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Chromosomal abnormalities in human oocyte : formation, etiology and detection


Médecine Thérapeutique / médecine de la reproduction. Volume 9, Number 6, 369-80, Novembre-Décembre 2007, Revue

DOI : 10.1684/mte.2007.0118

Résumé   Summary  

Author(s) : Frank Pellestor, Samir Hamamah , Inserm U874, Département de Médecine et Biologie de la Reproduction, CHRU de Montpellier, Hôpital Arnaud de Villeneuve, 371, avenue du Doyen Gaston Giraud, 34295 Montpellier Cedex 5.

Summary : The cytogenetic analysis of human oocytes has been then considered as a highly valuable source of data for the investigation of both the occurrence and the origin of chromosomal abnormalities in human. During the last 4 decades, the cytogenetic analysis of human oocytes has never stopped to progress, according to the advents of new technologies. Both karyotyping and then molecular cytogenetic studies based on in situ hybridization techniques, have been reported to date, providing a large body of data on the incidence and the distribution of chromosomal abnormalities in human female gametes. The most relevant analysis have led to the estimate that 15-20 % of human oocytes present chromosome abnormalities, and they have emphasized the implication of both whole chromosome nondisjunction and chromatid separation in the occurrence of aneuploidy in human oocytes. The effect of advanced maternal age on the incidence of aneuploidy in human oocytes has also been clearly evidenced by recent reports based on large sample of oocytes or polar bodies.

Keywords : oocyte, meiosis, chromosomal abnormalities, maternal ageing

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Auteur(s) : Frank Pellestor, Samir Hamamah

Inserm U874, Département de Médecine et Biologie de la Reproduction, CHRU de Montpellier, Hôpital Arnaud de Villeneuve, 371, avenue du Doyen Gaston Giraud, 34295 Montpellier Cedex 5

Les anomalies chromosomiques numériques (aneuploïdies), dues à un excès (hyperploïdie) ou à un défaut (hypoploïdie) de chromosomes, sont à l’origine de la majeure partie des pertes embryonnaires en périodes pré- et post-implantatoires. Pour l’essentiel, ces anomalies sont issues d’erreurs de ségrégation chromosomique (non-disjonction) au cours de la méiose féminine, et en particulier lors de la première division méiotique [1]. Depuis de nombreuses années, l’analyse cytogénétique des ovocytes humains constitue un sujet d’études particulièrement intéressant, compte tenu de la prépondérance des anomalies chromosomiques d’origine maternelle dans les conceptions humaines, et de notre connaissance encore partielle des mécanismes de non-disjonction méiotique [2]. Au cours des 40 dernières années, diverses approches ont été utilisées pour l’analyse directe des ovocytes humains, en étroite conjonction avec le développement des techniques dans les domaines de l’Assistance médicale à la procréation (AMP) et de la génétique de la Reproduction. Chacune de ces approches a contribué à accroître notre connaissance du processus méiotique dans le sexe féminin, tout en soulignant les difficultés de l’examen cytogénétique des ovocytes humains. L’analyse chromosomique des ovocytes matures (ovocyte II) représente aussi une source d’informations essentielles pour l’étude de l’étiologie des anomalies chromosomiques dans l’espèce humaine. L’âge maternel est le seul facteur étiologique dont l’implication dans la survenue des aneuploïdies est connue avec certitude. Les études épidémiologiques et moléculaires réalisées pour différentes trisomies ont clairement démontré l’origine maternelle de la plupart des non-disjonctions, et l’implication des défauts ou de l’absence de recombinaisons méiotiques au cours de la première division méiotique comme facteurs de prédisposition à la non-disjonction méiotique [3]. Ainsi, l’examen chromosomique des ovocytes II humains constitue l’approche la plus directe pour une étude des anomalies chromosomiques méiotiques en relation avec l’âge maternel. Ce type d’analyse n’est pas influencé par les paramètres de viabilité ou de perte embryonnaire précoce, associés à l’examen des produits d’avortement et des nouveau-nés.

