ARTICLE
D’importants progrès dans le traitement des cancers
digestifs ont été faits pas à pas au long des vingt dernières
années et la même démarche se poursuit. Pour les valider, il faut
réaliser des essais randomisés, incluant un nombre de patients
d’autant plus grand que le bénéfice attendu d’un nouveau traitement
est modéré (en moyenne 1 000 patients pour mettre en
évidence une amélioration de 10 % de la survie à
5 ans).
Actuellement, en France, moins de 3 % des patients participent
à des essais cliniques, ce qui est dommageable à la fois pour la
recherche et pour les patients. En effet un traitement, quel qu’il
soit, est mieux appliqué et un patient mieux suivi dans un essai,
probablement en raison de la rigueur qu’il demande au clinicien.
C’est pourquoi dans cet aide mémoire nous indiquons
préférentiellement, dans chaque situation clinique, le ou les
essais prospectifs ouverts à l’inclusion. L’inclusion
préférentielle des patients dans des essais thérapeutiques ne doit
pas conduire à oublier le premier principe de la médecine qui est
d’abord de ne pas nuire et de répondre à la demande des patients et
non aux désirs des médecins.
Les autres recommandations sont tirées le plus souvent d’études
randomisées publiées. Il ne faut pas se baser sur les résultats
d’études de phase II pour traiter des malades en routine :
elles sont réalisées sur des patients sélectionnés par des centres
spécialisés (bon état général, extension tumorale limitée, absence
d’insuffisance viscérale). Trop souvent les résultats ne portent
que sur les malades dits « évaluables ». Ceci sélectionne
dans le groupe étudié les malades les moins affaiblis ou dont
l’évolution est la moins rapide. En pratique il ne faut considérer
que les résultats donnés à partir des patients éligibles. Dans les
situations, malheureusement fréquentes, où aucune étude randomisée
ne permet de guider des choix, nous avons indiqué des
recommandations ou des options proposées par les experts de nos
groupes de travail. Les protocoles thérapeutiques utilisables en
routine sont donnés sous forme de résumé. Leur application à un
patient suppose la lecture de la référence bibliographique qui
précise les détails de prescription, la surveillance et les
adaptations de dose.
Les recommandations que nous proposons sont indicatives et doivent
s’inscrire dans une démarche médicale globale. Elles doivent servir
de base à la discussion au cas par cas en réunion de concertation
pluridisciplinaire (RCP) qui est la base de la pratique de
l’oncologie. La présentation des dossiers des patients dans ces
réunions est indispensable lorsque sont disponibles des stratégies
mettant en jeu plusieurs techniques ou plusieurs spécialités
médico-chirurgicales.
Ce texte, volontairement simple, ne remplace pas les publications
plus exhaustives telles que les standards, options, recommandations
(SOR) publiés par la FNCLCC, les textes des conférences de
consensus et le thésaurus de la Société nationale française de
gastro-entérologie. Ces recommandations de la FFCD, diffusées une
première fois en 1994, mises à jour en 1997, 1999, 2001 et 2003,
sont datées, provisoires et régulièrement actualisées. La version
2005 prendra place sur le site internet de la FFCD et sera diffusée
à ses membres. Toutes les remarques seront les bienvenues.
Le conseil scientifique de la FFCD
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