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Le marché des variétés de coton-Bt : analyse de la situation en Chine dans une perspective internationale


Cahiers Agricultures. Volume 19, Numéro 1, 34-42, janvier-février 2010, Étude originale

DOI : 10.1684/agr.2009.0357

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Naiyin Xu, Michel Fok , Jiangsu Academy of Agricultural Sciences Research Institute of Industrial Crops 210014 Nanjing China, Cirad Avenue Agropolis TA B102/02  34398 Montpellier France.

Résumé : Depuis le début de la commercialisation du coton-Bt en 1996 aux États-Unis, l’utilisation de ce type de coton s’est développée dans une dizaine de pays. Cette commercialisation avait fait surgir les craintes d’un monopole de Monsanto et de la perte de diversité variétale dans les pays utilisateurs du coton-Bt. Il existe aujourd’hui très peu d’analyses sur l’état réel des marchés de variétés de coton-Bt dans le monde. L’article propose une présentation de l’état et de l’évolution du marché de ces variétés en Chine, en la plaçant dans la perspective des autres pays utilisateurs. Il faut distinguer monopole des gènes Bt de Monsanto – monopole effectif dans tous les pays, sauf en Chine – et monopole des variétés proposées par Monsanto. Ce dernier monopole n’est pas toujours confirmé, et en tout cas pas en Chine. Dans ce pays, une concurrence très active s’est instaurée, avec une tendance des obtenteurs à proposer des variétés présentant à la fois le trait Bt et la caractéristique hybride F1. Cette concurrence est même excessive, car elle engendre des effets négatifs tant pour les producteurs que les entreprises de distribution de variétés et de semences, obligeant l’État chinois à engager une régulation du marché.

Mots-clés : amélioration génétique, commercialisation, transformation, productions végétales

ARTICLE

Auteur(s) : Naiyin Xu1, Michel Fok2

1Jiangsu Academy of Agricultural Sciences Research Institute of Industrial Crops 210014 Nanjing China
2Cirad Avenue Agropolis TA B102/02  34398 Montpellier France

Le démarrage de la commercialisation de variétés de coton transgéniques avait immédiatement fait surgir deux craintes. Il s’agissait du risque, dans les pays qui les adoptent, de monopole des variétés imposées par les firmes de biotechnologies, et plus précisément par Monsanto (Berlan et Lewontin, 1998), ainsi que celui de la perte de diversité variétale. Ces craintes demeurent, après plus de dix ans de commercialisation (Devaiah et Dommen, 2008), et il y a très peu d’analyses pour statuer sur leur bien-fondé à partir de l’état réel des marchés de variétés de cotonnier intégrant un gène Bt (appelé « coton-Bt » dans la suite du texte). L’une des rares études, qui concerne le cas extrême de l’Afrique du Sud (Aerni, 2005; Witt et al., 2006), tendrait cependant à confirmer les craintes évoquées.

Pour autant, il ne semble pas que le cas de l’Afrique du Sud soit général. Ces dernières années, en Inde, la presse rapporte régulièrement la mise en marché de nouvelles variétés de coton-Bt, ou l’introduction du gène Bt de la Chine pour compléter celui de Monsanto. En Chine, la plupart des études évoquent la cohabitation des variétés introduites par Monsanto1 et des variétés chinoises (Pray et al., 2001b ; Russell et Deguine, 2006).

L’objet de cet article est de présenter l’état et l’évolution du marché des variétés de coton-Bt en Chine et de les analyser dans la perspective des huit autres pays qui ont adopté ce type de cotonnier. Dans la plupart de ces pays, la commercialisation du coton-Bt a concerné des variétés intégrant les gènes Bt de Monsanto (Bollgard I ou Cry 1Ac, et Bollgard II combinant les gènes Cry 1Ac et Cry 2Ab), gènes intégrés au départ dans des variétés de la firme américaine Delta & Pineland Company et que nous appelerons « variétés Monsanto » dans la suite du texte.

Nous procéderons d’abord à un panorama des états de marchés de variétés de cotonnier dans tous les pays ayant adopté le coton-Bt (hors Chine). Ensuite, l’analyse du cas chinois sera détaillée. Par commodité, les sources de données utilisées seront précisées lors de leur exploitation – elles sont de nature officielle en quasi-totalité.