La cytogénétique ovocytaire : de l’observation des métaphases au caryotype

L’analyse chromosomique des ovocytes humains a débuté avec le développement des techniques de maturation in vitro des ovocytes [4] et la mise au point de techniques de fixation sur lames adaptées à ces cellules [5]. On doit à R. Edwards la première observation de chromosomes d’ovocytes II humains, réalisée sur un petit échantillon de 15 ovocytes maturés in vitro [4]. La qualité des chromosomes obtenus ne permit pas une analyse cytogénétique proprement dite, mais Edwards souligna l’intérêt de ce type d’examen pour l’étude directe des anomalies de la ségrégation méiotique, en relation avec l’âge maternel. En 1968, Yuncken [6] ainsi que Jagiello et al. [7] rapportèrent l’analyse chromosomique d’ovocytes humains. En particulier, Jagiello et al. [7] réalisèrent l’examen cytogénétique de 16 métaphases I et de 24 métaphases II ovocytaires obtenues après stimulation ovarienne de 12 patientes. Bien que la qualité des préparations soit jugée suffisante pour distinguer les non-disjonctions de première et de deuxième divisions méiotiques, aucune estimation du taux d’aneuploïdies n’a été effectuée sur cet échantillon. La première tentative de classification chromosomique fut rapportée par A. Chandley en 1971, sur un ovocyte en métaphase I [8]. Enfin, en 1976, Jagiello et al. [9] publièrent les résultats d’analyses chromosomiques ovocytaires réalisées chez différentes espèces de mammifères, dont l’homme. Sur 411 métaphases II d’ovocytes humains maturés in vitro et colorés au bleu de toluidine, 6 anomalies ont été observées et décrites comme étant du matériel chromosomique additionnel non identifiable. Dans leurs conclusions, Jagiello et al. [9] ont insisté sur la nécessité d’améliorer les techniques d’identification chromosomique appliquées à ce type de cellules.

Durant les 25 dernières années, ce domaine d’investigation n’a pas cessé de progresser au gré des innovations technologiques en cytogénétique et en biologie de la reproduction. C’est la pratique des techniques de fécondation in vitro (FIV) humaine qui a relancé l’engouement pour l’analyse cytogénétique des gamètes femelles, en rendant disponibles les ovocytes non fécondés à l’issue des protocoles de FIV. Conformément au déroulement de la méiose, ces ovocytes se trouvent au stade métaphasique de la deuxième division méiotique (MII) et ils sont donc directement accessibles à un examen chromosomique après fixation sur lame [10]. Il est important de garder à l’esprit que ces ovocytes sont issus de protocoles de stimulation ovarienne et sont passés par plusieurs étapes de manipulation et de culture in vitro, pouvant constituer des sources potentielles de biais d’analyse. Bien qu’aucune étude n’ait identifié à ce jour de véritables corrélations entre les paramètres des protocoles FIV et le taux d’aneuploïdies ovocytaires, il ne faut donc jamais perdre de vue que les ovocytes analysés constituent une population particulière. Deux types d’ovocytes ont pu être analysés : les ovocytes obtenus par stimulation ovarienne et non utilisés ultérieurement en FIV (ovocytes non inséminés), et les ovocytes obtenus après échecs de FIV (ovocytes non fécondés). La grande majorité des études a porté sur les ovocytes non fécondés.

A la suite de la première étude publiée par Wramsby et al. [11], 33 études ont été réalisées, toutes basées sur la technique de fixation de Tarkowski (tableau 1). La fréquence moyenne d’anomalies chromosomiques observées dans ces études est de 35,5 %, répartis entre 26,1 % d’anomalies numériques et 6,3 % d’anomalies structurales. Aucune différence significative du taux d’anomalies n’est observée entre les ovocytes non fécondés in vitro et les ovocytes non inséminés. Cependant, il faut noter l’existence d’importantes fluctuations dans les taux d’aneuploïdies rapportés (de 2 à 59,6 %), ainsi que des conclusions contradictoires concernant l’effet de l’âge maternel sur l’incidence des anomalies chromosomiques.

Les raisons essentielles de ces divergences semblent être la petite taille des échantillons d’ovocytes humains analysés et les difficultés inhérentes à la réalisation des caryotypes d’ovocytes. Le nombre de métaphases II analysées varie de 8 à 334, mais la majorité des études sont basées sur l’analyse de moins de 100 métaphases II. Ce sont ces études qui présentent la plus forte variabilité des taux d’anomalies chromosomiques. L’examen cytogénétique des ovocytes humains est aussi rendu délicat par la morphologie très particulière des chromosomes d’ovocytes II, caractérisés par des chromatides très condensées (figure 1), et la difficulté d’obtenir un étalement satisfaisant de ces chromosomes. Ainsi, dans la plupart de ces études, les auteurs se sont limités à une simple classification par taille des chromosomes, après coloration au Giemsa. Seules quelques études ont eu recours à une technique de marquage spécifique des chromosomes (bandes Q ou bandes R), afin d’améliorer leur identification [10, 12].

Le caractère approximatif de ces études a été confirmé par les travaux de R. Angell qui a démontré que la séparation prématurée des chromatides homologues au cours de l’anaphase I constituait un type fréquent d’erreurs de ségrégation méiotique, jusqu’ici passé inaperçu dans les ovocytes humains [13, 14]. Ainsi, le classement erroné de chromatides libres en tant que petits chromosomes additionnels a vraisemblablement contribué à fausser les résultats rapportés dans la plupart des études publiées. Désormais, parallèlement aux non-disjonctions chromosomiques conventionnelles, 2 nouveaux types d’anomalies chromosomiques devraient être pris en compte : la présence d’une ou de plusieurs chromatides libres surnuméraires, et la séparation équilibrée des 2 chromatides constitutives d’un même chromosome (figure 2).

