ARTICLE
Expression clinique
L'hémochromatose peut présenter de multiples facettes
selon les secteurs viscéraux et/ou métaboliques touchés.
On peut, schématiquement, distinguer les signes précoces
et les signes tardifs. Il convient aussi de prendre en compte divers facteurs
susceptibles de moduler cette expression [1].
Les signes précoces
Ils correspondent aux atteintes générale, cutanéo-phanérienne
et ostéo-articulaire.
* L'atteinte générale est très fréquente,
en sorte que toute asthénie chronique inexpliquée doit faire
rechercher une hémochromatose.
* Les signes cutanéo-phanériens. Une mélanodermie
(aspect bronzé) est fréquemment observée, surtout
au niveau des zones d'exposition solaire, des mamelons, des organes génitaux
et des cicatrices. Elle n'existe pas chez les patients roux. Les autres
signes possibles sont l'ichtyose, un aspect plat, voire incurvé
des ongles (koïlonychie), et une diminution globale de la pilosité.
* L'atteinte ostéo-articulaire. L'arthropathie est une
manifestation commune de l'hémochromatose, volontiers révélatrice
et souvent cause d'égarement diagnostique. Cliniquement, l'atteinte
la plus caractéristique est une arthrite chronique touchant les
deuxième et troisième métacarpophalangiennes dont
la traduction clinique est « une poignée de main douloureuse
», signe hautement suggestif de la maladie. Les articulations interphalangiennes
proximales peuvent être affectées aussi bien que les genoux,
les poignets ou les hanches. Les patients peuvent également présenter
des crises aiguës de pseudo-goutte en rapport avec une arthropathie
au pyrophosphate. Radiologiquement, les signes les plus fréquents
sont l'arthropathie sous-chondrale (pincement articulaire, sclérose
et formation de kystes sous-chondraux) et la chondrocalcinose, notamment
au niveau des genoux. La déminéralisation osseuse par ostéoporose
est fréquente, surtout chez la femme après la ménopause.
Les signes tardifs
Ils correspondent aux atteintes hépatique, cardiaque et endocrinienne
qui témoignent, en règle, d'une surcharge importante responsable
de dommages viscéraux.
* L'atteinte hépatique [2]. Le foie peut être considérablement
augmenté de volume, principalement son lobe gauche. Il apparaît
ferme à la palpation avec un bord inférieur tranchant. L'hépatomégalie
est rarement associée à des symptômes cliniques de
dysfonctionnement, telle une hypertension portale et/ou une insuffisance
hépatocellulaire. La biologie fonctionnelle hépatique est
le plus souvent normale, à l'exception d'une discrète augmentation
des aminotransférases (en règle inférieure à
trois fois la limite supérieure de la normale). La complication
majeure de la maladie hépatique est le développement d'un
carcinome hépatocellulaire, dont les principaux facteurs de risque
sont l'existence d'une cirrhose, le sexe masculin et l'âge supérieur
à 50 ans. En cas de cirrhose constituée, le risque de cancer
persiste malgré le traitement déplétif.
* L'atteinte endocrinienne. Le diabète est une complication
rarement révélatrice de l'hémochromatose. Il nécessite
souvent le recours à l'insuline. Les autres désordres endocriniens
sont dominés par l'hypogonadisme hypogonadotrope. Chez l'homme,
il s'agit d'une diminution de la libido, d'une impuissance et d'une atrophie
testiculaire, chez la femme classiquement d'une ménopause précoce
mais qui n'est plus retrouvée dans les études récentes.
* L'atteinte cardiaque est le plus souvent infra-clinique, s'exprimant
par des anomalies à l'ECG (aplatissement, voire inversion des ondes
T) et/ou échocardiographiques (cardiomyopathie de type dilaté).
Lorsqu'elle est clinique, il s'agit surtout de troubles du rythme et,
au maximum, d'une insuffisance cardiaque congestive dont la survenue peut
être précipitée par la prise de vitamine C.
Les facteurs modulateurs
d'expression
Ils sont divers.
* Facteurs génétiques propres à l'individu.
L'expression, c'est-à-dire la pénétrance de l'homozygotie
hémochromatosique, n'est que partielle. Il est en effet de plus
en plus établi que des sujets homozygotes pour cette mutation peuvent
ne pas développer d'excès en fer cliniquement problématique
tout au long de leur vie. Ainsi, dans notre récente série
[3], 9 % des frères ou surs HFE identiques aux probants (C282Y+/+)
n'exprimaient pas de profil clinico-biologique d'homozygotie et ce en
l'absence de facteurs susceptibles de minorer cette expression (tels des
dons de sang ou l'âge jeune). Un travail australien [4] conclut
que 17,3 % des sujets homozygotes pour C282Y n'expriment pas de surcharge
en fer caractéristique de l'homozygotie.
