ARTICLE
Méthodologie
Un groupe d'oncobiologistes mis en place par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) a revu les données
scientifiques disponibles sur les marqueurs tumoraux sériques des
cancers de la thyroïde. Après sélection et analyse
critique des articles, ce groupe a proposé des « Standards
» et des « Options ». Des recommandations sur la place
de ces marqueurs, fondées sur des preuves scientifiques ou sur
un consensus des experts, ont également été élaborées.
Ce document a été ensuite revu par des experts indépendants.
La date de validation de ces Standards, Options et Recommandations est
février 2001. Une mise à jour est prévue en fonction
de nouvelles données scientifiques ou de nouveaux accords d'experts.
Définitions
La définition des Standards, Options et Recommandations, accompagnés
du niveau de preuve, repose sur les meilleures preuves scientifiques disponibles
au moment de leur rédaction (Best available evidence), pouvant
être selon le sujet des méta-analyses, essais randomisés
ou études non randomisées. Lorsque les preuves scientifiques
font défaut pour un point particulier, le jugement est basé
sur l'expérience professionnelle et le consensus du groupe d'experts
(« accord d'experts »).
* Standards : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, à l'unanimité.
* Options : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, par la majorité. Les
options sont toujours accompagnées de recommandations.
* Recommandations : elles ont pour but, lorsqu'il existe
plusieurs options, de hiérarchiser ces options en fonction du niveau
de preuve. Les recommandations permettent également aux experts
d'exprimer des jugements et des choix concernant notamment des situations
d'exception et indications spécifiques ainsi que l'inclusion des
patients dans des essais thérapeutiques.
Le niveau de preuve est fonction du type et de la qualité
des études disponibles ainsi que de la cohérence ou non
de leurs résultats ; il est explicitement spécifié
pour chacune des méthodes/interventions considérées
en utilisant la classification suivante :
- Niveau A : il existe une (des) méta-analyse(s) «
de bonne qualité » ou plusieurs essais randomisés «
de bonne qualité » dont les résultats sont cohérents.
- Niveau B : il existe des preuves « de qualité correcte
» : essais randomisés (B1) ou études prospectives ou
rétrospectives (B2). Les résultats de ces études
sont cohérents dans l'ensemble.
- Niveau C : les études disponibles sont critiquables
d'un point de vue méthodologique ou leurs résultats ne sont
pas cohérents dans l'ensemble.
- Niveau D : il n'existe pas de données ou seulement des
séries de cas.
- Accord d'experts : il n'existe pas de données pour la
méthode concernée mais l'ensemble des experts est unanime.
NB : pour plus de détails, cf. Méthodologie de développement
des SOR [40].
Les SOR sont une uvre collective créée par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC), et protégée
par les dispositions du Code de la propriété intellectuelle.
La FNCLCC est par conséquent titulaire du droit d'auteur sur cette
uvre, et est donc notamment investie des droits patrimoniaux sur
les SOR. La FNCLCC peut seule décider de l'existence et des modalités
de reproduction, publication, traduction ou diffusion des SOR.
Introduction
La glande thyroïde contient deux types de cellules endocrines :
les thyrocytes, responsables de la synthèse des hormones thyroïdiennes
dont la prohormone est la thyroglobuline, et les cellules C responsables
de la synthèse et de la sécrétion de la calcitonine.
Les thyrocytes forment un épithélium refermé sur
lui-même en follicule renfermant la colloïde. Ils sont à
l'origine de cancers classés en deux grandes catégories,
les cancers vésiculaires et les cancers papillaires qui conservent
la capacité de synthétiser la thyroglobuline. Les cellules
C sont à l'origine des cancers médullaires dont l'une des
manifestations est une augmentation de la sécrétion de calcitonine
et la production d'antigène carcino-embryonnaire (ACE). Il existe
d'autres cancers thyroïdiens qui ne produisent ni thyroglobuline
ni calcitonine.
Le traitement des cancers de la thyroïde, différenciés
(papillaires ou vésiculaires) ou médullaires, bénéficie
de la contribution de marqueurs sériques qui constituent un élément
essentiel de la surveillance de ces cancers. En raison de sa grande spécificité
dans le cancer médullaire de la thyroïde, la calcitonine est
utilisée pour son diagnostic et également dans le dépistage
des formes familiales.
Le dosage de la thyroglobuline sérique présente des problèmes
analytiques difficiles liés à la complexité de la
molécule et aussi à l'existence fréquente d'anticorps
anti-thyroglobuline associés.
Objectifs
L'objectif de ce travail est, sur la base d'une revue systématique
des données scientifiques de la littérature et de l'accord
d'experts :
- de définir les caractéristiques (description, techniques
de dosage, valeurs seuils, causes d'élévation) des différents
marqueurs tumoraux des cancers thyroïdiens différenciés
et des cancers médullaires de la thyroïde ;
- de déterminer la place des marqueurs tumoraux dans la prise
en charge du patient porteur de cancer de la thyroïde ; les principales
questions posées concernent la place du dosage de la calcitonine,
de la thyroglobuline et de l'ACE dans le dépistage, le diagnostic
et la surveillance des cancers de la thyroïde.
Ces recommandations s'adressent aussi bien aux biologistes qu'aux cliniciens.
Cependant, ce document n'aborde pas les indications cliniques de l'utilisation
des marqueurs tumoraux. Celle-ci sera développée dans les
SOR pour la prise en charge des patients atteints de cancer de la thyroïde
(en cours d'élaboration). Il s'agit d'apporter au groupe multidisciplinaire
d'organe, seul habilité à jouer ce rôle, les données
biologiques permettant l'optimisation de la prise en charge des patients
atteints de cette maladie.
Méthodes
Stratégie de la recherche bibliographique
La recherche bibliographique a été conduite par interrogation
de la base de données Medline® sur la période
actualisée au 1er semestre 2001. Elle a été
limitée aux publications de langues française ou anglaise.
Les éditoriaux, les lettres et les cas rapportés ont été
éliminés de la stratégie de recherche. L'équation
de recherche est présentée en annexe 1.
Les mots-clés utilisés ont été les suivants
: thyroid-neoplasms combiné à tumor-markers-biological
ou thyroglobulin ou calcitonin ou carcinoembryonic antigen.
Cette recherche a été complétée par des
références bibliographiques personnelles du groupe de travail
et non obtenues par l'interrogation de Medline®.
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Annexe 1
Équation de recherche bibliographique
Medline®
1 exp thyroid neoplasms/ 6319
2 exp tumor markers, biological/ 30492
3 exp thyroglobulin/ 1184
4 exp CALCITONIN/ 1963
5 Carcinoembryonic Antigen/ 2395
6 2 or 3 or 4 or 5 33432
7 1 and 6 802
8 limit 7 to (human and abstracts and (english or french)) 626
9 Case Report/ 300610
10 8 not 9 512
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Critères de jugement des études
Un marqueur n'est utile pour le dépistage que s'il permet de
détecter la maladie à un stade curable chez les sujets asymptomatiques.
L'intérêt d'un marqueur pour le diagnostic et l'évaluation
de l'efficacité des traitements est fonction des valeurs de sensibilité,
de spécificité, des valeurs prédictives négative(s)
et positive(s). En cas d'intérêt potentiel, ces valeurs sont
comparées à celles de référence, à
savoir l'examen clinique et l'imagerie (cf. annexe 2
pour la définition des termes).
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Annexe 2
Définition des termes
Sensibilité : fréquence des résultats
positifs chez les sujets réellement malades = vrais positifs/(vrais
positifs + faux négatifs).
Spécificité : fréquence des résultats
négatifs chez des sujets réellement sains = vrais
négatifs/(vrais négatifs + faux positifs).
Valeur prédictive positive (VPP) : correspond à
la probabilité de maladie en cas de résultat positif.
Elle est déterminée par la proportion de sujets qui
présentent un résultat positif et qui sont effectivement
malades = vrais positifs/(vrais positifs + faux positifs).
Valeur prédictive négative (VPN) : correspond
à la probabilité d'être indemne de la maladie
en cas de résultat positif. Elle est déterminée
par la proportion de sujets qui présentent un résultat
négatif et qui sont effectivement non malades = vrais négatifs/(vrais
négatifs + faux négatifs).
Exactitude : pourcentage des résultats exacts sur
le nombre de tests effectués = (vrais positifs + vrais négatifs)/(vrais
positifs + faux positifs + vrais négatifs + faux négatifs).
Courbe ROC (receiver operating characteristic curves) :
ces courbes décrivent les variations de la sensibilité
en fonction de la spécificité.
Demi-vie apparente du marqueur (t1/2) : temps nécessaire
pour que la concentration sérique soit diminuée d'un
facteur 2 ; t1/2 = 0,693/a.
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Résultats
Résultats de la recherche bibliographique
Cent quarante-quatre références ont été
retenues dont environ 70 obtenues à partir de l'équation
de recherche sur Medline® (cf. annexe
1).
* Recommandations, conférences de consensus
La stratégie de recherche a permis d'identifier dans un premier
temps les recommandations pour la pratique clinique et les conférences
des consensus. Les documents retenus sont les suivants :
Recommandations internationales
- Society of Surgical Oncology : Practice guidelines : thyroid cancer
[123].
- American Association of Clinical Endocrinologists (AACE) (adresse
internet http://www.aace.com/clinguideindex.htm) [2] : AACE practical
guidelines for the management of thyroid carcinoma (1996).