Le développement de nouvelles techniques de fixation des ovocytes humains a permis une amélioration significative de l’examen chromosomique de ces cellules. C’est en 1983 que Mikamo et Kamiguchi [15] présentèrent une méthode de fixation graduelle des ovocytes sur lames, permettant d’éviter la perte artefactuelle de chromosomes. Dès 1991, cette technique fut adaptée aux ovocytes humains, et à ce jour 14 études basées sur cette méthode ont été publiées (tableau 1), généralement sur des échantillons d’ovocytes humains plus importants que précédemment (de 44 à 1397), et en tenant compte des mécanismes de séparation des chromatides dans le décompte des anomalies. Ces études ont ainsi fourni des données cytogénétiques beaucoup plus précises et détaillées. A l’exception des données de Angell [14], essentiellement focalisées sur l’identification des séparations de chromatides-sœurs, toutes ces études font état d’aneuploïdies dues à des non-disjonctions chromosomiques ou à des séparations de chromatides. D’une manière générale, les taux d’aneuploïdies rapportés sont nettement inférieurs aux taux publiés précédemment (moyenne de 17 % contre 26,4 %). Toutefois, l’essentiel des anomalies enregistrées reste des anomalies de nombre, ce qui contraste avec les données obtenues sur les gamètes mâles (en moyenne 7 % d’anomalies structurales et seulement 3 % d’anomalies numériques) [16], et souligne la difficulté de l’analyse cytogénétique des ovocytes humains.

Dans une étude portant sur 1 397 caryotypes d’ovocytes humains non fécondés in vitro, nous avons mis en évidence que les anomalies numériques liées à la séparation prématurée des chromatides-sœurs, étaient plus fréquentes que les non-disjonctions chromosomiques conventionnelles (5,9 % contre 3,5 %) [17]. Ce résultat indique clairement que les erreurs de séparation des chromatides constituent une forme prépondérante d’anomalies au cours de la méiose femelle.

Tous les groupes chromosomiques sont concernés par l’aneuploïdie. Cependant, certains groupes (groupes A et C) présentent une fréquence d’aneuploïdies inférieure aux valeurs moyennes attendues, alors que les groupes E (chromosomes 16, 17, 18) et G (chromosomes 21 et 22) se caractérisent par des fréquences de non-disjonctions ovocytaires nettement supérieures. Ces observations rapportées dans plusieurs études [13, 18, 19] sont en accord avec les données épidémiologiques obtenues à terme ou sur les produits d’avortements spontanés [1, 2]. Cette variabilité interchromosomique observée dans la survenue des aneuploïdies ovocytaires suggère fortement que le processus de non-disjonction méiotique n’est pas un phénomène aléatoire dans le sexe féminin.

Tableau 1 Résumé des études de cytogénétique conventionnelle et de cytogénétique moléculaire réalisées sur les ovocytes humains

Type d’études

Procédures

Techniques

Résultats

  • Etudes préliminaires
  • (de 1965 à 1976)


  • 5 études
  • De 1 à 411 métaphases analysées
  • Ovocytes maturés in vitro


Bleu deToluidine, Giemsa

Pas d’estimation de l’aneuploïdie

Caryotypes utilisant la technique de fixation de Tarkowski (de 1984 à 1995)

  • 33 études
  • De 8 à 334 métaphases II analysées
  • Echecs de FIV, ovocytes non-inséminés, et ovocytes non-stimulés


Giemsa, Bandes R et Q

  • % moyen d’aneuploïdie : 26,4 % (de 2 à 59,6 %)
  • % moyen d’anomalies structurales : 6,1 % (de 0 à 20 %)
  • % moyen de polyploïdie : 11,1 % (de 0 à 35,3 %)


Caryotypes utilisant la technique de fixation graduelle (de 1991 à 2002)

  • 14 études
  • De 44 à 1 397 métaphases II analysées
  • Echecs de FIV


Giemsa, Bandes C, Q et R

  • % moyen d’aneuploïdie : 17 % (de 8,5 à 33 %)
  • % moyen d’anomalies structurales : 3,7 % (de 0 à 6 %)
  • % moyen de polyploïdie : 10 % (de 0 à 31,1 %)


Etudes FISH utilisant des réactions simples ou séquentielles (de 1996 à 2003

  • 12 études
  • De 8 à 275 métaphases II analysées
  • Echecs de FIV ou d’ICSI


  • 2 à 9 sondes utilisées en 1 à 3 étapes
  • (centromériques, locus-spécifiques, peintures)


