ARTICLE
Les prémices
C'était au début de l'an de grâce 1996, peut-être
même avant... Ce fut d'abord quelques on-dit qui se transformèrent
en ragots erratiques puis en une rumeur sournoise qui s'amplifia et se
propagea rapidement à tout le royaume. Les gens de médecine
allaient être obligés de redevenir escholiers afin de parfaire
leurs connaissances et apporter aux sujets de sa très Gracieuse
Majesté, dans la plus grande dilligence, la meilleure qualité
de soins qu'ils étaient en mesure d'attendre. Cela devait compléter
le savoir académique qu'ils avaient acquis bien des lustres auparavant
dans les amphithéâtres poussiéreux des facultés
et des salles malsaines des hospices. Tel était le poncif.
D'aucuns se demandèrent si ce louable effort de perfectionnement
allait être aussi demandé aux gens de loi, de science, d'administration,
de parlement et à la noblesse des Hautes Escholes, en un mot, si
les gens de qualité allaient aussi être soumis à des
telles pratiques. Il fut rapidement proclamé, que seuls les gens
de médecine auraient l'honneur et l'avantage de bénéficier
de ce privilège. Pourtant les gazettes avaient relaté maintes
fautes d'escarcelles ayant mis en péril trésoreries et épargnes
de certaines Grandes Officines usurières du Royaume, et tous les
ans, la Grande Cour Comptable relevait, avec un acharnement dont la précision
n'avait d'égale que l'inutilité, de nombreux exemples de
gabegies dans les administrations royales, témoignant pour le moins
de maladresses professionnelles, sinon d'incompétences, ou de laisser-aller
coupables et impunis, qui auraient valu aux gens de médecine maintes
remontrances, chambre de justice et probablement excommunication sinon
galères ou relégation perpétuelle. Mais les murs
étaient ainsi faites...
Le
temps des certitudes
Après les oui-dire, arrivèrent les certitudes avec l'application,
le premier janvier de l'an de grâce 1997, des ordonnances royales
stipulant les astreintes et les conditions qui allaient régir un
tel enseignement. Point de dissections supplémentaires ou d'uvres
alchimiques hasardeuses, il s'agissait pour l'essentiel d'une formation
théorique dont l'objectif visait à parfaire les connaissances
de la pratique quotidienne et améliorer la qualité du recipe
dispensé.
Ainsi fut promulguée la grande croisade contre la Déformation
Médicale Discontinue dont les gestionnaires de la Cassette Royale
de Santé attendaient de fortes économies découlant
d'un meilleur usage des embrocations, des fumigations, et des thériaques.
Certes leur emploi était déjà régi par des
exhortations dites consensuelles, véritables truismes dont l'incipit
comportant inévitablement la phrase : il n'a pas lieu
de... traduisait bien le caractère négatif et autoritaire
de la pensée des inventeurs. Il faut bien dire qu'à défaut
de sanctions individuelles justifiées, c'était le seul moyen
qu'on eût trouvé pour s'opposer aux dérives sournoises
de quelques esculapes particulièrement dilapideurs. La nouvelle
croisade allait probablement permettre d'économiser pistoles et
écus et d'éviter leur gaspillage en purges intempestives,
saignées malencontreuses ou clystères ruineux !
Ces intentions prométhéennes reçurent dans l'ensemble
un accueil sans grande alacrité mais la tautologie qui les entourait
rendait difficile leur réfutation... Il était en effet raisonnable
de penser que, depuis les leçons des amphithéâtres
et l'enseignement des préceptes hippocratiques, un vent de modernisation
devait souffler sur les gens de médecine qu'ils soient artisans-praticiens
érémitiques, anachorètes ou cénobites regroupés
en comices ayant propriété de lits dans des Infirmeries
Particulières, qu'ils soient barbiers-chirurgiens, régents
des Facultés, ou archiâtres des Hospices. Étaient
exclus de cette ambitieuse réforme les empiriques et les charlatans
qui uvraient silencieusement dans les soupentes mais qui n'en avaient
pas moins des revenus très substantiels, sans grandes taxes ou
gabelles et une clientèle très fournie, grâce au Ciel
et à la naïveté de leurs contemporains, car comme disait
La Rochefoucauld : les fous et les sottes gens ne vivent que par
leur humeur...