Diversité du degré de concurrence des marchés

Les pays à coton-Bt

Depuis 1996, le coton-Bt est cultivé dans neuf pays2 dans le monde (USA, Argentine, Afrique du Sud, Australie, Mexique, Colombie, Inde, Brésil et Chine). L’évolution de la production cotonnière est très variable dans ces pays depuis l’adoption du coton-Bt (tableau 1). L’analyse détaillée de cette évolution sort du champ de cet article, limitons-nous à constater le contraste entre deux pays, l’Afrique du Sud et l’Inde. La production est en voie de disparition en Afrique du Sud, surtout au niveau des petits paysans noirs (Hofs et al., 2006), ce que ne laissait pas prévoir l’évaluation de l’utilisation du coton-Bt (Thirtle et Jenkins Beyers, 2003) qui avait occulté le contexte agricole particulier et les défaillances institutionnelles des appuis à l’agriculture dans ce pays (Hofs et al., 2006). La progression de la production en Inde est en revanche fulgurante. Dans plusieurs pays, la baisse de la production, engagée déjà avant l’avènement du coton-Bt, se poursuit (Mexique, Argentine, Colombie). La forte baisse en Australie est due à la persistance de la sécheresse.

Tableau 1 Année d’adoption du coton-Bt dans les pays cotonniers utilisateurs.Table 1. Year of commercial release of Bt-cotton in adopting countries.

Pays

Année de commercialisation officielle du cotonnier-Bt

Moyenne production (tonnes coton-fibre)

1996-1998

2006-2008

États-Unis

1996

3 749

3 891

Australie

1996

676

245

Afrique du Sud

1997

42

10

Argentine

1997

283

147

Chine

1997

4 524

8 024

Mexique

1996

221

135

Colombie

2002

42

39

Inde

2002

2 838

5 015

Brésil

2005

413

1 447

Situations différenciées de monopole national des variétés de Monsanto

L’état de monopole national des variétés de coton-Bt de Monsanto est effectif dans plusieurs pays, mais ce n’est pas la règle générale. Les situations différenciées de marché sont restituées dans le tableau 2, constitué à partir des informations tirées des catalogues de variétés accessibles sur les sites Internet (Afrique du Sud, Mexique, Brésil, États-Unis), des organisations de recherche, de distribution de semences (Inde, Australie) ou encore, faute de mieux, de l’analyse des articles de presse relatifs aux pays (Argentine, Colombie).

Une situation de monopole national des variétés de Monsanto prévaut dans cinq pays, où, à l’exception du Brésil, la production est en baisse continue (Afrique du Sud, Argentine, Mexique et Colombie). Dans tous ces pays, le monopole se manifeste par un faible nombre de variétés commercialisées (deux ou trois).

La commercialisation de coton-Bt n’induit pas forcément une réduction de la diversité variétale, comme le montrent l’Australie, les États-Unis et l’Inde, trois pays qui ont en commun une capacité réelle de création variétale.

En Australie, la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) est l’organisme public disposant de l’exclusivité de la recherche variétale depuis plusieurs décennies. L’exploitation commerciale des variétés est confiée sous licence exclusive à la Cotton Seed Distributors (CSD). Jusqu’à fin 2008, les variétés de coton-Bt commercialisées ont résulté de l’intégration du gène Bt de Monsanto dans les variétés développées par la CSIRO.

Pour les États-Unis, les données récupérées permettent d’analyser le phénomène d’enregistrement de variétés nouvelles autour de 1996, année charnière de la commercialisation des variétés transgéniques. Depuis 1996, les certificats ont été délivrés pour 227 variétés nouvelles, dont 68 seulement intègrent le gène Bt, seul ou avec un gène de tolérance à un herbicide. Ces variétés de coton-Bt sont la propriété de 16 entreprises distinctes de création variétale, dont Monsanto.

En Inde, la base de données sur les variétés enregistrées n’est pas encore opérationnelle, nous ne pouvons savoir combien de variétés sont inscrites au catalogue. C’est le Centre national de recherche cotonnière qui dénombre les variétés transgéniques inscrites dans le catalogue national. Il y en a 131 en fin 2008 ; elles sont toutes hybrides et réalisées à partir du fonds génétique des entreprises indiennes de création variétale.

Globalement, en absence de monopole national de Monsanto dans le marché des variétés de coton-Bt, ces variétés découlent de l’introgression du gène Bt (de Monsanto) dans les variétés développées localement. C’est seulement aux États-Unis que les variétés de coton-Bt de Monsanto peuvent exister, aux côtés des variétés des entreprises concurrentes qui ont obtenu licence d’utilisation du gène Bt de Monsanto.

Tableau 2 Structure des marchés des variétés de coton.Table 2. Markets structure of cotton varieties.