  • % d’aneuploïdie : de 4,9 à 47,5 %
  • % polyploïdie : de 0 à 11 %


  • Etudes FISH sur globules polaires
  • (de 1996 à 2003)


  • 5 études
  • De 648 à 7 103 globules polaires analysés
  • Patientes FIV de 34 ans et plus


3 à 5 sondes

  • % d’aneuploïdie : de 32,1 à 52,1 %
  • (moyenne : 41,9 % dans 1er GP et 37,3% dans 2e GP)


  • Etudes CGH
  • (de 2002 à 2004)


  • 2 études
  • De 10 à 30 métaphases et globule polaires analysés
  • Echecs de FIV et un ovaire polykistique


DOP-PCR et CGH

% moyen d’aneuploïdie : 69 % (de 48 à 90 %)

  • Etudes PRINS
  • (de 1996 à 2004)


  • 3 études
  • De 11 à 118 métaphases II analysées


  • Marquages simples et multicouleurs
  • De 1 à 4 amorces PRINS


% moyen d’aneuploïdie : 16%

  • Etudes PNA
  • (2004)


  • 1 étude
  • 27 métaphases II analysées


Marquages multicouleurs avec 2 ou 3 sondes PNA

% d’aneuploïdie : 23,5 %

  • Caryotype spectral
  • (de 1998 à 2003)


  • 4 études
  • De 2 à 67 métaphases II analysées
  • Echecs de FIV et ovocytes donnés


Peintures 24 couleurs

% moyen d’aneuploïdie : 49,2 % (de 20 à 100 %)

La cytogénétique ovocytaire : du caryotype à l’analyse moléculaire in situ

Au cours des 15 dernières années, l’adaptation des techniques de cytogénétique moléculaire aux gamètes humains, et en particulier à l’ovocyte, a constitué un important challenge, en raison des retombées cliniques de l’analyse de ces cellules pour le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI). Diverses approches ont été testées sur les ovocytes humains, chacune présentant des avantages et des inconvénients.

Les techniques d’hybridation in situ fluorescente (FISH)

En raison de sa relative simplicité et de la disponibilité de nombreuses sondes commerciales jalonnant l’ensemble du génome humain, la technique FISH est devenue la technique de choix pour l’analyse cytogénétique in situ. Son adaptation à l’ovocyte humain a souvent été présentée comme une avancée significative sur les techniques conventionnelles de caryotype, puisque l’analyse FISH n’est apparemment pas limitée par la qualité de l’étalement ovocytaire et permet quelquefois l’examen complémentaire des globules polaires. Toutefois, l’analyse des données publiées laisse à penser que ce constat mérite d’être nuancé.

Les protocoles FISH utilisés ont porté sur le marquage de 2 à 9 chromosomes. Ils se composent généralement d’une série de 2 ou 3 réactions de marquage simultané de plusieurs chromosomes, réalisées sur une même préparation chromosomique. Les sondes utilisées sont essentiellement les sondes centromériques ou locus-spécifiques du commerce (tableau 1). De 1996 à 2003, 12 études ont ainsi été publiées sur un total de 1 467 métaphases II et 727 globules polaires. Toutes ces études confirment la coexistence des mécanismes de non-disjonction chromosomique et de séparation des chromatides dans les ovocytes humains. La prévalence des anomalies dans les chromosomes de petites tailles est aussi rapportée par plusieurs équipes, confirmant ainsi l’hypothèse de non-disjonction non aléatoire. Dans plusieurs études, l’analyse du premier globule polaire a fourni un contrôle interne pour l’identification des aneuploïdies, et a permis de mieux comprendre l’origine de certaines anomalies liées à un mosaïcisme gonadique [20, 21].

