la micromanipulation et l’analyse FISH, et
permet de distinguer des anomalies chromosomiques issues de la
première et de la deuxième division méïotique. Cette méthode a été
activement développée par l’équipe de Y. Verlinski, et utilisée
essentiellement pour l’analyse des gamètes de femmes âgées de plus
de 35 ans [28]. Quelques essais ont aussi été réalisés sur des
ovocytes de femmes porteuses de translocations dans le cadre de
protocoles de DPI [29, 30].
Les études rapportées par Verlinski et al. [28] et Kuliev et al.
[31] sur plusieurs milliers de globules polaires analysés pour les
chromosomes 13, 16, 18, 21 et 22, font état de taux d’aneuploïdies
extrêmement élevés, de l’ordre de 32 à 52 %. Ces valeurs
élevées peuvent être attribuées à l’effet de l’âge des patientes.
Cependant, comme le soulignent Verlinsky et al. [28], une
surestimation du taux d’aneuploïdies n’est pas à exclure, compte
tenu des difficultés de l’analyse FISH multicouleur sur les
globules polaires. Ces auteurs estiment que les taux d’aneuploïdies
obtenus par cette approche peuvent être réajustés autour de
28 %.
Par ailleurs, ces études ont démontré qu’une proportion
significative de cellules (27 %) présentait des anomalies
chromosomiques issues des 2 divisions méiotiques. Les anomalies
observées dans les globules polaires sont en majorité des anomalies
de séparation des chromatides (63,5 % contre 6,4 % de
non-disjonctions chromosomiques) ce qui contraste fortement avec
les données issues des caryotypes ovocytaires et des études FISH
(tableau 1). Aussi, ces résultats
doivent être considérés avec prudence.
Les techniques de PRINS (PRimed IN Situ labelling) et de PNA
(Peptide Nucleic Acids)
Ces techniques constituent 2 alternatives aux techniques FISH qui
ont aussi été expérimentées sur les ovocytes humains (tableau 1).
La technique PRINS est basée sur le principe de la PCR. Elle
permet l’identification in situ des chromosomes humains grâce à
l’utilisation d’amorces oligonucléotidiques spécifiques des
domaines centromériques d’ADN répétitif de chaque chromosome.
Diverses amorces spécifiques sont disponibles pour 21 des 24
chromosomes humains [32]. Cette technique a été utilisée pour
l’estimation de l’aneuploïdie dans différents types cellulaires,
dont les spermatozoïdes [33] et les ovocytes humains [34]. En 1988,
Findlay et al. [35] ont comparé la fiabilité des techniques PRINS
et FISH pour l’identification in situ des chromosomes d’ovocytes
humains sur 118 métaphases II. Bien que la technique PRINS présente
des avantages en termes de rapidité, de spécificité et de coût, son
utilisation courante est toujours limitée à la détection in situ
des séquences répétées.
Les PNA sont des sondes synthétiques, analogues des acides
nucléiques, dans lesquelles le squelette phosphatidique a été
remplacé par une ossature polyamidique non chargée. Ceci confère
aux PNA une très forte affinité pour l’ADN, une grande stabilité in
vitro et in vivo et une résistance quasi absolue aux dégradations
enzymatiques. Récemment, ces nouvelles molécules ont fait leur
apparition dans le domaine de la cytogénétique. Des
protocoles de détection chromosomique simples et rapides ont
été élaborés et testés avec succès sur différents types cellulaires
[36]. En 2004, Paulasova et al. [37] ont testé l’usage des sondes
PNA sur les ovocytes, les globules polaires et les embryons
humains. La cinétique de réaction des PNAs est très proche de celle
obtenue avec les protocoles PRINS, puisque les temps d’incubation
des sondes PNA n’excèdent pas 30 à 40 minutes. Les résultats
obtenus laissent à penser que cette nouvelle famille de sondes
pourrait fournir des outils particulièrement efficaces pour la
détection chromosomique in situ, si toutefois le coût de la
synthèse des PNA venait à diminuer.
