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Syndromes myélodysplasiques


Hématologie. Volume 13, Number 5, 300-7, septembre-octobre 2007, Spécial Référentiels

DOI : 10.1684/hma.2007.0168


Author(s) : Société Française d’Hématologie.

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Auteur(s) : Société Française d’Hématologie

Les syndromes myélodysplasiques (SMD) sont des affections clonales de cellules souches pluripotentes ou myéloïdes caractérisées par une hématopoïèse inefficace responsable de cytopénies sanguines qui contrastent avec une moelle généralement riche. De plus, les SMD évoluent fréquemment en leucémie aiguë myéloïde (LAM). Ils prédominent chez les sujets âgés avec une médiane d’âge de l’ordre de 70 ans. Leur incidence est de 4 à 5 pour 100 000 personnes et par an.Ce texte s’efforce d’être un consensus entre hématologistes cliniciens et biologistes français sur les examens à effectuer devant un SMD suspecté ou confirmé, les classifications et le traitement.

Bilan diagnostique

L’interrogatoire et l’examen clinique rechercheront l’ancienneté des cytopénies, un agent étiologique éventuel (radiothérapie, chimiothérapie, exposition professionnelle…), des signes de pathologie dysimmunitaire fréquemment associée (polychondrite, vascularite…), le retentissement clinique des cytopénies, et l’existence de tuméfactions des OHP superficiels (splénomégalie principalement).

Sur le plan biologique, sont considérés comme indispensables les examens suivants :

  • hémogramme avec réticulocytes et examen « manuel » du frottis sanguin ;
  • myélogramme avec décompte du pourcentage de blastes, évaluation de la dysmyélopoïèse et coloration de Perls ;
  • caryotype médullaire avec, en cas d’échec (< 20 mitoses), FISH (à la recherche d’une monosomie 7 et d’une trisomie 8 chez les sujets jeunes, et d’une délétion 5q si le tableau hématologique est évocateur).

Ces examens seront répétés en cas de suspicion d’évolution :

  • dosage sérique d’EPO dans les formes à risque faible ou intermédiaire ;
  • une ferritinémie et des examens à visée de diagnostic différentiel ou pour éliminer une cause supplémentaire d’anémie (carence en fer, carence en B12 ou en folates, insuffisance rénale, hépatite, syndrome inflammatoire, hypothyroïdie, pic monoclonal).

Par ailleurs :

  • la biopsie médullaire n’est considérée comme indispensable que si l’aspiration médullaire n’est pas concluante, ne permettant pas d’éliminer notamment une aplasie ou une myélofibrose ;
  • le typage HLA est recommandé chez tous les patients de moins de 65 ans dans l’hypothèse d’une allogreffe ultérieure ;
  • on recommande l’inclusion des patients au registre national des SMD coordonné par le GFM et la conservation d’échantillons cellulaires et sériques, avec l’accord écrit des patients.

Classifications diagnostiques, pronostiques et critères de réponse

Dans la mesure où certaines des propositions de la classification OMS (élimination des AREB-T et des LMMC du domaine des SMD, appréciation de la dysmyélopoïèse multilignée) restent discutées, on recommande de classer les patients à la fois avec le FAB et l’OMS (tableaux 1 et 2).

Il est par ailleurs indispensable de classer les patients selon la classification pronostique IPSS en risque bas, intermédiaire I, intermédiaire II, et élevé (tableau 3). Il est habituel de regrouper les risques bas et intermédiaire I en « faible risque » et les risques intermédiaire II et élevé en « haut risque », cette séparation étant souvent utilisée pour les approches thérapeutiques.

Il est possible, mais encore incertain, que certains paramètres autres que ceux inclus dans l’IPSS aient une valeur pronostique indépendante, comme l’existence d’une dysplasie multilignée, et le niveau d’expression de certains gènes comme MDR ou WT1, les mutations de RAS ou d’autres gènes.

Pour les critères de réponse, il est fortement conseillé d’utiliser ceux de l’IWG qui, à côté des notions de rémission complète et partielle, définissent « l’amélioration hématologique », mineure ou majeure sur chacune des lignées myéloïdes (tableau 4). Il est également recommandé d’évaluer l’effet des traitements sur l’amélioration de la qualité de vie, en utilisant des grilles comme le FACT-An, le QLQ-C30, etc.