- National Academy of Clinical Biochemistry (NACB)
(adresse internet http://www.nacb.org/Thyroid LPMG.htm) [84] : Laboratory
support for the diagnosis and monitoring of thyroid disease.
- Endocrine Education (adresse internet http://www.thyroidmanager.org)
[23] : The thyroid and its diseases.
Recommandations nationales
- Agence nationale pour l'accréditation et l'évaluation
en santé : (ANAES) (adresse internet http://www.anaes.fr) : Prise
en charge diagnostique du nodule thyroïdien [1].
- fédération nationale des centres de lutte contre le
cancer (FNCLCC) : Nous avons pris en considération les données
du document Standards, Options et Recommandations pour la prise en
charge des patients atteints de cancer de la thyroïde. Ce document
est en cours d'élaboration.
* Autres types d'études
Les autres types d'études disponibles sur ce sujet et pris en
considération sont :
- des études rétrospectives et des traités de cancérologie
français et anglo-saxons,
- les publications du GETC (Groupe d'étude des tumeurs à
calcitonine),
- la littérature scientifique sur la structure de la thyroglobuline
et de la calcitonine, et sur les dosages de la thyroglobuline et de la
calcitonine.
Cancers thyroïdiens différenciés
et thyroglobuline
* Structure de la thyroglobuline chez les sujets sains et les patients
porteurs de cancers thyroïdiens différenciés
La thyroglobuline humaine est une glycoprotéine iodée
de très grande taille (poids moléculaire 660 kDa, coefficient
de sédimentation 19 S). Son gène, situé sur le chromosome
8, a été cloné. Il comprend plus de 42 exons [9],
8 307 nucléotides codant 2 748 amino-acides [134]. La thyroglobuline
est le précurseur des hormones thyroïdiennes, elle est exclusivement
synthétisée dans les cellules folliculaires, où elle
représente 75 % des protéines totales [135]. La thyroglobuline
mature (19 S) comporte deux sous-unités identiques de 330 kDa,
associées par des liaisons non covalentes uniquement. Ces dernières
peuvent s'associer [tétramères (27 S), hexamères
(37 S)] grâce à des liaisons covalentes (ponts disulfures
et dityrosines) sous l'effet d'espèces réactives de l'oxygène
et aboutir à la formation d'agrégats retrouvés dans
la colloïde [26]. La thyroglobuline comporte 115 résidus de
tyrosine, sites potentiels d'iodation, dont 4 sont des sites majeurs (tyrosyls
5, 1290, 2553, 2746) [27, 30]. Le degré d'iodation de la thyroglobuline
est variable et dépend de la teneur alimentaire en iode, il est
de 0,2 à 1 % chez les sujets sains. L'iode est un facteur essentiel
dans la stabilisation de la conformation moléculaire de la thyroglobuline,
la stabilité augmente avec le degré d'iodation. Les sites
préférentiels d'iodation sont connus [137, 143], la réaction
d'iodation est contrôlée par la structure de la thyroglobuline
native. Cette glycoprotéine renferme 8 à 10 % d'oses (galactose,
mannose, fucose, N-acétylglucosamine et des résidus d'acide
sialique) [27, 71, 137]. La thyroglobuline est très immunogène,
les oses jouent un rôle très important dans l'antigénicité
de la molécule.
Chez le sujet sain, il existe plusieurs isoformes de thyroglobuline
de tailles différentes en raison d'un épissage alternatif
de son ARN messager. Quatre transcrits différents ont ainsi été
décrits dans la région centrale de la molécule [9].
Les degrés d'iodation et de glycosylation variant chez les sujets
normaux, cette hétérogénéité peut conduire
à masquer ou, au contraire, à exposer différents
épitopes.
Dans les cancers thyroïdiens différenciés, la thyroglobuline
est homogène sous sa forme dimérique 19 S [29], contrairement
aux autres pathologies thyroïdiennes [129]. Elle est peu ou pas iodée
et présente également des altérations de glycosylation
[122]. Une méthode, basée sur ces différences de
glycosylation se traduisant par des affinités différentes
vis-à-vis de plusieurs lectines, a été proposée
pour différencier la thyroglobuline provenant de tissus normaux,
d'adénomes ou de cancers [75].
* Cartographie épitopique de la thyroglobuline et auto-anticorps
anti-thyroglobuline
Étant donné la complexité de la structure de la
thyroglobuline et la fréquence d'auto-immunisation contre cette
glycoprotéine, de nombreux travaux ont étudié sa
cartographie épitopique, avec des résultats très
contrastés jusqu'à présent. Ruf [108] a décrit
6 groupes d'épitopes distincts regroupés dans des régions
antigéniques de la thyroglobuline. Malthiery [70] a décrit
au moins 7 épitopes différents dans la région centrale
immunodominante de la molécule, aucun ne correspondant aux sites
hormonogéniques.
Dong [28] a identifié 10 séquences primaires de la thyroglobuline
reconnues par immunisation hétérologue, mais aucune de ces
séquences n'est reconnue par les auto-anticorps de 10 patients
atteints de thyroïdite auto-immune. Erregragui [36] a développé
26 anticorps monoclonaux qui déterminent 11 régions antigéniques
à la surface de la thyroglobuline, dont 2 impliquées dans
le positionnement des tyrosines hormonogéniques et un autre épitope
au niveau du site d'interaction de la thyroglobuline avec son récepteur.
Ce dernier site serait, selon Erregragui [36], la région majeure
impliquée dans l'auto-immunité anti-thyroglobuline.
L'absence de consensus au niveau de l'inventaire des épitopes
de la thyroglobuline se retrouve également au sujet de la spécificité
ou de la non-spécificité des anticorps retrouvés
dans chaque grande catégorie de pathologies thyroïdiennes.
Des anticorps polyclonaux antithyroglobuline sont fréquemment
retrouvés (4 à 27 %, maximum observé de la série
de 140 sujets d'Ericsson) [35] chez les sujets indemnes de pathologie
thyroïdienne, si l'on utilise des techniques d'immuno-analyse quantitative
et non des tests d'hémagglutination, beaucoup moins sensibles et
unanimement déconseillés [35, 125]. La question de savoir
si les épitopes reconnus par les anticorps anti-thyroglobuline
des sujets normaux sont différents de ceux reconnus dans chaque
type de pathologie thyroïdienne, y compris les cancers, n'est pas
tranchée. Piechaczyk a décrit des épitopes propres
aux pathologies thyroïdiennes dans la région IV et surtout
II de la thyroglobuline [96]. Saboori a décrit trois fragments
tryptiques de 25, 20 et 15 kD non reconnus par les sérums de sujets
indemnes de pathologie thyroïdienne, le peptide de 25 kD n'étant
jamais reconnu par les sérums de patients porteurs de cancers thyroïdiens
[111]. Cette équipe a montré par ailleurs qu'un même
épitope peut appartenir à des fragments différents
de la molécule de thyroglobuline, et qu'il peut s'agir d'épitopes
conformationnels liés à la structure secondaire de la molécule
[112]. D'autres groupes n'ont pas mis en évidence d'épitopes
« pathologies-dépendants ». Pour Caturegli [17] les auto-anticorps
retrouvés dans les cancers thyroïdiens reconnaissent les régions
II, III et VI de la thyroglobuline, certaines d'entre elles étant
aussi reconnues à des degrés divers dans les thyroïdites
auto-immunes. Pour Ruf [109] et Haapala [50] la différence se situe
essentiellement au niveau de l'avidité et des titres en anticorps,
qui sont significativement plus élevés en cas de cancer
thyroïdien. Des anticorps capables de réagir à la fois
avec la thyroglobuline et la thyroperoxydase ont été également
décrits et leur prévalence étudiée dans une
série multicentrique [37].
Dans les cancers thyroïdiens, la fréquence avec laquelle
sont retrouvés des anticorps anti-thyroglobuline est variable d'une
série à l'autre (de 9 à 30 %), principalement à
cause des différences entre les méthodes de dosage des anticorps
anti-thyroglobuline. Cependant, les fréquences et les concentrations
moyennes en anticorps sont nettement plus élevées que chez
les sujets normaux, trois fois plus selon Spencer [37, 61, 106, 127, 133].
En fait, les comparaisons entre les séries cliniques sont difficiles
en raison de l'absence de standardisation des dosages (le calibrateur
MRC 65/93 n'est pas d'utilisation générale et la composition
des calibrateurs secondaires est hétérogène), et
de la grande variabilité antigénique de la thyroglobuline
[39].
Sur le plan physiopathologique, le travail du groupe de Pinchera [72]
a suggéré que l'absence de thyroglobuline dans les sérums
de patients ayant développé des auto-anticorps n'était
peut-être pas un artefact d'origine technique mais une conséquence
de la formation d'immuns-complexes rapidement éliminés de
la circulation générale, ainsi qu'il a pu être montré
chez le lapin atteint de thyroïdite expérimentale. Cette hypothèse
n'a pas été vérifiée depuis.
* Demi-vie de la thyroglobuline
La demi-vie de la thyroglobuline humaine calculée avec des dosages
immunoradiométriques (Irma) chez 11 patients thyroïdectomisés
est de 65,2 ± 4,3 heures [57]. Pour ces auteurs, il faut attendre
un minimum de 25 jours avant de voir les concentrations sériques
de thyroglobuline se normaliser.
* Problèmes techniques rencontrés dans le dosage de
la thyroglobuline
Modalités du dosage
Le dosage de la thyroglobuline s'effectue sur sérum ou sur plasma.