Il faut cependant noter que les fréquences d’aneuploïdies rapportées dans ces études FISH présentent aussi d’importantes fluctuations avec des taux variant de 3 à 47,5 % (tableau 1). En conséquence, il convient de rester prudent sur la fiabilité des résultats rapportés. Indépendamment du nombre limité de chromosomes analysés dans ces études et de la taille relativement modeste des échantillons de métaphases II analysées (de 8 à 275), plusieurs facteurs peuvent affecter les résultats d’une analyse FISH sur ovocytes. Étant donné que la technique FISH permet d’obtenir un marquage in situ sur des préparations chromosomiques de qualité médiocre, la prise en compte des résultats ainsi obtenus a introduit un biais dans l’estimation du taux d’anomalies, puisque de tels lots chromosomiques sont généralement issus d’ovocytes atrétiques ou dégénératifs, qui sont systématiquement écartés dans les études cytogénétiques conventionnelles. Un deuxième facteur pouvant influencer les résultats est l’efficacité des sondes utilisées sur les ovocytes humains [22]. Les erreurs de marquage in situ sur les ovocytes humains ont été initialement estimées à 10 % [23], mais des études récentes rapportent que 26 % des marquages FISH réalisés sur ovocytes peuvent être artefactuels [22, 24]. L’emploi d’un seul type de sondes par chromosome (sondes répétées centromériques ou des sondes locus-spécifiques) est aussi une source d’erreurs d’interprétation, puisque l’analyse chromosomique est alors limitée à la seule détection in situ de simples spots colorés, sans reconnaissance précise des chromosomes cibles. Cette approche utilisée de manière séquentielle sur une même préparation chromosomique, s’accompagne irrémédiablement d’une altération de la préparation chromosomique [25]. Pour remédier à cette perte de qualité et limiter les erreurs d’interprétation, 2 équipes ont élaboré des protocoles permettant une identification précise des chromosomes et des chromatides in situ. Eckel et al. [26] ont combiné le marquage par sondes locus-spécifiques commerciales avec un deuxième marquage des métaphases présentant des anomalies par des sondes complémentaires, issues de banques de YAC (Yeast artificial chromosomes) ou de BAC (Bacterial artificial chromosomes). Sur un total de 17 métaphases jugées anormales puis réanalysées, ils ont trouvé 7 métaphases normales et 3 métaphases présentant des anomalies chromosomiques différentes d’un marquage à l’autre. Dans la même optique, nous avons développé un protocole de double marquage combinant l’utilisation de sondes centromériques (ou locus-spécifiques) avec des peintures chromosomiques [27]. Cette méthode permet sur chaque chromosome-cible la visualisation simultanée de domaines spécifiques et des bras chromosomiques (figure 3). Cette technique a été testée sur 104 ovocytes et 56 globules polaires pour la détection des chromosomes 9, 13, 16, 18, 21 et X. Elle nous a permis de détecter avec précision les aneuploïdies dans cet échantillon, mais surtout d’éviter 18 % d’erreurs dues à des marquages centromériques ou locus-spécifiques ambigus.

Bien que ces 2 procédures soient plus longues que les protocoles FISH usuels, le bénéfice en termes de fiabilité des résultats est indéniable, et les valeurs rapportées dans ces 2 études indiquent que le taux d’aneuploïdies ovocytaires n’est sans doute pas aussi élevé que le suggéraient les études FISH antérieures.

L’analyse des globules polaires par FISH

Cette approche associe la micromanipulation et l’analyse FISH, et permet de distinguer des anomalies chromosomiques issues de la première et de la deuxième division méïotique. Cette méthode a été activement développée par l’équipe de Y. Verlinski, et utilisée essentiellement pour l’analyse des gamètes de femmes âgées de plus de 35 ans [28]. Quelques essais ont aussi été réalisés sur des ovocytes de femmes porteuses de translocations dans le cadre de protocoles de DPI [29, 30].

Les études rapportées par Verlinski et al. [28] et Kuliev et al. [31] sur plusieurs milliers de globules polaires analysés pour les chromosomes 13, 16, 18, 21 et 22, font état de taux d’aneuploïdies extrêmement élevés, de l’ordre de 32 à 52 %. Ces valeurs élevées peuvent être attribuées à l’effet de l’âge des patientes. Cependant, comme le soulignent Verlinsky et al. [28], une surestimation du taux d’aneuploïdies n’est pas à exclure, compte tenu des difficultés de l’analyse FISH multicouleur sur les globules polaires. Ces auteurs estiment que les taux d’aneuploïdies obtenus par cette approche peuvent être réajustés autour de 28 %.

Par ailleurs, ces études ont démontré qu’une proportion significative de cellules (27 %) présentait des anomalies chromosomiques issues des 2 divisions méiotiques. Les anomalies observées dans les globules polaires sont en majorité des anomalies de séparation des chromatides (63,5 % contre 6,4 % de non-disjonctions chromosomiques) ce qui contraste fortement avec les données issues des caryotypes ovocytaires et des études FISH (tableau 1). Aussi, ces résultats doivent être considérés avec prudence.

Les techniques de PRINS (PRimed IN Situ labelling) et de PNA (Peptide Nucleic Acids)

Ces techniques constituent 2 alternatives aux techniques FISH qui ont aussi été expérimentées sur les ovocytes humains (tableau 1).

La technique PRINS est basée sur le principe de la PCR. Elle permet l’identification in situ des chromosomes humains grâce à l’utilisation d’amorces oligonucléotidiques spécifiques des domaines centromériques d’ADN répétitif de chaque chromosome. Diverses amorces spécifiques sont disponibles pour 21 des 24 chromosomes humains [32]. Cette technique a été utilisée pour l’estimation de l’aneuploïdie dans différents types cellulaires, dont les spermatozoïdes [33] et les ovocytes humains [34]. En 1988, Findlay et al. [35] ont comparé la fiabilité des techniques PRINS et FISH pour l’identification in situ des chromosomes d’ovocytes humains sur 118 métaphases II. Bien que la technique PRINS présente des avantages en termes de rapidité, de spécificité et de coût, son utilisation courante est toujours limitée à la détection in situ des séquences répétées.