Tableau 1 FAB classification

MDS subtype

% of peripheral blasts

% bone marrow blasts

% of MDS diagnoses

Refractory anemia

< 1

< 5

10-40

Refractory anemia with ringed sideroblasts

< 1

< 5

10-35

Refractory anemia with excess blasts

< 5

5-20

25-30

Refractory anemia with excess blasts in transformation

> 5

21-29

10-30

Chronic myelomonocytic leukemia

< 5

< 20

10-20



Tableau 2 WHO classification
  • It introduces some modifications compared to FAB classification:
  • ▪ it divides the categories RA and RARS into 2 subgroups, according to whether the diseases limited to red cell precursors or also involves granulocytic and/or platelet precursors;
  • ▪ it considers separately MDS having the 5q [5q -].chromosomal deletion;
  • ▪ it separates RAEB in RAEB-1 (5 to 10% of blasts medullar) and the RAEB-2 (11 to 20% of marrow blasts).


  • It considers the following groups:
  • ▪ pure refractory anemia (PRA);
  • ▪ pure RA with ringed sideroblasts (PRARS);
  • ▪ refractory cytopenias with multilineage dysplasia (RCMD);
  • ▪ RCMD with ringed sideroblasts (RSMD);
  • ▪ refractory anaemia with excess of blasts (RAEB):
  • o RAEB-1 (> 5%; < 10% of marrow blasts)
  • o RAEB-2 (> 10%; < 20% of marrow blasts)
  • ▪ unclassifiable MDS;
  • ▪ MDS associated with isolated 5q- (5q –syndrome).




Tableau 3 International Prognostic Scoring System (IPSS)

Points

0

0,5

1

1,5

2

% Moelle blaste

< 5 %

5-10 %

-

11-20 %

21-30 %

Caryotype#

Fav

Interm

Défav

-

-

Cytopénie

0-1

2-3

-

-

#Caryotype

Favorable

Intermédiaire

Défavorable

  • Normal
  • -Y
  • del(5q)
  • del(20q)


Autre

  • Anomalies du 7
  • Anomalies
  • complexes
  • (≥ 3 anomalies)


Risque bas :

Score = 0

Risque intermédiaire 1(INT-1) :

Score de 0,5 à 1

Risque intermédiaire 2 (INT-2) :

Score de 1,5 à 2

Haut risque :

Score ≥ à 2,5



Tableau 4 IWG response criteria in MDS

Altering disease natural history

1. Complete remission (CR)

Bone marrow evaluation: repeat bone marrow showing less than 5% myeloblasts with normal maturation of all cell lines, with no evidence for dysplasia.* When erythroid precursors constitute less than 50% of bone marrow nucleated cells, the percentage of blasts is based on all nucleated cells; when there are 50% or more erythroid cells, the percentage blasts should be based on the nonerythroid cells.

Peripheral blood evaluation (absolute values must last at least 2 months)

Hemoglobin greater than 11 g/dL (untransfused, patient not on erythropoietin)

Neutrophils 1 500/mm3 or more (not on a myeloid growth factor)

Platelets 100 000/mm3 or more (not on a thrombopoetic agent)

Blasts, 0%

No dysplasia*

Partial remission (PR) (absolute values must last at least 2 months):

All the CR criteria (if abnormal before treatment), except.

Bone marrow evaluation: Blasts decreased by 50% or more over pretreatment, or a less advanced MDS FAB classification than pretreatment. Cellularity and morphology are not relevant

3. Stable disease

Failure to achieve at least a PR, but with no evidence of progression for at least 2 months.

4. Failure

Death during treatment or disease progression characterized by worsening of cytopenias, increase in the percentage bone marrow blasts, or progression to an MDS FAB subtype more advanced than pretreatment.

5. Relapse after CR or PR one or more of the following:

a) Return to pretreatment bone marrow blast percentage.

b) Decrement of 50% or greater from maximum remission/response levels in granulocytes or platelets.

c) Reduction in hemoglobin concentration by at least 2 g/dL or transfusion dependence.§

6. Disease progression

a) For patients with less than 5% blasts: a 50% or more increase in blasts to more than 5% blasts.

b) For patients with 5% to 10% blasts: a 50% or more increase to more than 10% blasts.

c) For patients with 10% to 20% blasts: a 50% or more increase to more than 20% blasts.

d) For patients with 20% to 30% blasts: a 50% or more increase to more than 30% blasts.

e) One or more of the following: 50% or greater decrement from maximum remission/response levels in granulocytes or platelets, reduction in hemoglobin concentration by at least 2 g/dL, or transfusion dependence.§

7. Disease transformation

Transformation to AML (30% or more blasts).