La thyroglobuline est stable plusieurs jours à 4 °C, mais
il est nécessaire de congeler les échantillons à
- 20 °C si les dosages sont différés. Contrairement
à d'autres marqueurs tumoraux, ni le GBEA (Guide de bonne exécution
des analyses), ni la nomenclature des actes de biologie médicale
ne recommandent de conserver congelés les prélèvements
de chaque patient en vue d'un re-dosage ultérieur. Cette pratique
est pourtant recommandée en raison des difficultés rencontrées
dans ce type de dosage. Il est également nécessaire de rappeler
qu'un patient doit être biologiquement suivi avec la même
technique tout au long de l'évolution de sa maladie en raison des
différences liées aux techniques.
Le dosage de la thyroglobuline a également été
décrit dans les liquides de ponction [92, 113].
Les difficultés rencontrées dans le dosage de la thyroglobuline
sont de plusieurs ordres.
Différences de motifs antigéniques
Des variations dans le degré de reconnaissance par les anticorps
anti-thyroglobuline peuvent provenir des différences de motifs
antigéniques de la thyroglobuline des cancers thyroïdiens
plutôt que de ses formes moléculaires (dimère 19 S
homogène) [29]. L'absence de calibration par rapport au standard
CRM-457 [38] est à regretter pour beaucoup de trousses de dosage.
L'utilisation du standard CRM-457 permet de réduire considérablement
la variabilité entre techniques mais ne l'abolit pas complètement,
les variations résiduelles étant encore de l'ordre de 30
% [125].
Limite de détection
D'autres problèmes tiennent à des limites de détection
encore trop élevées, à la base de « faux négatifs
» retardant le diagnostic de récidive. Ces limites sont définies,
en l'absence de calibration univoque, comme la plus petite valeur pouvant
être mesurée avec un coefficient de variation inter-séries
de 20 % (sensibilité fonctionnelle), ce qui rappelle également
la nécessité de contrôler la stabilité des
résultats fournis par une même trousse au cours du temps.
L'effet crochet
L'effet crochet (concentration mesurée faussement abaissée
par suite de la saturation d'un ou des deux anticorps) n'est pas exceptionnel
pour des concentrations de thyroglobuline dépassant 2 000 mug.l-
1, mais il s'observe en général dans une population
de patients suivis de longue date pour lesquels l'évolution métastatique
est connue [125]. Cet effet est circonvenu en utilisant des techniques
en deux étapes avec lavages et en pratiquant des dilutions sériées
de l'échantillon. Les tests de récupération permettent
de déceler cet effet [13].
Auto-anticorps anti-thyroglobuline
Les problèmes les plus importants tiennent à l'interférence
des auto-anticorps anti-thyroglobuline présents dans beaucoup de
sérums de patients atteints de cancers thyroïdiens différenciés.
La validation d'un dosage de thyroglobuline suppose donc de pouvoir déterminer
si le résultat est susceptible d'être perturbé par
ces auto-anticorps.
Ces anticorps sont polyclonaux et d'affinité variable pour la
thyroglobuline. Le temps nécessaire pour atteindre l'équilibre
de liaison avec l'antigène est de plusieurs jours [29].
Les perturbations induites par la présence d'anticorps anti-thyroglobuline
dépendent de la technique employée : schématiquement,
on observe une surévaluation de la thyroglobuline avec les techniques
radio-immunologiques, qui ne sont plus guère utilisées à
l'heure actuelle, et une sous-évaluation avec les techniques non
compétitives de type immunométriques [115]. En fait, le
sens de la variation induite dépend de beaucoup de facteurs [125]
: affinité du ou des anticorps primaires du dosage pour la thyroglobuline
libre et complexée, spécificité du second anticorps,
volume de sérum utilisé dans l'incubation et caractéristiques
des auto-anticorps.
Il existe plusieurs méthodes quantitatives de dosage des anticorps
anti-thyroglobuline. Certaines sont calibrées par rapport au standard
MRC 65/93 ; elles diffèrent quant à leurs sensibilités
et spécificités et aucune d'entre elles ne peut garantir
de reconnaître toutes les catégories possibles d'auto-anticorps
[13, 38, 125]. L'influence de concentrations élevées de
thyroglobuline dans le sérum de certains patients sur les dosages
d'anticorps anti-thyroglobuline a été signalée [81].
Il n'existe pas de valeur seuil en anticorps prédictive d'interférence
dans les dosages de thyroglobuline, mais celle-ci peut s'observer même
en présence de faibles concentrations en anticorps [84, 125]. La
seule recommandation qu'il est possible de faire actuellement est d'utiliser
la méthode de mesure des anticorps anti-thyroglobuline la plus
sensible possible, avec un coefficient de variation inter-séries
ne dépassant pas 10 %, et des dosages sériés au cours
de la surveillance des cancers thyroïdiens.
Il a été proposé d'évaluer le degré
d'interférence dû aux auto-anticorps anti-thyroglobuline
dans le dosage de la thyroglobuline en surchargeant chaque sérum
avec une concentration connue de thyroglobuline et en calculant les pourcentages
de récupération de la thyroglobuline exogène. Ce
test, tel qu'il est décrit dans certaines trousses de dosage, souffre
de plusieurs critiques importantes [29, 125-127]. La nature et donc l'immunogénicité
de la thyroglobuline exogène utilisée ne peuvent pas être
contrôlées, en raison des multiples isoformes possibles dans
les sérums des patients. Les conditions d'incubation ne tiennent
pas compte du temps nécessaire (minimum 24-48 h) pour atteindre
l'équilibre de liaison avec les auto-anticorps [29]. La concentration
de thyroglobuline ajoutée voisine de 50 mug.l- 1 est
en général beaucoup plus élevée que la concentration
de thyroglobuline endogène et les pourcentages de récupération
varient en fonction de la concentration de thyroglobuline ajoutée
[114, 115]. Au total, les résultats des tests de récupération
dépendent des conditions de leur réalisation [127].
Il n'y a pas de corrélation entre les résultats des tests
de récupération de la thyroglobuline et la concentration
d'auto-anticorps anti-thyroglobuline [13, 34, 72, 73, 115]. Des pourcentages
de récupération normaux (> 70 ou 80 %) peuvent s'observer
avec des sérums positifs en anticorps anti-thyroglobuline [72,
127]. En mesurant la thyroglobuline dans ce type de sérums avec
des techniques Irma différentes, des discordances importantes dans
les concentrations de thyroglobuline ont été relevées,
ce qui montre qu'un test de récupération normal ne peut
valider un résultat de thyroglobuline [127]. Bourrel a par ailleurs
montré, en comparant quatre techniques Irma actuelles, qu'il existe
une très grande variabilité des pourcentages de récupération
selon la technique, dépendant des anticorps utilisés et
de la thyroglobuline exogène ajoutée [13]. Ces auteurs proposent
d'utiliser les tests de récupération uniquement avec les
sérums dépourvus d'anticorps anti-thyroglobuline [13].
* Méthodes de dosage de la thyroglobuline
Douze méthodes dont 7 avec traceur non isotopique et 5 avec uniquement
des anticorps monoclonaux étaient référencées
en 2000 à l'Agence française de sécurité sanitaire
des produits de santé (AFSSAPS). Le dosage de la thyroglobuline
pose une série de problèmes qui ne sont pas entièrement
résolus malgré les progrès des techniques d'immuno-analyse
actuelles. Les résultats des contrôles de qualité
français Probioqual® et européen Oncocheck®
l'illustrent bien [29].
Les dosages radio-immunologiques ne sont plus guère utilisés
en Europe. Ils ont cependant l'intérêt, en présence
d'anticorps anti-thyroglobuline, de varier en sens inverse des méthodes
Irma, et donc d'indiquer des concentrations élevées de thyroglobuline
chez des patients métastatiques et sans thyroglobuline décelable
en Irma [72]. C'est la seule méthode qui, associée à
un dosage radio-immunométrique, permet de faire la preuve d'une
interférence dans les dosages de thyroglobuline [127].
Les techniques immunométriques actuelles font appel à
des systèmes à double anticorps, monoclonaux exclusifs ou
avec des couples polyclonal-monoclonal. Les méthodes qui ne sont
pas suffisamment sensibles pour mesurer la thyroglobuline sérique
chez des sujets normaux indemnes d'anticorps anti-thyroglobuline (environ
3 mug.l- 1) ne doivent pas être utilisées [84].
Un dosage Irma utilisant 5 anticorps monoclonaux dirigés contre
des régions antigéniques peu reconnues par les auto-anticorps
anti-thyroglobuline a été proposé par Piechaczyk
[97]. Une technique dérivée plus sensible (0,2 mug.l-
1 annoncés) a été publiée par Marquet
[73].
D'autres techniques utilisant un signal radio-isotopique ont été
évaluées et comparées au cours des dix dernières
années [13, 72, 78, 118]. Des comparaisons de techniques radio-isotopiques
ou par fluorescence en temps résolu [22] ou chimioluminescence
[127] ont également été publiées. On peut
en déduire qu'en l'absence d'anticorps, les résultats des
différentes techniques sont corrélés entre eux, mais
que en revanche les performances des différentes trousses varient
significativement en présence d'anticorps anti-thyroglobuline.
Plusieurs de ces études concluent que parmi les techniques disponibles
actuellement, la technique Irma à 5 anticorps monoclonaux décrite
par Piechaczyk [97] est celle qui présente le moins d'interférences
par les auto-anticorps anti-thyroglobuline. Il faut cependant souligner
que, même avec cette technique, le problème de la mesure
de la thyroglobuline en présence d'auto-anticorps anti-thyroglobuline
n'est pas complètement écarté [13, 16, 22].