Le commencement des
doutes
D'aucuns se demandèrent si ces obligations qui concernaient leur
réinsertion spirituelle, et qu'ils pratiquaient déjà
spontanément pour entretenir la vivacité de leur esprit
et l'actualité de leurs connaissances, n'allaient pas être,
dans ces nouvelles applications, fort complexes et fort coûteuses.
Les plus sceptiques se souvenaient des conseils de Montesquieu :
Lorsqu'on veut changer les murs et les manières, il ne
faut pas les changer par les lois. Il est vrai que jusque-là,
à l'exception de quelques rares académies enseignantes subventionnées
par la Ferme des Impôts, c'étaient les dons généreux
des grandes apothicaireries générales qui assuraient le
plus souvent la réalisation de ces bonnes uvres sans qu'il
n'en coûtât un écu à la Cassette Sanitaire Royale.
Que nenni, leur répondit le porte-parole du surintendant
des Hospices, de la Santé du Peuple et de la Famille. Dans son
maroquin, ajoutait-il, étaient serrées lettres de changes
et promesses d'écus sonnants et trébuchants, ainsi que certificats
de bonnes manières en pratique médicale qui seraient baillés
aux gens de médecine sous conditions d'avoir honoré les
engagements requis, au terme d'une période compilatrice d'un lustre.
L'art
de compter en clepsydres
Alors fut élaboré, dans ce dessein, un merveilleux barème
selon lequel des gratifications devaient être attribuées
en fonction du temps de travail effectué, ce qui explique que par
la suite elles furent surnommées les clepsydres. Un raisonneur
pratiquant l'éristique fit remarquer qu'il s'agissait là
d'une mesure quantitative qui ne préjugeait en rien de l'effort
intellectuel de l'intéressé, et de l'assiduité de
sa participation. Nombreux furent alors ceux qui lui intimèrent
l'ordre de taire un discours aussi graveleux, au risque disaient-ils de
voir s'instaurer un contrôle beaucoup plus pointilleux par l'hégémonique
Inquisition Sanitaire.
Les clepsydres donc, étaient accordées très
chichement pour les participations aux très nombreuses réunions
corporatives, apéritives, digestives, et soupers académiques.
Elles étaient aussi distribuées contre lettres d'abonnements
aux gazettes médicales et autres almanachs de santé qui,
voyant dans cette mesure moyen de développer leur clientèle,
s'empressèrent d'adjoindre à leur sommaire un cahier d'alphabétisation
régulier ou façonnèrent des disques argentés
à mirer dans des automates à lucarnes polyphasées
qui faisaient florès chez quelques esculapes modernistes. Le gain
en clepsydres était beaucoup plus important pour les séminaires
et colloques organisés par les sociétés savantes
ayant enseignes numérotées, et par les guildes licenciées
avec pignon sur rue. Ces doctes et savantes réunions étaient
le plus souvent tenues dans les parloirs des hospices ou les antichambres
des hostelleries où officiaient des diafoirus patentés ou
des hiérophantes consacrés par les aréopages nationaux
ou provinciaux. Le summum des gratifications était atteint pour
les participations à certains séminaires très austères,
à des symposiums très académiques ou à des
assemblées très polyglottes qui obligeaient les gens de
médecine du royaume à prendre les calèches volantes
pour rejoindre le plus souvent les terres d'Amérique (où
disait-on la médecine se faisait mieux qu'ailleurs, sans préciser
pour qui...) et parlementer ou colloquer ou table-ronder des jours durant,
dans de vastes palais ou des hostelleries cosmopolites (auprès
desquelles la tour de Babel faisait figure de pavillon de chasse), abandonnant
leur langage vernaculaire pour parler une sorte de latin médical
universel, appelé langue anglaise.