* Facteurs liés au sexe. Il est classique de dire que
le sexe féminin protège de la maladie (règles, grossesses,
lactation). En fait, si en moyenne les femmes sont en effet deux fois
moins surchargées que les hommes, certaines femmes présentent
des surcharges massives, aussi marquées que celles des hommes les
plus surchargés, et ce, même avant la ménopause. Les
signes les plus fréquents chez les femmes sont l'asthénie
et l'arthropathie [5].
* Facteurs nutritionnels. Diverses habitudes alimentaires peuvent
modifier l'expression de l'hémochromatose, soit dans le sens d'une
atténuation (forte consommation de thé ou de café,
régime végétarien), soit dans celui d'une accentuation
(forte consommation de viande). L'alcoolisme aggrave l'expression phénotypique
en majorant les anomalies biologiques (hyperferritinémie, hypertransaminasémie)
et les lésions viscérales (accroissement du risque de cirrhose
[6]).
* Facteurs thérapeutiques. La consommation prolongée
de comprimés de fer ou de vitamine C à forte dose (pour
combattre l'asthénie...) peut aggraver la maladie. À l'inverse,
des dons de sang multiples peuvent minorer l'expression de l'hémochromatose.
La démarche diagnostique
La découverte du gène HFE [7] a bouleversé l'approche
diagnostique de l'hémochromatose qui, chez un sujet donné,
doit se concevoir en cinq étapes [8].
1. Penser à la possibilité d'une
hémochromatose
Cette évocation est aisée face au tableau historique de
l'homme d'âge moyen présentant une mélanodermie, une
cirrhose, un diabète, une insuffisance gonadique, voire une atteinte
cardiaque, mais il s'agit là d'une situation déjà
« dépassée » sur le plan pronostique. L'important
est en fait d'évoquer l'affection devant bien d'autres symptômes
chroniques tels qu'une asthénie, des arthralgies, une hypertransaminasémie
modérée, et ce chez la femme comme chez l'homme, adulte
jeune ou âgé(e) [9] : bref, une présentation très
interniste...
2. Affirmer des anomalies biologiques sériques
du métabolisme du fer et détecter une augmentation de la
saturation de la transferrine
Les trois principaux paramètres sériques de charge en
fer doivent être recherchés, et interprétés
en connaissance de leurs intérêts et de leurs limites [10].
* Fer sérique. Son taux est normalement de l'ordre de
20 µmol/l, légèrement plus élevé chez
l'homme que chez la femme. Il est souvent supérieur à 30
en cas de surcharge en fer prononcée. Son interprétation
est délicate. Il existe une variabilité circadienne (avec
des taux plus élevés le matin que le soir). De plus, l'ingestion
de fer majore la sidérémie. C'est pourquoi le prélèvement
sanguin doit idéalement se faire le matin et à jeun. Divers
facteurs peuvent modifier la sidérémie indépendamment
de toute variation de la charge en fer. Ainsi, l'inflammation diminue
le taux de fer alors que la cytolyse hépatique le majore. En pratique,
la variabilité de ce paramètre jointe à son manque
de sensibilité dans l'hémochromatose en limite beaucoup
l'intérêt clinique et sa véritable utilité
est de permettre la détermination du taux de saturation de la transferrine.
* Saturation de la transferrine (ST). Sa détermination
peut faire appel à deux méthodes principales : 1) le dosage
de la capacité totale de fixation du fer
(CTF) qui s'obtient en divisant le fer sérique par la CTF et en
multipliant le résultat par 100 ; 2) la mesure directe de la transferrine
par dosage immunologique avec déduction secondaire de la ST. Cette
technique, plus simple, est devenue la méthode de choix. Le coefficient
de saturation de la transferrine est normalement de 30-40 %. Son interprétation
doit prendre en compte les mêmes facteurs que ceux susceptibles
d'influer sur la sidérémie. Mais dans le cadre du diagnostic
phénotypique d'hémochromatose, il s'agit du paramètre
biochimique le plus sensible. Ainsi que l'ont montré Edwards et
al. [11], la ST est habituellement supérieure à 60 %
chez l'homme et à 50 % chez la femme. En outre, la transferrine
reste hautement saturée tout au long du nycthémère.
Un certain chevauchement des valeurs avec l'hétérozygotie
a été rapporté [12] (taux au-dessus de la moyenne
+ 2 déviations standard chez 18 % des hommes et 11 % des femmes
hétérozygotes), mais ces résultats doivent être
reconsidérés à la lumière d'une part de la
notion d'hétérozygotie composite (sujets C282Y+/
et H63D+/, chez lesquels la saturation de la transferrine
peut être élevée [13]), d'autre part des données
récentes basées sur l'étude de 137 hétérozygotes
(identifiés par le test HFE) qui n'a pas confirmé ces résultats
[14]. De plus, en cas de surcharge en fer massive, la ST (de même
que la sidérémie) peut être minorée du fait
du développement d'une carence en vitamine C (liée à
une oxydation par le fer de la vitamine C [15]).