Une voie de recherche, qui permettra peut-être de dépasser
le problème du dosage de la thyroglobuline, est le dénombrement
des cellules thyroïdiennes circulantes à l'aide des techniques
de biologie moléculaire. Tallini a publié en 1998 un travail
recherchant des ARN messagers de la thyroglobuline par RT-PCR (reverse
transcriptase-polymerase chain reaction) dans les cellules mononucléées
circulantes de 44 patients ayant diverses pathologies thyroïdiennes
et observé une corrélation positive entre présence
d'ARN messager de la thyroglobuline et cancers [131]. Pour Ringel, il
est possible de détecter des récidives de cancer thyroïdien
par ce type de méthode, qui, de plus, serait plus sensible que
les dosages de thyroglobuline [100]. Des méthodes de PCR quantitative
ont également été développées, elles
permettent de mesurer des ARN messagers de la thyroglobuline chez les
sujets sains [141] et chez des patients porteurs de cancers thyroïdiens
lors de récidives ou en présence de tissu thyroïdien
résiduel, avec une sensibilité et une spécificité
meilleure que celles de la thyroglobuline [101]. De plus, ces méthodes
ne sont pas influencées par la présence d'anticorps anti-thyroglobuline
[101]. Cependant, Bojunga, avec une technique de PCR très sensible,
montre que les transcrits des ARN messagers de la thyroglobuline sont
détectables dans de nombreux tissus non thyroïdiens et conclut
à l'absence de supériorité de cette approche par
rapport au dosage de la thyroglobuline [12]. La mesure de l'expression
du gène hTERT de la télomérase a également
été proposée comme outil de diagnostic différentiel
de cancer thyroïdien dans les produits de ponction à l'aiguille
fine [144].
Les dosages de thyroglobuline sérique doivent être accompagnés
d'une mesure de la concentration d'anticorps anti-thyroglobuline. En présence
d'anticorps, les résultats de thyroglobuline doivent être
analysés avec beaucoup de prudence. L'analyse de l'évolution
de la thyroglobuline et des anticorps anti-thyroglobuline au cours du
temps est plus fiable que celle d'un résultat isolé.
* Causes d'élévation de la thyroglobuline en dehors
des cancers thyroïdiens différenciés
Il n'existe pas d'élévations non spécifiques de
la thyroglobuline liées à d'autres pathologies que les pathologies
thyroïdiennes, mais on rencontre des élévations de
la thyroglobuline dans les hématocèles et dans 20 à
50 % des cas de maladie de Basedow, de thyroïdites aiguës ou
subaiguës, de goitre simple ou de goitre nodulaire toxique [6, 94].
Au total
Les marqueurs sériques du cancer thyroïdien différencié
Standards
La thyroglobuline est un marqueur sérique de surveillance des
cancers thyroïdiens différenciés traités. L'interprétation
d'une valeur de thyroglobuline nécessite de connaître l'état
de stimulation (soit après sevrage hormonal, soit après
stimulation par la rhTSH) ou de freinage (sous traitement hormonal) de
la thyroïde (dosage de la TSH). Son dosage doit être accompagné
d'une mesure de la concentration d'anticorps anti-thyroglobuline par une
méthode sensible (niveau de preuve B2).
Aucune des techniques de dosage de la thyroglobuline disponibles actuellement
ne permet d'écarter totalement une interférence auto-immunitaire.
Aucune méthode ne permet de valider un résultat de dosage
de thyroglobuline en présence d'auto-anticorps (niveau de preuve
B2).
En présence d'anticorps, les résultats de thyroglobuline
doivent donc être examinés avec prudence. Si les dosages
sont effectués avec une technique Irma, les résultats sont
susceptibles d'être sous-estimés, mais un résultat
positif signifie la présence de tissus thyroïdiens sécrétants.
Les méthodes utilisées doivent être suffisamment
sensibles, avec une limite de détection inférieure à
3 mug.l- 1 (accord d'experts).
L'évolution au cours du temps de la thyroglobuline et des anticorps
anti-thyroglobuline chez un même patient, à condition d'avoir
été dosés avec les mêmes techniques, est plus
informative qu'un dosage isolé (accord d'experts).
Recommandations
Si on utilise des techniques de dosage de la thyroglobuline présentant
un effet crochet dès les basses concentrations, il est recommandé,
soit de doser systématiquement le sérum pur et dilué,
soit d'effectuer un test de récupération (accord d'experts).
* Rôle de la thyroglobuline aux différentes étapes
de la maladie
Trois groupes de recommandations concernant la prise en charge des cancers
thyroïdiens sont disponibles dans la littérature [1, 2, 123].
Les SOR, prise en charge des patients atteints de cancer de la thyroïde
sont en cours d'élaboration.
Intérêt dans le dépistage et le diagnostic
Le dosage de la thyroglobuline ne peut servir à un dépistage
dans la population générale, la thyroglobuline étant
produite par le tissu thyroïdien normal et pouvant être augmentée
en cas de pathologie thyroïdienne bénigne. Toutefois, une
étude islandaise à partir d'une banque de sérums
prélevés jusqu'à 23 ans, avant le diagnostic de cancer
thyroïdien différencié, a montré une élévation
de la thyroglobuline supérieure à 30 mug.l- 1
dans 44 % des cancers diagnostiqués ultérieurement. La sensibilité
du dosage de thyroglobuline était de 50 % 15 ans avant le diagnostic,
et la spécificité de 89 % [59].
Ce dosage ne fait pas partie des critères classiques du bilan
initial des cancers thyroïdiens car la concentration préthérapeutique
de thyroglobuline n'a pas de valeur pronostique indépendante [133].
Le dosage de la thyroglobuline peut être cependant demandé
en cas de cancer métastatique dont la tumeur primitive n'est pas
connue.
L'AACE [2] recommande d'effectuer un dosage préopératoire
de thyroglobuline en cas de cancer diagnostiqué ou hautement probable,
afin d'avoir une référence sur la capacité de la
tumeur à sécréter de la thyroglobuline (aucun seuil
n'est proposé). Il existe, selon Spencer, 5 à 10 % des cancers
thyroïdiens différenciés qui ont une sécrétion
nulle ou très faible de thyroglobuline [128]. Un dosage initial
de thyroglobuline est habituellement effectué en postopératoire
après le diagnostic anatomo-pathologique mais avant le traitement
par l'iode. Une augmentation de la thyroglobuline dans les jours qui suivent
une administration d'iode 131, même à dose traceuse, peut
être constatée ; celle-ci n'a pas de valeur pathologique
et ne peut servir de référence pour la surveillance ultérieure
[83].
Suivi des cancers après traitement initial
Une concentration élevée de thyroglobuline après
traitement chirurgical et avant traitement complémentaire possède
une valeur pronostique indépendante vis-à-vis du risque
de récidive [47, 110].
La sécrétion de thyroglobuline est principalement régulée
par la TSH. L'importance de cette sécrétion dépend
de l'importance et de la durée de l'élévation de
la TSH, de la masse de tissu thyroïdien, et de sa teneur en récepteurs
de la TSH.
La mise en évidence de récidives du cancer nécessite
une surveillance biologique à long terme à l'aide de dosages
de thyroglobuline sous traitement freinateur de la TSH et sous stimulation
temporaire par la TSH après arrêt du traitement par la thyroxine,
en sachant que les concentrations de thyroglobuline doivent être
interprétées en fonction des concentrations de TSH [119].
La stimulation par la TSH peut également être obtenue par
injections de TSH recombinante humaine (rhTSH) sans arrêt du traitement
freinateur, ce qui est un avantage considérable pour les patients.
Ce produit dispose actuellement d'une autorisation temporaire d'utilisation
(ATU de cohorte), et fait l'objet de plusieurs études en cours.
Il faut préciser que les normes d'interprétation sous stimulation
par rhTSH sont différentes des tests classiques [55, 65].
Le protocole de surveillance des cancers thyroïdiens différenciés
comprend habituellement un dosage de thyroglobuline sous traitement par
hormones thyroïdiennes 2 à 3 mois après le traitement
initial, puis lors du premier bilan en sevrage réalisé à
6 ou 12 mois, puis une fois par an sous hormones thyroïdiennes ou
sous rhTSH exogène. Le rythme des bilans systématiques en
sevrage comportant un dosage de thyroglobuline et une scintigraphie du
corps entier à l'iode 131 est habituellement tous les 5 ans et
dépend des facteurs pronostiques initiaux, tout en sachant que
la surveillance doit être plus étroite les dix premières
années [15, 76], (cf. SOR prise en charge des patients atteints
de cancers de la thyroïde, en cours d'élaboration).
Après thyroïdectomie totale et sous traitement par la thyroxine,
la thyroglobuline sérique est indétectable chez 98 % des
patients sans récidive [118]. Étant donné que les
seuils de détection de la thyroglobuline sont variables selon les
techniques, la limite inférieure à considérer doit
être la sensibilité fonctionnelle du dosage. La thyroglobuline
sous LT4 est détectable chez tous les patients présentant
des métastases volumineuses, elle n'est parfois pas détectable
en cas de métastases ganglionnaires cervicales isolées ou
de métastases pulmonaires (cf. SOR prise en charge des patients
atteints de cancers de la thyroïde).
Sous stimulation par la TSH, la thyroglobuline devient détectable
dans plus de 90 % des cas de récidive (cf. SOR prise en charge
des patients atteints de cancers de la thyroïde).