Du pélagianisme
aux monitions
Ayant pris connaissance du nombre de clepsydres qu'ils devaient
obtenir pour satisfaire aux critères requis par les nouveaux édits,
de nombreux médecins estimèrent qu'ils dépassaient
déjà, par les uvres volontaires auxquelles ils se
livraient spontanément, le minimum à atteindre. Ils se demandèrent
alors si à la place de cette tentaculaire formalisation autocratique,
une politique plus physiocratique, laissant faire la nature, respectant
la liberté individuelle, ne serait pas mieux acceptée et
donc plus efficace. L'art du politique, disaient-ils en citant
Helvetius, est de faire en sorte qu'il soit de l'intérêt
de chacun d'être vertueux et certains ajoutaient, reprenant
Vauvenargues que le terme de l'habileté est de gouverner sans
la force.
Ce pélagianisme hérétique fut vivement désapprouvé
par le surintendant des Hospices, de la Santé du Peuple et de la
Famille. Un porte-parole souligna que le plus grand dessein était
d'obliger les ignares, les illettrés, les paresseux et les traîne-savates
à uvrer à leur propre rédemption et qu'il était
donc nécessaire de promulguer une loi générale pour
contraindre cette minorité très particulière qui
refusait obstinément de se parfaire et pratiquait ainsi de façon
ostentatoire et provocatrice la déformation professionnelle discontinue.
Pour sanctionner une telle racaille, on aurait pu leur infliger des punitions
mortifiantes mais salutaires en leur faisant subir des séances
de questions ordinaires par les inquisiteurs sanitaires et en les faisant
croupir pendant quelques saisons dans les salles malsaines des hospices
et les obscurs amphithéâtres des facultés. Mais ce
régime moyenâgeux, rappelant trop les supplices d'antan,
ne fut heureusement pas adopté. En revanche, il fut ordonné
à tous, vertueux ou larrons, l'obligation de se regrouper en cercles
studieux ou en phalanstères temporaires afin de pouvoir s'instruire
suffisamment pour conserver leur titre, leur robe, et leur droit de donner
le recipe.
Quant aux grands flibustiers, aux larrons et autres margoulins, qui
malheureusement sévissaient de façon endémique depuis
toujours, et dont les turpitudes, souvent connues mais peu corrigées,
faisaient jeter l'opprobre sur une corporation des plus honorables, le
Grand Conseil Ordinal aidé par l'Inquisition Sanitaire en punirait,
comme à l'habitude, les exactions... Quant aux charlatans et empiriques,
on décida de ne pas en parler car c'était trop d'honneur
à faire à ces pseudomédicastres qui se livraient
à de si basses uvres et mieux valait les laisser croupir
dans leur profonde ignorance et leur ignoble infamie. Il faut bien dire
que, probablement trop honteux de vivre dans un tel état, aucun
d'entre eux ne se plaignit d'un tel délaissement...
Un microcosme
agité
La mise en place de la grande croisade contre la déformation professionnelle
discontinue eut deux grands effets. D'abord, elle fit ratiociner thuriféraires
et aristarques, chose logique et sans conséquence dans un royaume
où, par la grâce de sa Très Gracieuse Majesté,
tout pouvait se dire. Ensuite, elle entraîna la création
d'aréopages ayant pouvoir de donner des satisfecit aux uvres
de lutte contre la déformation professionnelle discontinue. Dès
que le vidimus fut apposé, ce fut, dès potron-minet,
des courses éperdues dans les couloirs et antichambres des administrations
royales ou provinciales, ministères ou palais sanitaires, pour
obtenir les lettres de créance permettant de siéger dans
ces nouveaux conclaves, ou pour faire enregistrer la naissance de nouvelles
cohortes regroupant les gens de médecine selon leurs affinités
et leurs humeurs...
Beaucoup de syndics des guildes ou des régents des hospices se
targuaient de connaître au mieux les arcanes des futurs édits,
de posséder les portulans nécessaires, et de deviner les
arrière-pensées du surintendant, en supposant qu'il en eût...
Ce fut aussi une agitation atomique dans les sociétés savantes
qui dans ces obligations rééducatives virent le moyen d'accroître
leurs prérogatives pour imposer le respect de leur doctrine et
augmenter le nombre de leurs fidèles. Les guildes ne furent pas
en reste et, au nom d'une représentativité monothéiste
mais plurielle, leurs syndics exigèrent des sièges de droit
dans ces nouveaux parlements de santé où se côtoyaient
également archiatres, conseillers du Grand Conseil Ordinal, membres
des comices régionaux et émissaires des Escholes de Médecine.