* Ferritine. La fourchette des valeurs normales est de 10-300
µg/l. Ses taux sont un peu plus élevés chez l'homme
que chez la femme, mais il n'y a pas de cycle nycthéméral
de la ferritinémie. Une étude portant sur 10 centres américains
[16] a montré que, chez l'homme, la ferritinémie atteignait
un plateau de 120 à partir de 32 ans. Chez la femme, son taux se
situe vers 30 jusqu'à la ménopause, puis augmente vers 80
µg/l. Dans l'hémochromatose, la ferritinémie peut présenter
plusieurs profils : 1) Elle peut être normale. Tel est le cas lorsque
l'excès en fer est modéré, de sorte qu'en pratique
sa seule normalité ne doit pas faire écarter le diagnostic.
En outre, il importe de considérer comme étant possiblement
augmentées des concentrations qui se situent à la limite
supérieure de la normale, sachant notamment la large étendue
des fourchettes de normalité fournies par les laboratoires. 2)
Lorsqu'elle est élevée, la ferritinémie reflète
un excès significatif de la concentration tissulaire en fer. 3)
Sa concentration peut être diminuée par une déficience
en vitamine C [17]. 4) La ferritinémie lors de l'hétérozygotie
est diversement évaluée : ainsi, dans la série de
Bulaj et al. [12], elle dépassait la limite supérieure
de la normale chez 20 % des hommes et 8 % des femmes, mais ces résultats
ne sont pas retrouvés dans l'étude de Moirand et al.
[14] où, lorsqu'il y a élévation, un cofacteur de
surcharge en fer (terrain dysmétabolique et/ou alcoolisme) est
habituellement retrouvé. Hors de l'hémochromatose, une hyperferritinémie
peut être observée dans les surcharges en fer secondaires
(en particulier d'origine transfusionnelle ou par hépatosidérose
dysmétabolique [18]), en cas de syndrome inflammatoire, de cytolyse
hépatique ou d'alcoolisme [19].
En résumé, la saturation de la transferrine est le
meilleur marqueur du fer reflétant l'existence d'une hémochromatose.
La ferritinémie reflète le degré de surcharge en
fer et, en conséquence, peut être normale lorsque l'hémochromatose
est faiblement surchargée.
3. Affirmer l'hémochromatose
et quantifier la surcharge
La voie classique, qu'il convient de rappeler, car elle conserve des
indications, est désormais supplantée par la voie nouvelle
basée sur le test génétique.
* La voie classique
Elle reposait sur la ponction-biopsie hépatique [20]. Celle-ci
confirmait l'existence d'une surcharge en fer, en précisait la
distribution hépatocytaire et périportale et permettait
une quantification de cet excès sidérique rapportée
à l'âge. Cette quantification faisait appel à deux
paramètres : le rapport de la concentration hépatique en
fer (CHF) sur l'âge et/ou le rapport du fer histologique (score
histologique total) sur l'âge [21]. En cas de valeurs supérieures
respectivement à 2 et 0,2, et après avoir éliminé
une surcharge secondaire, notamment par transfusions et/ou par hépatosidérose
dysmétabolique [18], le diagnostic d'homozygotie hémochromatosique
était hautement probable.
* La voie nouvelle
Elle fait intervenir, après confirmation d'une augmentation de
la saturation de la transferrine, la recherche sur simple prélèvement
sanguin de la mutation C282Y (figure
1). Trois cas de figure peuvent dès lors être envisagés.
La recherche de la mutation C282Y est positive à l'état
homozygote (C282Y+/+) : l'homozygotie hémochromatosique
est affirmée. La question est alors d'évaluer le degré
de surcharge en fer : à côté des informations de nature
clinique, cette évaluation se base surtout sur le niveau d'hyperferritinémie.
Ce paramètre biologique est en effet bien corrélé
au degré d'excès en fer et, partant, au risque de complications
viscérales, notamment de type fibrose hépatique. Et ce n'est
que lorsque l'intensité de la surcharge en fer fait craindre un
tel retentissement hépatique qu'il devient justifié de réaliser
une ponction-biopsie hépatique (PBH). On voit donc que le changement
radical de stratégie diagnostique qui découle de la découverte
génétique est que la PBH n'est plus pratiquée, chez
un sujet C282Y+/+, que dans une optique pronostique.