La concentration de thyroglobuline après sevrage est un excellent
indicateur de pronostic [117, 119]. Une thyroglobuline inférieure
à 1 mug.l- 1 sous sevrage, deux ans après le
traitement initial, indique un risque très faible de récidive
dans les cinq ans [128].
Pour les patients ayant subi une thyroïdectomie partielle, les
résultats du dosage de la thyroglobuline doivent être interprétés
en fonction du reliquat de tissu thyroïdien normal. En l'absence
de reprise évolutive, on doit observer une stabilité des
concentrations de thyroglobuline chez un même patient [128, 136].
Les performances du dosage de la thyroglobuline au cours du suivi des
cancers thyroïdiens opérés (thyroïdectomie totale
ou subtotale) sont résumées dans le tableau
1, dont il ressort une importante hétérogénéité
entre les séries de patients.
* Rôle du dosage des anticorps au cours du suivi de la maladie
La présence d'anticorps anti-thyroglobuline dans le sérum
des patients porteurs de cancers thyroïdiens différenciés
pourrait avoir une influence sur leur évolution. Avec un suivi
moyen de 3,5 ans, Rubello a montré que, si la concentration en
anticorps anti-thyroglobuline devient indétectable après
traitement chirurgical et traitement adjuvant par l'iode 131, cela signifie
l'absence de résidus thyroïdiens dans plus de la moitié
des cas. Inversement une concentration d'anticorps anti-thyroglobuline
constante ou en augmentation signe la persistance de tumeur ou le développement
de métastases dans 25 % des cas environ [107, 108]. Cette série
montrait cependant que 14/19 patients (73,7 %) avec persistance d'anticorps
sériques sont restés sans évolution cliniquement
décelable durant la période d'observation. Pacini n'avait
pas retrouvé de différence de survie entre les patients
avec ou sans anticorps anti-thyroglobuline [91], ce qui a été
confirmé ensuite par Kumar [64] avec un recul moyen de 7,4 ans.
Les résultats récents des études de Spencer indiquent
cependant que l'évolution des anticorps anti-thyroglobuline possède
une valeur clinique en elle-même chez les patients anticorps-positifs,
leur stabilité ou leur augmentation s'observant en cas de maladie
résiduelle ou progressive [124, 127].
Au total
Quel est l'intérêt du dosage de la thyroglobuline dans
la prise en charge des cancers thyroïdiens différenciés
?
Standards
Le dosage de la thyroglobuline ne doit pas être effectué
pour le dépistage ou pour le diagnostic des cancers thyroïdiens
différenciés (niveau de preuve B2).
Le dosage de thyroglobuline doit être réalisé régulièrement
au cours de la surveillance des cancers thyroïdiens différenciés
(niveau de preuve B2).
Les concentrations de thyroglobuline ne peuvent être interprétées
qu'en fonction des concentrations de TSH. Ces dosages sont effectués
dans trois conditions : sous traitement hormonal, après sevrage
ou sous stimulation par la TSH recombinante (cette dernière modalité
étant actuellement une option).
Cancers médullaires
Les cancers médullaires de la thyroïde (CMT) sont des tumeurs
développées à partir des cellules C thyroïdiennes
qui dérivent de la crête neurale. Ils représentent
moins de 10 % de l'ensemble des cancers thyroïdiens primitifs [86].
Ce sont des tumeurs neuroendocrines, dont il existe des formes familiales
dans 25 % des cas, avec mutation du gène RET [42]. La calcitonine
est un excellent marqueur de ces cancers qui sont également capables
de sécréter d'autres hormones ou peptides neuroendocrines
: histaminase, énolase neurone spécifique, calcitonine
gene related peptide (CGRP), somatostatine, gastrin related peptide,
sérotonine, chromogranine, substance P, neurotensine, cholecystokinine,
ainsi que de la thyroglobuline, de la TSH et de l'ACTH [11, 46, 54, 95,
121].
Le dosage par radiorécepteur du CGRP plasmatique ou tissulaire
a été proposé comme marqueur complémentaire
dans les hyperplasies des cellules C et le CMT [130, 140].
* Les marqueurs sériques des cancers médullaires de
la thyroïde
La calcitonine
- Structure
La calcitonine (anciennement dénommée thyrocalcitonine)
est un peptide monocaténaire de 32 acides aminés, sécrété
par les cellules C de la thyroïde, appartenant au système
neuroendocrine et dont le gène est situé sur le bras court
du chromosome 11 [8]. Le gène de la calcitonine (Calc1) est constitué
de 6 exons et 5 introns. Par épissage alternatif, il est à
l'origine de 3 ARN messagers différents, ayant une spécificité
d'expression tissulaire [62]. Dans les cellules C normales, il code la
synthèse de la procalcitonine 1, laquelle donne naissance à
3 peptides : un peptide N-terminal commun aux différents gènes,
la calcitonine mature et la katacalcine (ou PDN21) à l'extrémité
C-terminale. Dans les cancers médullaires de la thyroïde,
outre la calcitonine et la katacalcine, le gène Calc 1 donnerait
préférentiellement naissance à un peptide C-terminal
(CCP2) différent du produit du gène des cellules C normales.
Dans les tissus nerveux, Calc 1 donne naissance au CGRP1 (calcitonin
gene related peptide 1).
La sécrétion normale de calcitonine est régulée
principalement par la concentration de calcium extracellulaire. Elle peut
être stimulée par différents peptides, en particulier
du tractus digestif, gastrine et pentagastrine.
- Formes circulantes de la calcitonine
Les formes circulantes de la calcitonine sont hétérogènes
chez le sujet sain, et encore plus lors de cancers médullaires
de la thyroïde [49]. En dehors du monomère peptidique biologiquement
actif, on a identifié différents précurseurs à
différents stades de maturation (procalcitonine, fragments des
peptides CCP1 ou 2, dimères de calcitonine, agrégats avec
d'autres protéines). La procalcitonine, élevée dans
les pathologies infectieuses, et les composés apparentés
à la calcitonine sont susceptibles d'être reconnus par les
anticorps dont la spécificité n'a pas été
strictement contrôlée, et peuvent donc perturber les dosages.
- Demi-vie de la calcitonine
Il n'existe que peu de données concernant cette question, les
travaux anciens avec des techniques radio-immunologiques non spécifiques
de la molécule de calcitonine intacte étant difficilement
utilisables. La demi-vie de la calcitonine après thyroïdectomie
a été mesurée dans une série de 7 patients
porteurs de CMT par une technique radio-immunologique avec anticorps polyclonal
(CisBio International) [45]. Seuls deux patients ont eu des prélèvements
dans les premières 24 heures après thyroïdectomie totale,
qui ont montré que la courbe de décroissance de la calcitonine
peut comporter deux pentes de 3 et 30 heures. Seule la seconde pente est
observée chez certains patients. Pour les autres patients qui ont
eu des dosages de calcitonine seulement 15 jours après thyroïdectomie,
le retour à des concentrations indétectables de calcitonine
variait entre 15 jours et un mois [43].
- Valeurs de référence
Chaque technique de dosage de la calcitonine possède sa propre
norme.
Avec la technique Irma monoclonale (CisBio International) recommandée
par le Groupe d'étude des tumeurs à calcitonine (GETC) et
la plus utilisée actuellement en Europe, les concentrations basales
de calcitonine sérique dans une population normale sont inférieures
à 10 ng.l- 1 [82, 142]. Les concentrations de calcitonine
sont inférieures chez les femmes par rapport aux hommes, sauf pendant
la grossesse et la lactation, et diminuent avec l'âge [48].
La calcitonine basale est également inférieure à
10 ng.l- 1 avec la technique Irma CisBio International chez
90 % des patients atteints d'une pathologie thyroïdienne autre que
le CMT [86]. Dans les cancers médullaires de la thyroïde,
il existe une bonne corrélation entre la masse tumorale et la concentration
sérique de calcitonine [19]. La calcitonine postopératoire
est également corrélée positivement au nombre de
ganglions envahis [69].
Le dosage s'effectue sur un sérum qui doit être congelé
si les dosages ne sont pas immédiats. Contrairement à d'autres
marqueurs tumoraux, le GBEA (Guide de bonne exécution des analyses)
et la nomenclature des actes de biologie médicale ne préconisent
pas de garder congelée à - 20 ou - 30 °C une partie
du sérum de chaque malade aux fins de contrôle ; nous recommandons
cependant de le faire. Avec la technique Irma de référence,
une décomplémentation préalable à l'immuno-analyse
est recommandée.
- Test à la pentagastrine
La pentagastrine est un analogue synthétique de la gastrine qui
est un puissant sécrétagogue de la sécrétion
de calcitonine. La stimulation par la pentagastrine est proportionnellement
plus efficace sur la sécrétion de calcitonine que sur celle
de ses dérivés. Le test de stimulation par la pentagastrine
selon le protocole du GETC, utilisé notamment pour explorer les
formes familiales de cancer médullaire de la thyroïde, consiste
à mesurer la calcitonine à l'état basal puis à
injecter 0,5 mug de pentagastrine/kg de poids corporel (Peptavlon®)
diluée dans 5 ml de chlorure de sodium isotonique en injection
intraveineuse lente. Ce test doit être réalisé en
présence d'un médecin pour intervenir en cas d'effets indésirables
sérieux (gastro-intestinaux ou cardiovasculaires). Il est contre-indiqué
en cas d'hypersensibilité au produit, d'hémorragie gastroduodénale
récente, d'asthme, ou en cas de grossesse.