L’hybridation génomique comparative (CGH)
Cette technique permet un examen de l’ensemble du caryotype
susceptible de fournir des informations précises sur la
constitution chromosomique. Son adaptation à l’analyse de cellules
uniques a constitué un véritable challenge technologique,
puisqu’elle nécessite d’amplifier l’ensemble du génome de la
cellule analysée avant de réaliser l’hybridation [38]. Les premiers
tests effectués sur des globules polaires, en parallèle avec des
marquages FISH conventionnels, ont indiqué que la CGH pouvait
fournir une analyse globale du caryotype plus précise que la FISH,
puisqu’elle permettait l’identification de tous les chromosomes et
la détection d’anomalies chromosomiques non détectées par FISH [38,
39]. Récemment, Gutiérrez-Mateo et al. [40] ont évalué l’efficacité
de la technique CGH sur une série de métaphases II et de globules
polaires issus de 30 ovocytes humains. Une efficacité de marquage
de 84 % et un taux d’aneuploïdies de 48 % ont été
rapportés (tableau 1), mais surtout les
auteurs ont indiqué que 33 % des anomalies enregistrées
n’auraient pas pu être identifiés en utilisant un protocole de FISH
conventionnelle avec marquage séquentiel de 7 à 9 chromosomes.
Malgré son efficacité, la technique CGH présente aussi des
inconvénients. Ce sont essentiellement la durée du protocole
d’hybridation (de 2 à 3 jours) et l’impossibilité de détecter
par CGH des polyploïdies ou des réarrangements chromosomiques
équilibrés tels que les translocations. Toutefois, l’association de
la méthode CGH avec la technique des puces à ADN, en améliorant les
performances de la technique, constitue une innovation très
prometteuse pour l’analyse chromosomique, y compris sur cellules
uniques [41].
Le caryotype spectral
La technique de peinture in situ 24 couleurs, basée sur la
combinaison de 5 fluorochromes a été développée sous les
appellations de M-FISH (Multifluorochrome FISH) et de caryotype
spectral [42, 43]. Cette technique présente l’avantage de permettre
l’identification simultanée de tous les chromosomes, et elle est
donc tout à fait conforme avec la définition même du caryotype. Son
adaptation sur les gamètes femelles a été rapportée dans 4 études
portant sur de petits échantillons d’ovocytes II et de globules
polaires humains (de 2 à 60 métaphases II analysées) (tableau 1).
Les taux d’anomalies rapportés varient de 20 à 39 % et les
anomalies observées comprennent aussi bien des non-disjonctions
chromosomiques que des anomalies de séparation des chromatides.
L’observation par Sandalinas et al. [44] de séparations équilibrées
de chromatides-sœurs sur des ovocytes immédiatement après leurs
recueils, est une donnée très intéressante qui indique que ces
séparations de chromatides ne sont pas des artefacts de culture,
mais qu’elles contribuent pleinement à la formation d’aneuploïdies
ovocytaires. D’autre part, dans toutes ces études, les séparations
de chromatides ont lieu préférentiellement dans les petits
chromosomes. Ceci confirme les données antérieures sur la
prévalence des anomalies numériques dans les chromosomes de petites
tailles.
Ces résultats préliminaires ont souligné le potentiel de cette
technique pour l’analyse chromosomique des ovocytes humains.
Cependant, tous les auteurs s’accordent à dire que la technique
présente encore des points faibles qui sont la nécessité absolue de
réaliser un étalement chromosomique parfait sans chevauchement, le
temps d’hybridation de 2 à 3 jours, et le manque de résolution
des peintures chromosomiques ne permettant pas la détection des
petits réarrangements intra- ou interchromosomiques. Le
développement de nouvelles sondes de peinture plus performantes
devrait permettre de surmonter la plupart de ces difficultés.