Il est aujourd'hui impossible de dire exactement la somme d'énergie
et d'efforts que fournirent les gens de médecine pour participer
à la naissance de cette ère nouvelle et le nombre de guide-ânes
qui fut publié mais on doit reconnaître que beaucoup ignorèrent
la maxime de Vauvenargues : la science des projets consiste à
prévenir les difficultés de l'exécution !
Le système des gratifications devait être appliqué
au premier jour de l'an de grâce 1997 mais la complexité
de sa mise en place et les impédimenta qui l'accompagnèrent
firent prendre un retard difficilement rattrapable.
Alors, s'installa une période dite transitoire qui, par rapport
à l'éternité, ne dura qu'un tout petit peu moins.
Les promesses étaient faites, les discussions presque achevées,
les aréopages constituants prêts à accréditer,
quand on s'aperçut que le Contrôleur Général
des Fermes Royales avait omis de prévoir dans sa cassette les écus
nécessaires et suffisants au fonctionnement de cette superbe machine.
Un brave laboureur aurait dit, mais on ne lui demanda pas, qu'on avait
mis la charrue avant les bufs... Certains iconoclastes ajoutèrent
qu'on avait joué au pet-en-gueule et au broche-en-cul pour rien,
et que la montagne avait accouché d'une vesse...
Des
divergences et des quérulences affligeantes
Pendant ce temps des négociations tout aussi remarquables s'ouvrirent
pour renouveler d'anciens traités et des chartes sur l'exercice
des gens de médecine. Après de longues et âpres discussions,
apparurent de fortes divergences et de vives quérulences s'élevèrent
entre les syndics des guildes de la médecine de l'Entier et de
celle des Organes. Les uns signèrent les conventions sanitaires
royales voulant montrer par là leur emprise et leur ascendance,
les autres refusèrent, voulant obvier à de castastrophiques
conséquences. Tous furent d'accord pour proclamer dans leurs propos
catilinaires qu'ils défendaient la santé de leurs patients
et la qualité de leurs uvres.
Sans aller jusqu'à l'ordalie, cette guerre fratricide et mortifiante
fit l'objet de moult railleries et gausseries de la part des gens de l'administration
palatine et de la surintendance sanitaire qui avaient saisi très
vite l'intérêt du dicton : diviser pour mieux régner.
L'affreuse dispute culmina lors du partage de certains subsides de formation,
déjà promis. Les représentants des guildes échangèrent
en place publique maints propos comminatoires, voire injurieux, se traitant
d'aigrefin, de margoulin, de fesse-mathieu, de farfadet, d'énergumène,
de sycophante, de caudataire et flagorneur..., et s'accusant réciproquement
de concussions, subreptions, coercition, simonisme, exactions comptables,
racolages délictueux, pantalonnades grotesques. Il est des injures
qu'il faut dissimuler pour ne pas compromettre son honneur, leur répétait
en vain Vauvenargues...
Une étourdissante
surprise
Mais tout cela ne fut que péripétie à côté
du tremblement de terre qui bouleversa le royaume au printemps 1997 et
auprès duquel celui qui entraîna le grand incendie de Lisbonne
ne fut qu'éternuement malencontreux. Le drame survint quand le
Grand Nautonier fut remercié par sa très Gracieuse majesté
qui, après avoir dissous pour d'obscures déraisons de cour
et ne pouvant rescinder de par la volonté du peuple, fut obligée
bien tristement de procéder à un changement de sérail.
Comme disait alors Montesquieu : c'est une expérience éternelle
que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser.
Les promesses rendant les fous joyeux et n'engageant que ceux qui les
croient, il fut dit très clairement, pendant la fête des
bateleurs qui suivit cette fâcheuse dissolution, par celui qui allait
être un inattendu successeur et par ses prosélytes, qu'en
matière de réforme médicale, tout devait être
revu, que l'esprit des édits était déplorable, qu'il
devait être grandement modifié, qu'il n'était que
justice de rendre raison au bon sens des gens de cette noble et respectable
corporation et que des états généraux devaient être
envisagés sans attendre, pour tirer les gens de santé d'une
aussi méchante ornière ! On ne pouvait condamner d'honnêtes
gens aux galères sous le prétexte que quelques larrons travaillaient
dans leur communauté...