La concentration de calcitonine est mesurée avant injection puis
trois, cinq, et dix minutes après l'injection. Selon les études
du GETC, si la calcitonine est dosée avec la trousse Irma CisBio
International, la réponse normale est un pic de calcitonine inférieur
à 30 ng.l- 1 chez 96 % des sujets normaux adultes, avec
un pic < 10 ng.l- 1 chez 80 % des sujets normaux de tous
âges et chez 100 % des sujets de moins de 20 ans [3, 142]. Le pic
de calcitonine est significativement plus élevé chez les
hommes que chez les femmes, il peut être entre 30 et 50 ng.l-
1 chez 4 % des adultes masculins normaux. Des réponses faiblement
anormales au test à la pentagastrine peuvent s'observer chez des
sujets normaux apparentés à des patients porteurs de NEM
2A ou de CMT familial, en l'absence de mutation du gène RET
[44]. Une hyperplasie des cellules C peut expliquer certaines de ces anomalies
[44].
- Technique de dosage
Cinq types de techniques permettant de doser la calcitonine étaient
enregistrés à l'Afssaps en 2000. Les résultats des
dosages dépendent de la technique employée. Dans le choix
d'une technique de dosage, il convient de tenir compte d'une part de l'origine
de la calcitonine étalon, qui doit être de la calcitonine
humaine en raison des spécificités d'espèce, et d'autre
part des réactions croisées possibles avec les produits
apparentés. La séquence spécifique humaine se trouve
au niveau des amino-acides 10 à 27.
Les premières études européennes entre 1985 et
1988 ont été faites avec une trousse CisBio International
utilisant un anticorps polyclonal, dont la sensibilité analytique
était de 14 ng.l- 1 [10]. Depuis 1988, le dosage Irma
de référence actuel pour le GETC, utilisant deux anticorps
monoclonaux reconnaissant les séquences 11-17 et 24-32 de la calcitonine,
permet une détection spécifique de la calcitonine monomère
intacte, sans interférence due à la procalcitonine [82].
Le seuil de sensibilité analytique de cette méthode se situe
à 1,5 ng.l- 1. Dans le suivi des patients, il est indispensable
de conserver la même technique de dosage pour éviter les
problèmes liés aux variations de reconnaissance immunologique
selon l'origine des couples d'anticorps.
- Élévations de la calcitonine en dehors du cancer
médullaire de la thyroïde
Ces élévations sont en général modérées
[48] :
. prise d'alcool (en situation aiguë, influence d'un alcoolisme
chronique inconnue) ;
. grossesse ou contraceptifs oraux ;
. traitement par l'oméprazole [51] ;
. thyroïdites chroniques : élévation stimulable par
la pentagastrine [3, 86] ;
. pathologies bénignes : insuffisance rénale chronique
et hémodialysés [67, 85], hyperparathyroïdie, maladie
osseuse de Paget, pathologies hépatiques [98] ;
. pathologies tumorales : phéochromocytome qui, s'il est associé
au cancer médullaire de la thyroïde appartient aux néoplasies
endocrines multiples de type II (NEM2), tumeurs carcinoïdes, tumeurs
neuroendocrines digestives et pancréatiques [5, 66], cancers broncho-pulmonaires
à petites cellules. Une sécrétion excessive de calcitonine
peut également s'observer dans les cancers du sein et de la prostate,
et dans les myélomes [8, 98].
L'ACE (antigène carcino-embryonnaire)
- Structure et fonctions
Ce chapitre figure dans les SOR, marqueurs sériques des cancers
digestifs auxquels nous renvoyons le lecteur pour plus de détails
[32].
L'ACE [53] a été identifié en 1965 dans des tissus
ftaux (foie, pancréas, intestin) où il apparaît
après la neuvième semaine. C'est une glycoprotéine
monocaténaire de la surface cellulaire exprimée normalement
uniquement au pôle apical de la cellule différenciée.
Il ne s'agit donc pas d'une oncoprotéine comme décrit initialement,
mais d'un antigène de différenciation. Sur un poids moléculaire
total de 150 000 Da, 80 000 seulement (60 %) correspondent aux amino-acides.
Il existe une hétérogénéité antigénique
importante selon les préparations d'ACE, due aux glucides.
L'ACE est le chef de file d'une famille de glycoprotéines (29
gènes apparentés) provenant d'épissage différentiel
des ARN messagers et de variations des chaînes glucidiques. L'ACE
appartient à la superfamille des immunoglobulines. Son gène,
CEACAM5, est connu en détail ; il est situé sur le bras
long du chromosome 19 en q13.1-13.3, et existe uniquement chez l'homme
et les primates. Des anomalies de l'expression de l'ACE ont été
mises en évidence dans les cancers digestifs et ont permis de préciser
certaines de ses fonctions cellulaires. L'ACE joue un rôle dans
les interactions entre cellules, l'adhésion à la matrice
extracellulaire, la régulation de la croissance cellulaire, et
l'acquisition de phénotype métastatique.
Par ailleurs, existent des données expérimentales qui
montrent que l'ACE est un immunodépresseur, se liant en particulier
aux lymphocytes LAK (lymphocytes cytotoxiques).
- Technique de dosage
Les premières études cliniques de l'ACE ont été
faites avec des techniques utilisant des anticorps polyclonaux qui donnaient
des réactions croisées avec les NCA (non specific cross
reacting antigens, membres du groupe de l'ACE). Il existe actuellement
au moins une quinzaine d'anticorps monoclonaux capables de ne pas reconnaître
les NCA 95 leucocytaires, et de très nombreux réactifs commercialisés
permettent ce dosage. Il s'effectue actuellement avec des techniques immunométriques
et divers signaux isotopiques ou non isotopiques. La corrélation
entre les différentes techniques n'est pas excellente.
- Valeurs de référence
Les valeurs de référence habituelles sont inférieures
à 5 ng/ml (95 % des sujets normaux) (technique Irma CisBio International)
[41].
Les élévations non spécifiques de l'ACE sont rarement
supérieures à 10 ng/ml. Le tabagisme donne des résultats
faussement élevés dans 4 à 5 % des cas avec certaines
techniques. Les pathologies digestives en particulier les cirrhoses hépatiques,
les pathologies pulmonaires bénignes et les insuffisances rénales
chroniques évoluées sont également à l'origine
d'élévations non spécifiques de l'ACE.
- Spécificité et sensibilité
La présence d'ACE dans les cellules C du cancer médullaire
de la thyroïde a été montrée par immunohistochimie
[18, 63, 77] et son expression constitutive en microscopie électronique
[88].
Dans les stades précoces de la maladie, l'ACE et la calcitonine
ont une distribution similaire et sont retrouvés dans presque toutes
les cellules.
Quand la maladie est disséminée, il existe une relation
inverse entre les niveaux d'expression de la calcitonine et de l'ACE,
l'expression de l'ACE étant seule conservée dans certains
groupes de cellules calcitonine négative [25]. On peut expliquer
ce phénomène en considérant que l'ACE est un marqueur
de différenciation épithéliale précoce, et
la calcitonine un marqueur de différenciation terminale des cellules
C. Dans l'hyperplasie des cellules C, l'ACE n'est pas exprimé selon
Delellis, il a en revanche été mis en évidence par
Chan [18, 25].
L'élévation de l'ACE sérique dans les cancers médullaires
de la thyroïde à été décrite initialement
par Ishikawa [60]. Dans la première série de Wells [139],
62 % des patients suspects d'être porteurs de CMT avaient un ACE
supérieur à 5 ng/ml et 73 % une calcitonine basale élevée,
avec une corrélation positive entre la concentration d'ACE basale
et les concentrations de calcitonine sous stimulation par le gluconate
de calcium ou la pentagastrine. D'autres études ont montré
que l'ACE est moins sensible et moins spécifique que la calcitonine,
et que la calcitonine et l'ACE sériques ne suivent pas le même
profil au cours de la surveillance des CMT [14, 105].
Dans les cancers médullaires de la thyroïde, l'examen clinique
est totalement insuffisant pour définir une absence de guérison,
une récurrence ou une récidive, celles-ci ne pouvant être
décelées que par un dosage de marqueurs tumoraux [33, 87].
La série étudiée par Rougier [105], bien qu'ayant
été réalisée avec une technique de dosage
peu sensible, a montré que les patients en rémission complète
avaient une calcitonine postchirurgicale anormale dans 100 % des cas s'il
existait une invasion ganglionnaire, avec un taux de rechutes de 45 %.
En revanche, aucun des patients ayant une calcitonine normale après
traitement initial n'avait présenté de récidive.
Par ailleurs, quelques patients avaient gardé, durant de longues
périodes d'observation (4-18 ans), une calcitonine modérément
élevée, suggérant la présence de résidus
tumoraux à croissance très lente ou à l'état
de dormance. Cette série a montré que la mesure de l'ACE
sérique après traitement initial permettait de compléter
les données de la calcitonine, leur évolution respective
n'étant pas toujours parallèle. Une élévation
de l'ACE, précédant souvent celle de la calcitonine et les
symptômes cliniques, est la règle en cas de maladie en progression
[14]. L'analyse de survie univariée a également permis à
Rougier de montrer que l'ACE possède une valeur pronostique péjorative
[105].
Au total
Marqueurs sériques du cancer médullaire thyroïdien
Standards
La calcitonine est un marqueur sérique des cancers médullaires
de la thyroïde.