Anomalies chromosomiques ovocytaires et effet de l’âge
maternel
Les données directes fournies par l’examen chromosomique des
ovocytes II humains présentent un caractère fondamental pour
l’étude de l’effet de l’âge maternel. Les conclusions tirées des
premières études cytogénétiques d’ovocytes humains ont été
contradictoires, puisque la moitié de ces études rapportaient une
augmentation du taux d’aneuploïdies avec le vieillissement maternel
alors que les autres études ne trouvaient pas de corrélations entre
le taux d’aneuploïdies et l’âge maternel. Une même hétérogénéité se
retrouve dans les études cytogénétiques récentes ayant intégré le
mécanisme de séparation prématurée des chromatides. Ainsi,
Kamiguchi et al. [18] et Nakaoka et al. [19] n’observent pas de
corrélations entre les taux d’aneuploïdies et l’âge maternel sur
des échantillons variant de 60 à 300 métaphases II, alors que
Angell [14] et Pellestor et al. [45] rapportent une corrélation
directe et significative entre les 2 paramètres sur des
échantillons plus larges d’ovocytes. Dans notre étude portant sur 1
396 métaphases d’ovocytes II provenant de 520 femmes engagées dans
des protocoles de FIV, le nombre important de cellules caryotypées
et l’amplitude de la fourchette d’âges considérée (de 19 à
46 ans) nous ont permis de réaliser une analyse précise et
détaillée de l’effet de l’âge maternel [45]. Une nette corrélation
a été identifiée entre le taux global d’aneuploïdies et
l’avancement de l’âge maternel. Mais, l’analyse détaillée des
données est allée bien au-delà de ce simple constat, et a fourni de
précieuses informations sur l’implication des différents types
d’aneuploïdies méiotiques. Les non-disjonctions chromosomiques et
la séparation prématurée des chromatides homologues constituent
l’essentiel des anomalies observées sur les 1 397 caryotypes
ovocytaires (tableau 2). Cependant, la
fréquence d’aneuploïdies liées à une séparation des chromatides est
significativement plus élevée que la fréquence des non-disjonctions
chromosomiques (83 cas de chromatides libres contre 49 cas de
non-disjonctions chromosomiques ; χ2 = 3,96 ;
p < 0,05). Les 2 types d’aneuploïdies sont corrélés avec l’âge
maternel, mais le degré de corrélation avec l’âge apparaît
significativement plus élevé pour la séparation chromatidienne que
pour les non-disjonctions chromosomiques (figure 4). L’analyse
de la répartition des anomalies indique que ce processus de
séparation touche plus significativement les chromosomes de petite
taille. Cette étude cytogénétique révèle donc que la séparation
prématurée des chromatides au cours de la première division
méiotique est un processus essentiel de formation des aneuploïdies
en relation avec l’âge maternel.
La confirmation de ces données a été fournie par plusieurs
études FISH et CGH réalisées sur les ovocytes et globules polaires
humains [23, 44]. Il faut cependant noter que quelques études FISH
n’ont pas relevé de corrélations entre l’aneuploïdie et l’âge
maternel [21, 24]. Cette disparité dans les résultats pourrait être
liée au nombre restreint d’ovocytes humains analysés par FISH, en
particulier dans les groupes d’âges supérieurs à 35 ans. En
général, la moyenne d’âge des patientes dont les ovocytes ont été
analysés par FISH, est inférieure à l’âge ou la corrélation entre
anomalie et âge devient significative. A l’inverse, les études FISH
réalisées sur les globules polaires de patientes âgées (moyenne de
38,5 ans) ont clairement mis en évidence une corrélation entre
le taux d’aneuploïdies et l’âge maternel [28]. Ces études ont aussi
indiqué une nette différence de production des anomalies entre les
2 divisions méiotiques, puisque les chromatides libres sont
nettement prépondérantes dans les erreurs de première division
méiotique alors que des taux similaires de chromatides séparés et
de non-disjonctions chromosomiques classiques sont observés pour la
deuxième division méiotique.
Tableau 2 Détails de l’analyse chromosomique réalisée
sur 1397 caryotypes ovocytaires
|
Nombre d’ovocytes analysés
|
1397
|
|
Nb (%) d’ovocytes avec un caryotype normal 23,X
|
1088 (77,9)
|
|
Nb (%) d’ovocytes avec un caryotype anormal
|
309 (22,1)
|
|
Nb (%) d’anomalies numériques
|
280 (20,1)
|
|
Nb total (%) d’hypohaploïdies
|
75 (5,4)
|
|
Nb total (%) d’hyperhaploïdies
|
57 (4,1)
|
|
Nb total (%) d’aneuploïdies complexesa
|
12 (0,8)
|
|
Nb total (%) d’aneuploïdies extrêmesb
|
7 (0,05)
|
|
Nb (%) de diploïdies
|
75 (5,4)
|
|
Nb (%) de tétraploïdies
|
1 (0,007)
|
|
Nb (%) de lots de chromatides seules
|
53 (3,8)
|
|
Nb (%) d’anomalies structurales
|
29 (2,1)
|
aLes 12 caryotypes présentent simultanément des
anomalies chromosomiques et chromatidiennes.
bLes aneuploïdies extrêmes présentent un nombre de
chromosomes situé entre 13 et 18.
Rôle de la cohésion chromatidienne
La séparation prématurée des chromatides-soeurs est un phénomène
fréquemment observé dans les syndromes d’instabilité chromosomique.