Les PNA sont des sondes synthétiques, analogues des acides nucléiques, dans lesquelles le squelette phosphatidique a été remplacé par une ossature polyamidique non chargée. Ceci confère aux PNA une très forte affinité pour l’ADN, une grande stabilité in vitro et in vivo et une résistance quasi absolue aux dégradations enzymatiques. Récemment, ces nouvelles molécules ont fait leur apparition dans le domaine de la cytogénétique. Des protocoles de détection chromosomique simples et rapides ont été élaborés et testés avec succès sur différents types cellulaires [36]. En 2004, Paulasova et al. [37] ont testé l’usage des sondes PNA sur les ovocytes, les globules polaires et les embryons humains. La cinétique de réaction des PNAs est très proche de celle obtenue avec les protocoles PRINS, puisque les temps d’incubation des sondes PNA n’excèdent pas 30 à 40 minutes. Les résultats obtenus laissent à penser que cette nouvelle famille de sondes pourrait fournir des outils particulièrement efficaces pour la détection chromosomique in situ, si toutefois le coût de la synthèse des PNA venait à diminuer.

L’hybridation génomique comparative (CGH)

Cette technique permet un examen de l’ensemble du caryotype susceptible de fournir des informations précises sur la constitution chromosomique. Son adaptation à l’analyse de cellules uniques a constitué un véritable challenge technologique, puisqu’elle nécessite d’amplifier l’ensemble du génome de la cellule analysée avant de réaliser l’hybridation [38]. Les premiers tests effectués sur des globules polaires, en parallèle avec des marquages FISH conventionnels, ont indiqué que la CGH pouvait fournir une analyse globale du caryotype plus précise que la FISH, puisqu’elle permettait l’identification de tous les chromosomes et la détection d’anomalies chromosomiques non détectées par FISH [38, 39]. Récemment, Gutiérrez-Mateo et al. [40] ont évalué l’efficacité de la technique CGH sur une série de métaphases II et de globules polaires issus de 30 ovocytes humains. Une efficacité de marquage de 84 % et un taux d’aneuploïdies de 48 % ont été rapportés (tableau 1), mais surtout les auteurs ont indiqué que 33 % des anomalies enregistrées n’auraient pas pu être identifiés en utilisant un protocole de FISH conventionnelle avec marquage séquentiel de 7 à 9 chromosomes.

Malgré son efficacité, la technique CGH présente aussi des inconvénients. Ce sont essentiellement la durée du protocole d’hybridation (de 2 à 3 jours) et l’impossibilité de détecter par CGH des polyploïdies ou des réarrangements chromosomiques équilibrés tels que les translocations. Toutefois, l’association de la méthode CGH avec la technique des puces à ADN, en améliorant les performances de la technique, constitue une innovation très prometteuse pour l’analyse chromosomique, y compris sur cellules uniques [41].

Le caryotype spectral

La technique de peinture in situ 24 couleurs, basée sur la combinaison de 5 fluorochromes a été développée sous les appellations de M-FISH (Multifluorochrome FISH) et de caryotype spectral [42, 43]. Cette technique présente l’avantage de permettre l’identification simultanée de tous les chromosomes, et elle est donc tout à fait conforme avec la définition même du caryotype. Son adaptation sur les gamètes femelles a été rapportée dans 4 études portant sur de petits échantillons d’ovocytes II et de globules polaires humains (de 2 à 60 métaphases II analysées) (tableau 1).

Les taux d’anomalies rapportés varient de 20 à 39 % et les anomalies observées comprennent aussi bien des non-disjonctions chromosomiques que des anomalies de séparation des chromatides. L’observation par Sandalinas et al. [44] de séparations équilibrées de chromatides-sœurs sur des ovocytes immédiatement après leurs recueils, est une donnée très intéressante qui indique que ces séparations de chromatides ne sont pas des artefacts de culture, mais qu’elles contribuent pleinement à la formation d’aneuploïdies ovocytaires. D’autre part, dans toutes ces études, les séparations de chromatides ont lieu préférentiellement dans les petits chromosomes. Ceci confirme les données antérieures sur la prévalence des anomalies numériques dans les chromosomes de petites tailles.

Ces résultats préliminaires ont souligné le potentiel de cette technique pour l’analyse chromosomique des ovocytes humains. Cependant, tous les auteurs s’accordent à dire que la technique présente encore des points faibles qui sont la nécessité absolue de réaliser un étalement chromosomique parfait sans chevauchement, le temps d’hybridation de 2 à 3 jours, et le manque de résolution des peintures chromosomiques ne permettant pas la détection des petits réarrangements intra- ou interchromosomiques. Le développement de nouvelles sondes de peinture plus performantes devrait permettre de surmonter la plupart de ces difficultés.