8. Survival and progression-free survival

(See table 2)

Cytogenetic response

(Requires 20 analyzable metaphases using conventional cytogenetic techniques.)

Major: no detectable cytogenetic abnormality, if preexisting abnormality was present.

Minor: 50% or more reduction in abnormal metaphases.

Fluorescent in situ hybridization may be used as a supplement to follow a specifically defined cytogenetic abnormality.

Quality of life

Measured by an instrument such as the FACT Questionnaire.

Clinically useful improvement in specific domains: physical, functional, emotional, social, spiritual

Hematologic improvement (HI)

(Improvements must last at least 2 months in the absence of ongoing cytotoxic therapy.)

Hematologic improvement should be described by the number of individual, positively affected cell lines (e.g. HI-E; HI-E + HI-N; HI-E + HI-P + HI-N).

1. Erythroid response (HI-E)

Major response: for patients with pretreatment hemoglobin less than 11 g/dL, greater than 2 g/dL increase in hemoglobin; for RBC transfusion-dependent patients, transfusion independence.

Minor response: for patients with pretreatment hemoglobin less than 11 g/dL, 1 to 2 g/dL increase in hemoglobin; for RBC transfusion-dependent patients, 50% decrease in transfusion requirements.

2. Platelet response (HI-P)

Major response: for patients with a pretreatment platelet count less than 100 000/mm3, an absolute increase of 30 000/mm3 or more; for platelet transfusion-dependent patients, stabilization of platelet counts and platelet transfusion independence.

Minor response: for patients with a pretreatment platelet count less than 100 000/mm3, a 50% or more increase in platelet count with a net increase greater than 10 000/mm3 but less than 30 000/mm3.

3. Neutrophil response (HI-N)

Major response: for absolute neutrophil count (ANC) less than 1500/mm3 before therapy, at least a 100% increase, or an absolute increase of more than 500/mm3, whichever is greater.

Minor response: for ANC less than 1500/mm3 before therapy, ANC increase of at least 100%, but absolute increase less than 500/mm3.

4. Progression/relapse after HI: one or more of the following: a 50% or greater decrement from maximum response levels in granulocytes or platelets, a reduction in hemoglobin concentration by at least 2 g/dL, or transfusion dependence.§

For a designated response (CR, PR, HI), all relevant response criteria must be noted on at least 2 successive determinations at least 1 week apart after an appropriate period following therapy (e.g. 1 month or longer).

* The presence of mild megaloblastoid changes may be permitted if they are thought to be consistent with treatment effect. However, persistence of pretreatment abnormalities (e.g. pseudo-Pelger-Hüet cells, ringed sideroblasts, dysplastic megakaryocytes) are not consistent with CR.

In some circumstances, protocol therapy may require the initiation of further treatment (e.g. consolidation, maintenance) before the 2-month period. Such patients can be included in the response category into which they fit at the time the therapy is started.

§In the absence of another explanation such as acute infection, gastrointestinal bleeding, hemolysis, and so on.

Approches thérapeutiques

À ce jour, il existe un consensus sur le fait que l’allogreffe de CSH est le seul traitement potentiellement curatif dans les SMD. En dehors de l’allogreffe, on sépare schématiquement les patients « haut risque » (IPSS élevé ou intermédiaire I/II) et les patients de « faible risque » (IPSS bas ou intermédiaire I).

Allogreffe de CSH

Ses indications sont résumées dans la figure 1. Si l’efficacité de l’allogreffe myéloablative classique est bien démontrée et sa toxicité bien connue, le recul manque encore pour l’allogreffe à conditionnement atténué, notamment en termes d’éradication du clone SMD, et elle reste encore en grande partie expérimentale. Elle ne peut donc se substituer à l’allogreffe classique et elle n’est actuellement proposée qu’aux patients ayant une contre-indication de celle-ci (âge > 50-55 ans ou comorbidités).

À ce jour, aucun conditionnement d’allogreffe classique ou atténué n’apparaît clairement supérieur aux autres. Le fait de faire précéder ou non l’allogreffe d’une chimiothérapie reste discuté et fait l’objet d’essais randomisés multicentriques. Une chimiothérapie préalable est d’autant plus souvent proposée que le patient a de bonnes chances d’y répondre (excès de blastes médullaires important, caryotype normal…). En effet, les allogreffes effectuées après échec de chimiothérapie ont un très mauvais pronostic.