Diverses protéines impliquées dans le fonctionnement du fuseau de
division et la séparation des chromosomes ont été identifiées
récemment, parmi lesquelles une nouvelle famille de nucléoprotéines
appelées cohésines [46]. Ces molécules assurent l’étroite cohésion
des chromatides-sœurs. Au cours des divisions mitotiques et
méiotiques, elles contrebalancent les forces de traction vers les
pôles du fuseau, exercées par les microtubules sur les chromosomes
via les kinétochores. Cet équilibre est rompu lors de l’anaphase
par la lyse des cohésines, sous l’action du complexe promoteur de
l’anaphase (APC), donnant ainsi le signal à la ségrégation des
chromosomes. Ces protéines interviennent aussi dans la formation
des chiasmas durant la prométaphase de première division méiotique
[47]. Chez la levure, les mutants déficients pour la protéine de
cohésion rec8 présentent un défaut de cohésion des chromatides.
Chez la drosophile, il a été démontré que la protéine de cohésion
ORD était indispensable au contact physique des chromatides et à la
stabilisation des chiasmas jusqu’au stade anaphase I de la méiose
[48]. Par analogie avec ces observations, il est envisageable que
chez les mammifères, le même mécanisme de dégradation des cohésines
puisse s’opérer en relation avec l’allongement progressif de la
prophase de première division méiotique et donc du vieillissement
maternel. La dégradation progressive ou le manque de cohésines
seraient responsables de la séparation prématurée des
chromatides-sœurs observée dans les métaphases d’ovocytes II. Lors
de la méiose, en raison de la perte de cohésion entre
chromatides-sœurs, une proportion grandissante de tétravalents
formés en prométaphase I deviendrait instable et adopterait une
position linéaire sur le fuseau, favorisant la ségrégation
équationnelle et donc la séparation des chromatides-soeurs dès
l’anaphase [49]. On peut supposer que cette perte progressive de
cohésion touche tous les chromosomes, mais que chez les chromosomes
de grande taille, le plus grand nombre de chiasmas et de sites de
cohésion minimisent cette instabilité et limitent ainsi leurs
implications dans les non-disjonctions. Un autre élément de
contrôle de la cohésion chromatidienne pourrait être la taille des
séquences d’ADN répétées dans la région centromérique. En effet, il
a été montré que les chromatides sœurs de divers chromosomes ne se
séparaient pas simultanément mais en fonction de leurs quantités
d’hétérochromatine centromérique. L’existence d’une corrélation
entre la taille des domaines d’ADN centromérique et les
non-disjonctions a été suggérée par plusieurs auteurs [50]. Ces
altérations des mécanismes de ségrégation méiotique pourraient être
mieux tolérées dans le sexe féminin que dans le sexe masculin,
puisqu’il semble que les points de contrôle de la méiose femelle
soient beaucoup plus « souples » que dans la méiose mâle
où la présence de chromatides libres bloque la progression
méiotique [51]. Ce mécanisme de perte de cohésion fournit donc une
base moléculaire jusqu’ici insoupçonnée à la relation entre âge
maternel et anomalies chromosomiques.
Conclusion
En permettant l’examen direct des produits de ségrégation
méiotique, l’analyse cytogénétique des ovocytes humains a fourni un
outil unique d’investigation des mécanismes de production méiotique
des anomalies chromosomiques. Au cours des 20 dernières années, ce
domaine d’études a connu de nombreuses avancées, avec l’adaptation
sur les ovocytes humains de chaque nouvelle technique de
cytogénétique moléculaire, et l’extension des investigations aux
globules polaires. Les résultats rapportés et les limites
inhérentes à chacune des techniques élaborées indiquent clairement
qu’aucune de ces approches ne peut être considérée à ce jour comme
idéale pour l’analyse chromosomique des ovocytes humains.
Toutefois, le recoupement des données obtenues a permis de
souligner certains points essentiels de la production des anomalies
numériques dans les gamètes femelles, telle que la forte
implication du mécanisme de séparation prématurée des
chromatides-sœurs, la prépondérance des non-disjonctions dans les
petits chromosomes, et la corrélation de ces anomalies avec l’âge
maternel. On peut donc considérer que l’analyse cytogénétique des
ovocytes humains a largement contribué à une meilleure
compréhension des mécanismes et de l’étiologie des anomalies
chromosomiques dans le sexe féminin. L’amélioration des techniques
existantes devrait permettre à la cytogénétique de rester une
approche de premier plan pour l’analyse méiotique dans le cadre
d’une prise en charge en AMP.
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