Il est impératif qu'au minimum tous les examens prescrits au
cours d'une même ligne de traitement ou pendant la surveillance
soient effectués dans le même laboratoire, avec la même
technique (accord d'experts).
L'ACE est un marqueur complémentaire de la calcitonine dans la
surveillance des cancers médullaires de la thyroïde.
* Rôle des marqueurs aux différentes étapes de
la maladie
Diagnostic
Le CMT peut correspondre à deux types de cancers, soit sporadique
(moins de 55 % des cas), soit familial, accompagné par des mutations
du proto-oncogène RET [56, 80, 98] dans le cadre de néoplasies
endocrines multiples (NEM). Le CMT clinique est le plus souvent diagnostiqué
au cours d'un bilan ou d'une intervention pour nodule(s) thyroïdien(s).
Le dépistage permet de détecter des CMT infra-cliniques
chez les apparentés à des sujets atteints de NEM 2 [58].
- Données de la littérature
Trois groupes de travail ont élaboré des lignes de conduite
concernant la prise en charge des patients porteurs de nodules ou de cancers
thyroïdiens : l'Anaes en 1996 [1], la Société de Chirurgie
oncologique américaine [123], l'Association Américaine des
endocrinologistes cliniciens [2].
Pour l'Anaes (Prise en charge diagnostique du nodule thyroïdien),
le dosage préthérapeutique de calcitonine est indiqué
en cas de suspicion de malignité. Pour la Société
de chirurgie oncologique américaine, le dosage préchirurgical
de la calcitonine fait partie du bilan d'extension et ce dosage est recommandé
tout au long de la surveillance des CMT. Les formes familiales doivent
être dépistées par l'étude des mutations du
gène RET.
L'AACE recommande les dosages de calcitonine basale et sous stimulation
par la pentagastrine, seule ou associée au calcium, à la
fois pour le diagnostic et la surveillance du CMT. Les dosages d'ACE sont
également recommandés par l'AACE.
En France, le GETC [20] a élaboré des recommandations
pour le diagnostic et la surveillance des CMT. Par ailleurs, un groupe
de travail Standards, Options et Recommandations de la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer prépare également
des recommandations sur la prise en charge des cancers thyroïdiens
(à paraître). Nous renvoyons donc plus spécialement
le lecteur à ces travaux.
Le groupe de travail élaborant les Standards, Options et Recommandations
pour les cancers thyroïdiens (à paraître) préconise
« une enquête familiale indispensable devant tout nouveau cas
de CMT, même en l'absence d'élément en faveur d'une
forme familiale à l'interrogatoire (standard) ».
En revanche, le dosage systématique de la calcitonine devant
tout nodule clinique est controversé entre autres pour des raisons
économiques. Il permet pourtant de détecter précocement
des CMT sporadiques de petite taille, parfois non accessibles cytologiquement
et dont l'exérèse en permet la guérison, ce qui devrait
être pris en compte dans l'analyse économique [3, 7, 56,
58, 86, 93, 99, 138]. Cette question est examinée en détail
dans les Standards, Options et Recommandations pour les cancers thyroïdiens
(à paraître).
- Recommandations
Si le diagnostic de CMT est suspecté, il sera confirmé
par le dosage de la calcitonine basale. Dans la série du GETC portant
sur 1 167 patients porteurs d'un nodule thyroïdien, 3 % avaient une
calcitonine basale supérieure à 10 mug.l- 1.
Parmi ces derniers, 41,1 % se sont avérés porteurs de CMT
[86], ce qui correspond à une sensibilité du dosage de la
calcitonine à l'état basal de 69,9 % et une spécificité
de 97,6 % pour les 841 patients opérés [86]. Les tumeurs
infra-cliniques peuvent également être décelées
par un dosage de calcitonine [7, 19]. Le test à la pentagastrine
permet d'explorer les élévations limites ou modérées
de la calcitonine basale chez les patients présentant un nodule
thyroïdien [52].
Le dépistage des CMT infra-cliniques familiaux fait appel au
test de stimulation par la pentagastrine, mais il faut signaler l'existence
de recouvrements entre les réponses observées après
stimulation par la pentagastrine chez les sujets porteurs ou non de mutation
du gène RET [74]. Les deux examens sont donc nécessaires.
Selon Scheuba [116], le test à la pentagastrine permet aussi de
faire la différence entre CMT et hyperplasie des cellules C, considérée
comme prénéoplasique dans les formes familiales. Les résultats
du GETC contredisent cette affirmation : il existe un recoupement des
pics de calcitonine entre hyperplasie des cellules C et micro-carcinome
médullaire [3, 20].
Surveillance
Le dosage préopératoire de la calcitonine a une valeur
indicative vis-à-vis de son évolution durant la surveillance
: une concentration préthérapeutique inférieure à
50 mug.l- 1 est prédictive d'une normalisation postopératoire
[19].
Les experts SOR des cancers thyroïdiens recommandent qu'un dosage
de calcitonine basale soit effectué 5 jours et 6 semaines après
la chirurgie, avec pour ce second prélèvement, un dosage
d'ACE associé. Si la calcitonine basale à 5 jours est normale,
un test à la pentagastrine sera effectué à 6 semaines.
L'absence de normalisation de la calcitonine témoigne d'un reliquat
tumoral ou de métastases. Il y a une corrélation positive
entre la calcitonine postopératoire et le nombre de ganglions envahis
[69].
La surveillance biologique du CMT repose sur le dosage de l'ACE et de
la calcitonine. La concentration basale de calcitonine peut s'élever
parfois plusieurs années avant que la récidive ne puisse
être documentée par d'autres méthodes (lead time).
Lorsque la calcitonine sérique reste indétectable, la surveillance
biologique sera complétée par le test à la pentagastrine.
Certains patients peuvent présenter des réponses anormales
à la pentagastrine qui s'amplifient au cours de l'évolution
de la maladie [132].
Si la calcitonine reste indétectable lors de deux tests consécutifs
à la pentagastrine, le patient a une très forte probabilité
d'être guéri. Toutefois, des exceptions ont été
décrites [79], justifiant chez ce type de patients d'effectuer
la surveillance à long terme.
* Autres marqueurs
Les dosages d'autres marqueurs de type neuro-endocrine n'ont pas d'intérêt
pratique dans le diagnostic et la surveillance des cancers médullaires
de la thyroïde.
Au total
Quelle est la place du dosage de la calcitonine et de l'ACE dans la
prise en charge des cancers médullaires de la thyroïde ?
Standards
Le dosage de la calcitonine sérique est un standard pour le diagnostic
des cancers médullaires de la thyroïde : calcitonine de base
pour les formes macroscopiques et calcitonine sous stimulation par la
pentagastrine pour le dépistage des stades microscopiques dans
les formes familiales.
Les dosages de la calcitonine (avec ou sans stimulation par la pentagastrine)
et de l'ACE sont des standards dans la surveillance des cancers médullaires
de la thyroïde pour dépister une reprise évolutive.
Résultats du processus de revue
Ce document Standards, Options et Recommandations, marqueurs tumoraux
sériques des cancers de la thyroïde a été
revu par des experts indépendants des secteurs publics et privés
en mai 2000 et en février 2001. Une grille de lecture était
proposée pour aider les relecteurs à évaluer la validité,
la clarté, la pertinence et l'acceptabilité des Standards,
Options et Recommandations élaborés par le groupe de travail.
Une date limite de réponse a été donnée pour
clore ce processus de revue. Seules les personnes ayant participé
à la relecture figurent de façon nominative dans le document.
En cas de commentaires ou de réserves, une justification écrite
et détaillée est demandée, faisant référence
aux données de la science et/ou à l'expérience argumentée
des experts.
Lors d'une première relecture finalisée en mai 2000, ce
document avait été critiqué. Sur 43 experts sollicités,
29 d'entre eux (soit 67 %) avaient répondu et parmi ces réponses,
38 % des experts exprimaient un désaccord concernant un certain
nombre de Standards, Options et Recommandations de ce document.
Ce document, modifié par le groupe de travail, en tenant compte
des nombreux commentaires et suggestions formulés à la suite
de cette première relecture, a donc été de nouveau
soumis aux experts relecteurs en février 2001. Sur 55 experts sollicités,
31 (soit 56%) ont répondu et 27 ont complété le questionnaire
d'évaluation. Parmi ces réponses, 100 % des experts approuvaient
la majorité des Standards, Options et Recommandations de ce document
(22 experts approuvaient tous les SOR, 5 approuvaient une grande partie
des SOR.
Les observations des experts sur ce document étaient des remarques
d'ordre général, des remarques sur le chapitre cancers différenciés
et des remarques sur le chapitre cancers médullaires.
* Remarques d'ordre général
Des imperfections ou des imprécisions dans la formulation des
idées et concepts ont été signalées. La mise
en forme a été améliorée en fonction des remarques
émises.
L'absence de pluridisciplinarité du groupe de travail et plus
particulièrement de cliniciens a été signalée.
* Remarques concernant le chapitre des cancers différenciés
Des informations récentes concernant la structure de la thyroglobuline
ont été intégrées. Ces données ont
été corrigées et des précisions ont été
apportées.
Sur les conseils de spécialistes, des références
bibliographiques supplémentaires (sites Internet...) ont été
consultées.
* Remarques concernant le chapitre des cancers médullaires
Les contre-indications du test à la pentagastrine ainsi que les
élévations de calcitonine en dehors du cancer médullaire
de la thyroïde ont été revues.