À la suite notamment d’une étude conjointe de l’IBMTR et de l’équipe de Seattle (Blood 2004), la tendance est d’allogreffer rapidement les patients en score intermédiaire II ou élevé, de ne pas allogreffer d’emblée les patients ayant un IPSS faible, l’attitude pour les patients intermédiaires I étant à discuter en fonction de la présence d’un excès de blastes médullaires, de cytopénies importantes, etc.

Enfin, les résultats des allogreffes effectuées à partir de donneurs non apparentés sont devenus presque identiques à ceux des greffes apparentées, justifiant donc la recherche d’un tel donneur y compris pour les allogreffes à conditionnement atténué.

Traitement des SMD de « haut risque » (IPSS élevé ou intermédiaire II) en dehors de l’allogreffe (figure 2)

Chimiothérapie intensive

Elle ne peut être proposée qu’aux patients de moins de 60 à 65 ans sans contre-indication. Elle donne environ 50 % de RC, mais une médiane de RC courte de 10 à 12 mois, et moins de 10 % de rémissions très prolongées. Aucune association ne s’est avérée supérieure à l’association classique anthracyclines-Ara-C. Un net excès de blastes médullaires au diagnostic et un caryotype normal au moment du traitement sont des facteurs pronostiques favorables de réponse. Les caryotypes complexes ont une réponse très défavorable.

Le moment du début de la chimiothérapie (dès le diagnostic ou après transformation en LAM) reste discuté, de même que l’intérêt d’une autogreffe en cas d’obtention d’une RC.

Cytarabine à faible dose (20 mg/m2/jour en une ou deux fois, deux semaines par mois)

Ce traitement induit environ 15 % de RC et 20 % de RP, d’une durée de 3 à 18 mois en général (très courtes pour les RP). Malgré les doses, le traitement est assez cytopéniant mais compatible avec une prise en charge presque entièrement ambulatoire. Un caryotype normal est un facteur pronostique favorable de réponse. On ne sait pas à l’heure actuelle si ce traitement allonge la survie. Il paraît indiqué chez les sujets âgés en l’absence de caryotype défavorable.

Agents déméthylants

Ils sont actuellement, en Europe, en cours d’investigation (5-azacytidine et décitabine).

Les taux de RC et RP sont proches de ceux obtenus avec l’Ara-C à faible dose, mais les « améliorations hématologiques » pourraient être plus fréquentes, et les cytopénies qu’ils induisent semblent moins importantes. Des données préliminaires suggèrent qu’ils pourraient être efficaces, contrairement à l’Ara-C à faible dose, chez les patients à caryotype anormal (y compris complexes).

Les deux produits sont disponibles dans des essais cliniques. La 5-azacytidine est également disponible en ATU nominative. La décitabine requiert la voie voie IV. La 5-azacytidine est administrée par voie sous-cutanée mais uniquement en service hospitalier.

Traitements en cours d’essai

Il s’agit actuellement des inhibiteurs de farnesyl transférase, du trioxyde d’arsenic, du bortezomib, d’inhibiteurs d’histone deacetylase comme l’acide valproïque, et d’associations entre ces différents agents et la cytarabine à faible dose ou les agents hypométhylants.

Traitements des SMD de faible grade (figure 3)

Ils visent avant tout à corriger les cytopénies, principalement l’anémie.

Pour l’anémie, la tendance est de plus en plus fréquemment d’instaurer un traitement susceptible de prévenir les transfusions, et qui maintient un taux d’Hb en permanence supérieur à 10-11 g, par rapport à un traitement transfusionnel simple où par définition le taux d’Hb est une grande partie du temps en dessous de 10 g, ce qui a un retentissement sur la qualité de vie (fatigue, etc.).

Traitement de l’anémie

Un traitement par EPO recombinante est recommandé (indication hors AMM, rappelons-le) si le taux d’EPO endogène est inférieur à 500. Dans ce cas, les taux de réponse à l’EPO alpha ou bêta (60 000 U/semaine) sont de l’ordre de 40 % et atteignent 60 % après adjonction de GCSF. Une réponse est observée dans les 12 semaines et il n’est pas nécessaire de poursuivre au-delà en cas d’échec. La darbépoïétine paraît au moins aussi efficace que les EPO classiques. En cas de réponse, il faut adapter les doses pour maintenir un taux d’Hb compris entre 11 et 12,5 g selon les recommandations de l’AFSSAPS.