La
suite sans fin... ou la fin sans suite ?
Ces prolégomènes furent exposés à grand renfort
de commentaires sur les estrades publiques et dans les gazettes et furent
repris en chur par tous les bateleurs qui uvraient sur le
pont Neuf ou dans les lucarnes cathodiques. Alors émoustillés
par ces séraphiques promesses, les braves gens de médecine
nourrirent quelques espoirs de voir amender quelques malencontreux édits
qui, à leurs yeux, pénalisaient la vertu et favorisaient
le vice, oubliant ce qu'avait dit Vauvenargues : l'on promet beaucoup
pour se dispenser de donner peu. Effectivement, une fois nommé,
le nouveau Grand Nautonier, qui avait d'autres chats à fouetter,
s'empressa de
déclarer que, sur ce point, il fallait agir avec sérénité,
sans se presser, sous-entendant ainsi qu'il était urgent de ne
rien faire et de ne rien changer, pendant un certain temps.
Ainsi fut fait et les choses perdurèrent dans l'attentisme le
plus démotivant, la procrastination la plus obstinée et
la velléité la plus désinvolte que certains naïfs,
pleins de longanimité et toujours heureux de recevoir clystères,
voulaient considérer comme réflexions approfondies. Les
détestables édits, que le nouveau Grand Nautonier trouvait
si méphitiques, abominables, répugnants, en un mot insupportables,
quand il n'était pas aux Affaires, furent donc maintenus et, comme
disait Monsieur Voltaire, tout continua à aller pour le mieux
dans le meilleur des mondes...
CONCLUSION
Notes de lecture
Alacrité : enjouement, entrain. Aménité :
amabilité. Archiatre : premier médecin, médecin
en chef. Anachorète : ascète qui vit seul, retiré
du monde. Archonte : magistrat principal des cités
grecques. Aristarque : il s'agit d'un grammairien et critique
sévère d'Alexandrie (v. 215-143 av. J.-C.). Par analogie :
critique exigeant. Caudataire : individu flattant servilement
ses supérieurs. Cénobite : religieux qui vit
en communauté. Clepsydre : horloge à eau du
monde antique. Érémitique : qui mène
une vie solitaire. Éristique : art de la controverse.
Guid'âne ou plus exactement guide-âne :
livre détaillant les règles à suivre pour un travail.
Hiérophante : grand prêtre grec chargé
d'enseigner les choses sacrées aux initiés. Incipit :
verbe latin, signifiant : il commence, désignait les premiers
mots d'un livre ou premières notes d'une composition musicale.
Longanimité : indulgence sans borne confinant au masochisme.
Monition : avertissement (ecclésiastique) précédant
une censure ou une excommunication. Ordalie : épreuve
judiciaire du Moyen Age nommée aussi jugement de Dieu. Obvier :
parer à un danger, du latin obviare : aller à la rencontre.
Pélagianisme : doctrine hérétique de
la fin du IVe siècle mettant l'accent sur l'absence
de péché originel et la bonté naturelle de l'homme.
Phalanstère : lieu où vit une communauté.
Système préconisé par Charles Fourier (1772-1837).
Physiocrate : philosophe plaidant pour laisser faire la nature,
accorder à l'homme ce qu'il acquiert librement par son travail,
lui assurer la liberté et la propriété. Portulan :
carte ancienne de navigation maritime. Prosélyte :
disciple, personne convaincue par une doctrine. Procrastination :
tendance consistant à tout ajourner. Ratiociner : raisonner.
Récipe : (s'écrit aussi RX) abréviation
latine qui était placée après une ordonnance et signifiait :
reçois. Subreption : utilisation de moyens malhonnêtes
pour arriver à ses fins. Velléité : intention
peu affirmée de faire quelque chose. Vesse : vent malodorant
qui sort sans bruit par le derrière. Vidimus : verbe
latin (nous avons vu), sceau apposé sur les actes juridiques par
le roi ou les juges royaux.
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