Le paragraphe Rôle des marqueurs aux différentes étapes
de la maladie : diagnostic a été revu suivant les remarques
de plusieurs relecteurs.
Des précisions concernant la détection des tumeurs infracliniques
par le dosage de la calcitonine et la corrélation existant entre
la masse tumorale et le niveau de calcitonine ont également été
apportées à ce chapitre, étayé par de nouvelles
références bibliographiques.
L'interprétation des dosages de calcitonine a été
précisée et complétée par de nouvelles références
bibliographiques.
Remerciements. Nous remercions le ministère de l'Emploi
et de la Solidarité et la Ligue nationale contre le cancer pour
leur soutien financier.
Contributeurs
Revue interne : J.-C. Artus, médecine nucléaire
(Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), S. Bardet, médecine nucléaire
(Centre François-Baclesse, Caen), A. Bonneu, médecine nucléaire
(Centre Claudius-Régaud, Toulouse), F. Bussière, médecine
nucléaire (Centre Antoine-Lacassagne, Nice), C. Corone, médecine
nucléaire (Centre René-Huguenin, Saint-Cloud), C. Dejax,
médecine nucléaire (Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand),
V. Edeline, médecine nucléaire (Institut Curie, Paris),
P. Faurous, médecine nucléaire (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier),
H. Larbre, médecine nucléaire (Institut Jean-Godinot, Reims),
J. Maublant, médecine nucléaire (Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand),
J.-P. Muratet, médecine nucléaire (Centre Paul-Papin, Angers),
J. Pasquier, médecine nucléaire (Institut Paoli-Calmettes,
Marseille), A. Pecking, médecine nucléaire (Centre René-Huguenin,
Saint-Cloud), R. Sauvan, biologiste (Institut Paoli-Calmettes, Marseille),
C. Schvartz, médecine nucléaire (Institut Jean-Godinot,
Reims), M. Toubeau, médecine nucléaire (Centre Georges-François-Leclerc,
Dijon), M. Véron, cadre infirmier (FNCLCC, Paris).
Revue externe : B. Bok, médecine nucléaire (CHU
Beaujon, Clichy), F. Borson-Chazot, endocrinologue (Hôpital de l'Antiquaille,
Lyon), H. Bornet, biologiste (CHU Édouard-Herriot, Lyon), P. Carayon,
biologiste et directeur U. 555 Inserm (Marseille), P. Caron, endocrinologue
(CHU de Rangueil, Toulouse), A. Chetanneau, médecine nucléaire
(Clinique Fleming, Tours), B. Conte-Devolx, endocrinologue (CHU Hôpital
de la Timone, Marseille), C. De Micco, anatomopathologiste (Faculté
de Médecine Secteur Nord, Marseille), D. Ducassou, médecine
nucleaire (CHU Haut-Lévêque, Bordeaux), M. Hoff, oncobiologiste-médecine
nucléaire (CHU de Rangueil, Toulouse), I. Lacroix, biologiste (Laboratoire
Pasteur-Cerba, Cergy-Pontoise), D. Leguillouzic, endocrinologue (CHU de
Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre), X. Marchandise, médecine
nucléaire (CHU de Lille, Hôpital Roger-Salengro, Lille),
F. Moati, médecine nucléaire (CHU de Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre),
J.-L. Moretti, médecine nucléaire (CHU Avicenne, Bobigny),
A. Prigent, médecine nucléaire (CHU de Bicêtre, Le
Kremlin-Bicêtre), V. Rohmer, endocrinologue (CHU d'Angers, Angers),
M.-H. Schlageter, oncobiologiste (CHU Saint-Louis, Paris), M.-E. Toubert,
médecine nucléaire (Hôpital Saint-Louis, Paris), J.-M.
Vinot, médecine nucléaire (Centre hospitalier Henri-Duffaut,
Avignon).
Comité d'organisation des SOR : A. Bataillard, médecin
généraliste, FNCLCC, Paris (responsable méthodologiste),
C. Bayo, secrétaire Unité centrale SOR, FNCLCC, Paris, P.
Bey, radiothérapeute, Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy
(membre du bureau exécutif), M.-P. Blanc-Vincent, pharmacien, FNCLCC,
Paris (méthodologiste),
H. Borges-Paninho, chargée de la gestion des documents, FNCLCC,
Paris, J. Carretier, chargé de mission en Santé, FNCLCC,
Paris (méthodologiste Sor Savoir Patient), M. Chevrier, assistant
méthodologiste, FNCLCC, Paris, S. Debuiche, chargée de gestion
administrative et logistique, FNCLCC, Paris, L. Dieu, assistante méthodologiste,
FNCLCC, Paris, E. Estévès, secrétaire Unité
centrale SOR, FNCLCC, Paris, F. Farsi, médecin de Santé
publique, Centre régional Léon-Bérard, Lyon (méthodologiste
associé), B. Fervers, oncologue médical, FNCLCC, Paris (coordonnateur
des SOR), G. Gory-Delabaere, pharmacien, FNCLCC, Paris (méthodologiste),
S. Guillo, documentaliste, FNCLCC, Paris, L. Leichtnam, chargée
de mission en Santé, FNCLCC, Paris (méthodologiste Sor Savoir
Patient), E. Luporsi, oncologue médical, Centre Alexis-Vautrin,
Vanduvre-lès-Nancy (méthodologiste associé),
T. Philip, pédiatre, Centre régional Léon-Bérard,
Lyon (directeur des SOR, membre du bureau exécutif), J.-L. Renaud-Salis,
chirurgien, Institut Bergonié, Bordeaux (expert associé),
D. Ropé, assistante Unité centrale SOR, FNCLCC, Paris, S.
Théobald, médecin de Santé Publique, Centre Paul-Strauss,
Strasbourg (méthodologiste associé), M. Véron, cadre
infirmier, FNCLCC, Paris (méthodologiste Sor Savoir Patient).
CONCLUSION
Synthèse des recommandations FNCLCC
1. Les marqueurs sériques du cancer thyroïdien différencié.
La thyroglobuline est un marqueur sérique de surveillance des
cancers thyroïdiens différenciés traités (standard).
L'interprétation d'une valeur de thyroglobuline nécessite
de connaître l'état de stimulation (soit après un
mois de sevrage hormonal soit après stimulation par la rhTSH) ou
de freinage (sous traitement substitutif et freinateur) de la thyroïde
(dosage de la TSH) (standards). Son dosage doit être accompagné
d'une mesure de la concentration d'anticorps anti-thyroglobuline par une
méthode sensible (standard, niveau de preuve B2).
Aucune des techniques de dosage de la thyroglobuline disponibles actuellement
ne permet d'écarter totalement une interférence auto-immunitaire
(standard). Aucune méthode ne permet de valider un résultat
de dosage de thyroglobuline en présence d'auto-anticorps (standard,
niveau de preuve B2). En présence d'anticorps, les résultats
de thyroglobuline doivent donc être examinés avec prudence
(standard). Si les dosages sont effectués avec une technique Irma,
les résultats sont susceptibles d'être sous-estimés,
mais un résultat positif signifie la présence de tissus
thyroïdiens sécrétants (standard).
Les méthodes utilisées doivent être suffisamment
sensibles avec une limite de détection inférieure à
3 mug.L- 1 (standard, accord d'experts).
L'évolution au cours du temps de la thyroglobuline et des anticorps
anti-thyroglobuline chez un même patient, à condition d'avoir
été dosés avec les mêmes techniques, est plus
informative qu'un dosage isolé (standard, accord d'experts).
Si on utilise des techniques de dosage de la thyroglobuline présentant
un effet crochet dès les basses concentrations, il est recommandé,
soit de doser systématiquement le sérum pur et dilué,
soit d'effectuer un test de récupération (recommandations,
accord d'experts).
2. Quel est l'intérêt du dosage de la thyroglobuline
dans la prise en charge des cancers thyroïdiens différenciés
?
Le dosage de la thyroglobuline ne doit pas être effectué
pour le dépistage ou pour le diagnostic des cancers thyroïdiens
différenciés (standard, niveau de preuve B2).
Le dosage de thyroglobuline doit être réalisé régulièrement
au cours de la surveillance des cancers thyroïdiens différenciés
(standard, niveau de preuve B2).
Les concentrations de thyroglobuline doivent alors être interprétées
en fonction des concentrations de TSH. Ces dosages sont effectués
dans trois conditions : sous traitement hormonal (standard), après
sevrage (standard) ou sous stimulation par la TSH recombinante (option).
3. Les marqueurs sériques du cancer médullaire thyroïdien.
La calcitonine est un marqueur sérique des cancers médullaires
de la thyroïde (standard).
Il est impératif qu'au minimum tous les examens prescrits au
cours d'une même ligne de traitement ou pendant la surveillance
soient effectués dans le même laboratoire, avec la même
technique (standard, accord d'experts).
L'ACE est un marqueur complémentaire de la calcitonine dans la
surveillance des cancers médullaires de la thyroïde (standard).
4. Quelle est la place de la calcitonine et de l'ACE dans la prise
en charge des cancers médullaires de la thyroïde ?
Le dosage de la calcitonine sérique est un standard pour le diagnostic
des cancers médullaires de la thyroïde : calcitonine de base
pour les formes macroscopiques et calcitonine sous stimulation par la
pentagastrine pour le dépistage des stades microscopiques dans
les formes familiales (standard).
Les dosages de la calcitonine (avec ou sans stimulation par la pentagastrine)
et de l'ACE sont des standards dans la surveillance des cancers médullaires
de la thyroïde pour dépister une reprise évolutive
(standard).
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