Deux remarques complémentaires : 1) Les critères clinico-biologiques
permettant de décider de faire ou non une PBH ont été
récemment précisés par notre équipe. Ainsi,
en l'absence d'hépatomégalie, de cytolyse (ASAT normales)
et sous réserve que la ferritinémie soit inférieure
à 1 000, la PBH n'a aucune indication car le risque de cirrhose
(ou de fibrose en pont) est nul [22]. En revanche, quand ces trois conditions
ne sont pas réunies, il est impératif de réaliser
une PBH car une cirrhose (ou une fibrose en pont) est alors présente
dans plus de la moitié des cas. De plus, la PBH permet de rechercher
des nodules dépourvus de fer qui, au sein d'un foie fibreux, ont
valeur de lésions prénéoplasiques [23]. 2) La
place de l'IRM hépatique. Il s'agit d'un examen précieux
car il permet de « visualiser » la surcharge (le fer induisant
un hyposignal en T2). De plus, l'IRM permet de déterminer une concentration
hépatique en fer-IRM [24] qui, dans la fourchette de 40 à
300 µmol/g, est très bien corrélée à
la concentration hépatique en fer déterminée par
analyse biochimique du bloc biopsique (N < 36 µmol/g de foie sec)
[25]. Le recours à l'IRM nécessite toutefois un étalonnage
spécifique pour l'étude de la charge en fer.
La recherche de la mutation C282Y est positive à l'état
hétérozygote : l'hétérozygotie hémochromatosique
est affirmée. Cette hétérozygotie n'entraînant
jamais de surcharge en fer marquée, il convient alors de rechercher
des cofacteurs d'excès en fer (alcoolisme, hépatosidérose
dysmétabolique, porphyrie cutanée tardive, consommation
orale, etc.). La recherche complémentaire de la mutation H63D permettrait
d'identifier le profil particulier de « l'hétérozygotie
composite » (C282Y+/ et H63D+/)
au cours duquel l'excès en fer pourrait être significatif
[13]. L'intérêt pratique d'une telle recherche apparaît
toutefois discutable.
La recherche de la mutation C282Y est négative :
le diagnostic d'hémochromatose liée au gène HFE peut
être écarté. Deux possibilités diagnostiques
sont alors envisageables : 1) Une hémochromatose non liée
au gène HFE. Il s'agit d'une situation marquée par un
tableau phénotypique très évocateur d'hémochromatose
alors que la mutation C282Y est absente. De tels cas sont observés
dans toutes les séries, certes le plus souvent avec une très
faible fréquence (moins de 4 % dans notre dernière série),
mais parfois de manière bien plus importante (respectivement 21
% et 34 % dans une série du Sud de la France [26] et une série
italienne [27]). Il est possible que l'hétérogénéité
des critères classiques d'hémochromatose intervienne dans
cette variabilité, mais on ne peut à ce jour écarter
des surcharges en fer non liées à HFE et peut-être
génétiques. 2) Le cadre des surcharges en fer non hémochromatosiques
[28].
C'est dire qu'il convient de rester « clinicien » et qu'en
pratique, devant toute suspicion clinico-biologique de surcharge en fer,
il faut envisager le recours à un contrôle histologique hépatique
à visée diagnostique dès lors que le test
génétique ne montre pas d'homozygotie C282Y. La décision
de PBH sera fonction des données fournies par la recherche des
autres syndromes de surcharge en fer.
4. Évaluer le
retentissement de la surcharge
Le problème du retentissement hépatique a déjà
été évoqué ci-dessus. Précisons que
les trois points essentiels de ce bilan sont la recherche d'une hypertransaminasémie,
celle d'une cirrhose et, en cas de cirrhose, la recherche de signes faisant
craindre un carcinome hépatocellulaire : nodules dépourvus
de fer, élévation du taux d'*-fto-protéine,
lésion en foyer détecté en imagerie avec mention
toute particulière de l'intérêt diagnostique de l'IRM.
En effet, un nodule néoplasique étant dépourvu de
fer, il apparaîtra en IRM comme un foyer « blanc » d'hypersignal
relatif par rapport au reste du parenchyme hépatique « noirci
» par le fer responsable d'un hyposignal [29].
Les autres éléments du bilan de retentissement sont la
recherche d'un diabète, d'une atteinte ostéo-articulaire
(radiographies, voire densitométrie), d'un hypogonadisme chez l'homme
(testostéronémie) et d'une cardiomyopathie (électrocardiogramme,
éventuellement complété d'une échocardiographie).
5. Prendre en compte des facteurs susceptibles
de moduler l'expression de l'hémochromatose
Ces facteurs sont de nature génétique, liée au
sexe, nutritionnelle ou thérapeutique (cf. supra).
CONCLUSION L'hémochromatose
illustre remarquablement un domaine pathologique qui a bénéficié
en un temps record de retombées cliniques majeures d'une découverte
fondamentale de génétique moléculaire. On ne peut manquer
de relever le paradoxe de cette maladie qui, tout en demeurant « molièresque
» dans sa thérapeutique, est devenue « moléculaire
» dans son diagnostic.REFERENCES
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