ARTICLE
L'accréditation
a fait beaucoup de chemin depuis sa signification originale, comme dans
« accréditer un ambassadeur » ou « accréditer
une personne auprès d'un banquier » jusqu'à l'accréditation
(mot qui n'existe d'ailleurs pas dans les dictionnaires classiques) des
acteurs du système de santé et de leurs laboratoires telle
qu'elle est apparue ces derniers temps dans les discours et les textes
officiels. Dans cette dernière conception, l'accréditation
implique l'existence d'une part d'un référentiel de conditions
à remplir et d'autre part d'une instance susceptible de vérifier
que les procédures sont respectées et de délivrer
l'accréditation.
Tout d'abord comment en est-on arrivé là ? Au début,
il y a eu l'industrie : avec la mondialisation des échanges commerciaux,
la production, au sens le plus large du terme, a ressenti le besoin d'établir
des moyens objectifs de comparaison et cela en partant d'essais d'uniformisation,
standardisation dit-on de nos jours. La réflexion de l'industrie
a généré une série de procédures avec
pour objectif principal l'amélioration du produit final. Deux ordres
de procédures ont été mis en uvre : la certification
et l'accréditation [1].
Ensuite il y a eu le monde médical, plus particulièrement
celui des « clinical chemists », des biologistes exerçant
de façon strictement monodisciplinaire, en biochimie. Depuis quelques
décennies, sous l'impulsion initiale des Scandinaves, suivis de
près par les Anglo-Saxons, Bataves et autres Germains (l'Europe
du Nord à forte tendance réglementaire), la profession a
mis à profit le fait que l'analyse médicale, au sens limité
du terme, c'est-à-dire la mesure, pouvait être assimilée
à certaines activités existant dans l'industrie pour proposer
de lui appliquer ces mêmes procédures (procédures
applicables aux laboratoires d'essai et d'étalonnage de l'industrie
: « testing and calibration laboratories » ISO guide
25 [2]). Ces tenants d'une biologie biochimique et principalement
analytique, se sont accrochés à cette définition
limitative avant tout parce qu'elle était susceptible de permettre
une accréditation immédiate selon des référentiels
existants et qu'elle faisait entrer l'accréditation des laboratoires
médicaux dans le cadre très général de l'accréditation
des laboratoires. Le groupe qui a initialisé cette tendance a été
la Welac (Western European Laboratory Accreditation Cooperation, présidée
par A. Kallner, Suédois) ; un autre groupe l'ECLM (European Confederation
of Laboratory Medecine, présidée par R. Dybkaer, Danois)
lui a emboîté le pas.
Les tenants d'une biologie globale parce que couvrant la totalité
de l'acte biologique (pré-, per- et postanalytique) et parce que
intéressant toutes les disciplines biologiques (hématologie,
microbiologie, etc.) ont considéré que ces référentiels
industriels étaient incomplets et donc non applicables tels quels
à la biologie médicale. Cette approche a été
formalisée au sein de l'EC4 (European Communities Confederation
of Clinical Chemistry, présidée par G. Sanders, Hollandais)
qui a produit un texte fortement inspiré du GBEA français,
grâce à l'efficacité des représentants de la
SFBC dans ce groupe. La traduction française de la dernière
« mouture » (de tels textes se doivent d'être évolutifs)
figure dans ce numéro.
Cependant, après des débuts quelque peu discordants parce
que concurrentiels, une évolution constructive des idées
se fait au sein de la communauté scientifique internationale et
elle s'oriente naturellement vers cette biologie globale. Très
récemment un nouveau groupe de travail de l'ISO-TC 212 [3] a élaboré
un texte, non encore publié, réalisant une synthèse
associant à l'ISO-Guide 25, les textes de l'EC4 et le GBEA français.
REFERENCES
1. Bousquet B, Charret J, Dreux C, et al. Réflexion
et recommandation sur l'accréditation des laboratoires de biologie
médicale hospitaliers et privés. Ann Biol Clin 1998
; 56 : 504-7.
2. ISO/IEC Guide 25. Général requirements for the
competence of calibration and testing laboratories, 1990. Documentation
Afnor.
3. ISO/CD 15189. Quality management in the medical laboratory
ISO-TC 212. Working group 3. Documentation Afnor.
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