Anomalies chromosomiques ovocytaires et effet de l’âge maternel

Les données directes fournies par l’examen chromosomique des ovocytes II humains présentent un caractère fondamental pour l’étude de l’effet de l’âge maternel. Les conclusions tirées des premières études cytogénétiques d’ovocytes humains ont été contradictoires, puisque la moitié de ces études rapportaient une augmentation du taux d’aneuploïdies avec le vieillissement maternel alors que les autres études ne trouvaient pas de corrélations entre le taux d’aneuploïdies et l’âge maternel. Une même hétérogénéité se retrouve dans les études cytogénétiques récentes ayant intégré le mécanisme de séparation prématurée des chromatides. Ainsi, Kamiguchi et al. [18] et Nakaoka et al. [19] n’observent pas de corrélations entre les taux d’aneuploïdies et l’âge maternel sur des échantillons variant de 60 à 300 métaphases II, alors que Angell [14] et Pellestor et al. [45] rapportent une corrélation directe et significative entre les 2 paramètres sur des échantillons plus larges d’ovocytes. Dans notre étude portant sur 1 396 métaphases d’ovocytes II provenant de 520 femmes engagées dans des protocoles de FIV, le nombre important de cellules caryotypées et l’amplitude de la fourchette d’âges considérée (de 19 à 46 ans) nous ont permis de réaliser une analyse précise et détaillée de l’effet de l’âge maternel [45]. Une nette corrélation a été identifiée entre le taux global d’aneuploïdies et l’avancement de l’âge maternel. Mais, l’analyse détaillée des données est allée bien au-delà de ce simple constat, et a fourni de précieuses informations sur l’implication des différents types d’aneuploïdies méiotiques. Les non-disjonctions chromosomiques et la séparation prématurée des chromatides homologues constituent l’essentiel des anomalies observées sur les 1 397 caryotypes ovocytaires (tableau 2). Cependant, la fréquence d’aneuploïdies liées à une séparation des chromatides est significativement plus élevée que la fréquence des non-disjonctions chromosomiques (83 cas de chromatides libres contre 49 cas de non-disjonctions chromosomiques ; χ2 = 3,96 ; p < 0,05). Les 2 types d’aneuploïdies sont corrélés avec l’âge maternel, mais le degré de corrélation avec l’âge apparaît significativement plus élevé pour la séparation chromatidienne que pour les non-disjonctions chromosomiques (figure 4). L’analyse de la répartition des anomalies indique que ce processus de séparation touche plus significativement les chromosomes de petite taille. Cette étude cytogénétique révèle donc que la séparation prématurée des chromatides au cours de la première division méiotique est un processus essentiel de formation des aneuploïdies en relation avec l’âge maternel.

La confirmation de ces données a été fournie par plusieurs études FISH et CGH réalisées sur les ovocytes et globules polaires humains [23, 44]. Il faut cependant noter que quelques études FISH n’ont pas relevé de corrélations entre l’aneuploïdie et l’âge maternel [21, 24]. Cette disparité dans les résultats pourrait être liée au nombre restreint d’ovocytes humains analysés par FISH, en particulier dans les groupes d’âges supérieurs à 35 ans. En général, la moyenne d’âge des patientes dont les ovocytes ont été analysés par FISH, est inférieure à l’âge ou la corrélation entre anomalie et âge devient significative. A l’inverse, les études FISH réalisées sur les globules polaires de patientes âgées (moyenne de 38,5 ans) ont clairement mis en évidence une corrélation entre le taux d’aneuploïdies et l’âge maternel [28]. Ces études ont aussi indiqué une nette différence de production des anomalies entre les 2 divisions méiotiques, puisque les chromatides libres sont nettement prépondérantes dans les erreurs de première division méiotique alors que des taux similaires de chromatides séparés et de non-disjonctions chromosomiques classiques sont observés pour la deuxième division méiotique.

Tableau 2 Détails de l’analyse chromosomique réalisée sur 1397 caryotypes ovocytaires

Nombre d’ovocytes analysés

1397

Nb (%) d’ovocytes avec un caryotype normal 23,X

1088 (77,9)

Nb (%) d’ovocytes avec un caryotype anormal

309 (22,1)

Nb (%) d’anomalies numériques

280 (20,1)

Nb total (%) d’hypohaploïdies

75 (5,4)

Nb total (%) d’hyperhaploïdies

57 (4,1)

Nb total (%) d’aneuploïdies complexesa

12 (0,8)

Nb total (%) d’aneuploïdies extrêmesb

7 (0,05)

Nb (%) de diploïdies

75 (5,4)

Nb (%) de tétraploïdies

1 (0,007)

Nb (%) de lots de chromatides seules

53 (3,8)

Nb (%) d’anomalies structurales

29 (2,1)

aLes 12 caryotypes présentent simultanément des anomalies chromosomiques et chromatidiennes.

bLes aneuploïdies extrêmes présentent un nombre de chromosomes situé entre 13 et 18.