Le lénalidomide est très efficace dans les formes avec délétion chromosomique 5q, isolée ou associée (y compris semble-t-il, si l’IPSS est int. 2 ou élevé). Le produit n’est actuellement accessible que dans le cadre d’un essai multicentrique de phase III pour les IPSS bas ou int. 1. Les taux de réponses de l’anémie sont de l’ordre de 75 %. Le principal effet secondaire est la survenue d’une neutropénie et d’une thrombopénie qu’il convient de surveiller étroitement. Dans les SMD sans délétion 5q, le lénalidomide a une efficacité certaine mais moins fréquente. Un essai clinique de phase III doit prochainement débuter dans cette indication.

Le thalidomide est efficace sur l’anémie dans 30 % des cas environ, mais peu efficace sur les autres lignées. Au-delà de 150 à 200 m/jour, voire moins, il est toutefois souvent mal toléré (somnolence, constipation, neuropathie périphérique). Ce produit peut être actuellement obtenu dans le cadre d’une ATU nominative.

Traitement de la neutropénie

Si le GCSF peut corriger la neutropénie dans 2/3 des cas environ, y compris à faible dose, sa place est incertaine car son impact sur le risque infectieux et la survie n’est pas démontré. En cas de blastose médullaire > 15-20 %, il a été incriminé dans certains cas de progression en LAM. On peut cependant éventuellement l’utiliser en courte durée, en cas d’épisodes infectieux graves, voire au plus long cours chez des patients très neutropéniques faisant des infections répétées.

Traitement de la thrombopénie

Il n’y a pas actuellement de facteur thrombopoïétique disponible dans des essais thérapeutiques dans les SMD. Les androgènes, notamment le Nilevar® ou le Danazol®, donnent environ 30 % de réponses, certaines d’entre elles pouvant être durables et associées à une androgéno-dépendance.

Traitement immunosuppresseur

Il est fondé sur la constatation dans certains SMD de proliférations oligo-clonales T ayant une activité inhibitrice sur les CFU-GM, et réversible après traitement par SAL. Le SAL, seul ou associé à la ciclosporine, donne 20 à 35 % de réponses avec amélioration des cytopénies. Les résultats apparaissent meilleurs dans les formes des sujets relativement jeunes sans excès de blastes, avec plusieurs cytopénies, caryotype normal, HLA-DR 15, transfusions érythrocytaires depuis moins d’un an, et peut-être présence d’un clone HPN.

Traitements symptomatiques

Leur rôle dans les SMD reste fondamental.

Transfusions érythrocytaires

Les recommandations transfusionnelles ne sont pas spécifiques par rapport aux autres hémopathies chroniques. Il est recommandé de transfuser en dessous de 8 g d’Hb ou à un seuil plus élevé en cas de comorbidité ou de mauvaise tolérance (fréquentes à cet âge). Il est nécessaire de transfuser un nombre suffisant de concentrés érythrocytaires pour remonter le taux d’Hb nettement au-dessus de 10 g, pour éviter un état d’asthénie permanente.

Transfusions plaquettaires

Chez les patients recevant un traitement intensif, les recommandations sont les mêmes que pour les leucémies aigues.

En l’absence de traitement « actif », on limitera les transfusions aux patients ayant un syndrome hémorragique ou chez qui par exemple un geste invasif est envisagé.

Traitement des infections

Il est identique à celui de tous les patients neutropéniques. Il est important que ces patients neutropéniques aient à domicile, à l’avance, une association de type amoxicilline-acide clavulanique et ciprofloxacine, à débuter au moindre problème infectieux.

Traitement chélateur du fer

Il est recommandé de débuter un traitement chélateur du fer lorsque la ferritine dépasse 1 000 à 1 500 ng/mL, chez les patients ayant un score IPSS bas ou intermédiaire I, c’est-à-dire un pronostic relativement bon. Le traitement de référence reste la déféroxamine par voie sous-cutanée prolongée grâce à une pompe, ou sous-cutanée directe (1 g/jour soit 2 ampoules à diluer dans une seule ampoule de solvant, une ou deux fois par jour, en sous-cutané très lent). En cas d’effet secondaire (rétinopathie, trouble de l’audition, réaction d’hypersensibilité locale en général), on dispose de la défériprone par voie orale. Un nouveau chélateur oral, l’ICL670, est en cours d’essai.

Traitement de la leucémie myélomonocytaire chronique

En l’absence de signes de myéloprolifération (splénomégalie, hyperleucocytose, myélémie, voire localisations viscérales), son traitement ne semble pas devoir différer de celui des autres SMD ayant les mêmes caractéristiques (à la monocytose près). En présence de signes de myéloprolifération, l’hydroxyurée reste le traitement myélo-freinateur de référence même si son efficacité est assez limitée.


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