Rôle de la cohésion chromatidienne

La séparation prématurée des chromatides-soeurs est un phénomène fréquemment observé dans les syndromes d’instabilité chromosomique. Diverses protéines impliquées dans le fonctionnement du fuseau de division et la séparation des chromosomes ont été identifiées récemment, parmi lesquelles une nouvelle famille de nucléoprotéines appelées cohésines [46]. Ces molécules assurent l’étroite cohésion des chromatides-sœurs. Au cours des divisions mitotiques et méiotiques, elles contrebalancent les forces de traction vers les pôles du fuseau, exercées par les microtubules sur les chromosomes via les kinétochores. Cet équilibre est rompu lors de l’anaphase par la lyse des cohésines, sous l’action du complexe promoteur de l’anaphase (APC), donnant ainsi le signal à la ségrégation des chromosomes. Ces protéines interviennent aussi dans la formation des chiasmas durant la prométaphase de première division méiotique [47]. Chez la levure, les mutants déficients pour la protéine de cohésion rec8 présentent un défaut de cohésion des chromatides. Chez la drosophile, il a été démontré que la protéine de cohésion ORD était indispensable au contact physique des chromatides et à la stabilisation des chiasmas jusqu’au stade anaphase I de la méiose [48]. Par analogie avec ces observations, il est envisageable que chez les mammifères, le même mécanisme de dégradation des cohésines puisse s’opérer en relation avec l’allongement progressif de la prophase de première division méiotique et donc du vieillissement maternel. La dégradation progressive ou le manque de cohésines seraient responsables de la séparation prématurée des chromatides-sœurs observée dans les métaphases d’ovocytes II. Lors de la méiose, en raison de la perte de cohésion entre chromatides-sœurs, une proportion grandissante de tétravalents formés en prométaphase I deviendrait instable et adopterait une position linéaire sur le fuseau, favorisant la ségrégation équationnelle et donc la séparation des chromatides-soeurs dès l’anaphase [49]. On peut supposer que cette perte progressive de cohésion touche tous les chromosomes, mais que chez les chromosomes de grande taille, le plus grand nombre de chiasmas et de sites de cohésion minimisent cette instabilité et limitent ainsi leurs implications dans les non-disjonctions. Un autre élément de contrôle de la cohésion chromatidienne pourrait être la taille des séquences d’ADN répétées dans la région centromérique. En effet, il a été montré que les chromatides sœurs de divers chromosomes ne se séparaient pas simultanément mais en fonction de leurs quantités d’hétérochromatine centromérique. L’existence d’une corrélation entre la taille des domaines d’ADN centromérique et les non-disjonctions a été suggérée par plusieurs auteurs [50]. Ces altérations des mécanismes de ségrégation méiotique pourraient être mieux tolérées dans le sexe féminin que dans le sexe masculin, puisqu’il semble que les points de contrôle de la méiose femelle soient beaucoup plus « souples » que dans la méiose mâle où la présence de chromatides libres bloque la progression méiotique [51]. Ce mécanisme de perte de cohésion fournit donc une base moléculaire jusqu’ici insoupçonnée à la relation entre âge maternel et anomalies chromosomiques.

Conclusion

En permettant l’examen direct des produits de ségrégation méiotique, l’analyse cytogénétique des ovocytes humains a fourni un outil unique d’investigation des mécanismes de production méiotique des anomalies chromosomiques. Au cours des 20 dernières années, ce domaine d’études a connu de nombreuses avancées, avec l’adaptation sur les ovocytes humains de chaque nouvelle technique de cytogénétique moléculaire, et l’extension des investigations aux globules polaires. Les résultats rapportés et les limites inhérentes à chacune des techniques élaborées indiquent clairement qu’aucune de ces approches ne peut être considérée à ce jour comme idéale pour l’analyse chromosomique des ovocytes humains. Toutefois, le recoupement des données obtenues a permis de souligner certains points essentiels de la production des anomalies numériques dans les gamètes femelles, telle que la forte implication du mécanisme de séparation prématurée des chromatides-sœurs, la prépondérance des non-disjonctions dans les petits chromosomes, et la corrélation de ces anomalies avec l’âge maternel. On peut donc considérer que l’analyse cytogénétique des ovocytes humains a largement contribué à une meilleure compréhension des mécanismes et de l’étiologie des anomalies chromosomiques dans le sexe féminin. L’amélioration des techniques existantes devrait permettre à la cytogénétique de rester une approche de premier plan pour l’analyse méiotique dans le cadre d’une prise en charge en AMP.

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