Pays

Nombre de variétés enregistrées fin 2008

Total des variétés

Total des variétés transgéniques

Total avec Bt

Variétés Bt de Monsanto

Sous monopole

Afrique du Sud

36

9

6

6

Argentine

2

2

Mexique

4

2

2

2

Colombie

6

5

4

4

Brésil

72

5

3

3

Sous concurrence

Australie

26

20

13

0

États-Unis*

227

121

68

Inde*

131

131

0

Dynamiques diverses dans l’enregistrement de variétés nouvelles

Au-delà de l’état de concurrence du marché des variétés, indiqué par le nombre de variétés enregistrées en 2008, l’évolution de l’enregistrement des variétés est aussi importante à saisir.

Dans les pays où Monsanto jouit d’une situation de monopole, la dynamique de l’offre variétale est faible (Argentine, Mexique, Brésil). Par manque d’informations, nous ne pouvons nous prononcer pour la Colombie.

En Argentine, les deux seules variétés de coton-Bt (NuCOTN 33B et DP 50B) ont été inscrites au catalogue en 1998 et 2000 (Qaim et Cap, 2002). Cette situation s’explique par la politique de prix des semences qui a écarté les petits producteurs (Qaim et de Janvry, 2003), et surtout par la préservation du privilège des semences paysannes au détriment de l’achat de semences commerciales (Qaim et Cap, 2002). C’est certes une situation de monopole, mais plutôt un échec de commercialisation.

Au Mexique, les deux dernières variétés enregistrées, en 2004, sont les variétés Bt de Monsanto (NuCOTN 33B et NuCOTN 35B), effectivement cultivées (Traxler et Godoy-Avila, 2004). Il n’y en a pas d’autre depuis.

Au Brésil, la commercialisation du coton-Bt n’a été officiellement autorisée que depuis 2005, mais elle était précédée par une utilisation illégale à partir de semences importées de l’Argentine. L’inscription au catalogue des trois variétés de coton-Bt de Monsanto (Nuopal, DP90 B et DP 604BG) est antérieure à 2007. Au cours des années 2007 et 2008, huit variétés nouvelles ont été enregistrées, mais deux seulement sont transgéniques, avec le trait de la tolérance aux herbicides. La situation de monopole de Monsanto pour les variétés de coton-Bt témoigne en fait de l’efficacité mitigée du coton-Bt au Brésil, car un ravageur important localement (Anthonomus grandis ou charançon de la capsule) n’est pas contrôlé par la toxine Bt.

En Afrique du Sud, 14 variétés nouvelles sont enregistrées depuis 1997. Dans ce pays, la poursuite de l’enregistrement de variétés nouvelles de coton-Bt s’explique parce que l’Afrique du Sud s’inscrit dans la stratégie mondiale de production de semences de Monsanto, comme lieu de production de semences complémentaire aux pays de l’hémisphère Nord.

Dans les autres pays où les variétés de Monsanto ne jouissent pas de situation de monopole, le dynamisme de l’offre variétale peut être observé de manière plus ou moins nette.

En Australie, on ne dispose pas d’information sur la chronologie d’inscription des variétés au catalogue. Cette lacune rend difficile l’appréciation de l’offre variétale. Néanmoins, ce pays a levé depuis 2004-2005 la limitation de la part du coton-Bt à 30 % des superficies, qu’il avait fixée pour prévenir l’apparition de résistance des ravageurs (Fitt, 2003). La part en surface du coton-Bt est estimée aujourd’hui à 80 % (Constable, 2004) et on peut penser que l’offre de nouvelles variétés a répondu à la demande.

Les informations disponibles aux États-Unis sont plus riches. Elles mettent en évidence un dynamisme accru de l’offre variétale depuis 1996, quoiqu’avec une tendance à la concentration des entreprises de création variétale. Le tableau 3 indique que, au cours de la période 1976-1995, 215 variétés furent inscrites au catalogue pour le compte de 56 organisations d’obtention variétale. Depuis 1996, les certificats d’obtenteur ont été délivrés à 227 variétés, sur une période de dix ans seulement, mais à un moindre nombre d’obtenteurs (27). Par ailleurs, la demande de certificats d’obtention est engagée pour 80 variétés.

Ce réel dynamisme de création variétale observé aux Etats-Unis peut surprendre. En réalité, la proposition de nouvelles variétés procède beaucoup de l’introgression d’un ou deux gènes sur des variétés existantes, ce qui est bien plus rapide que la démarche classique de création variétale nécessitant en moyenne huit années. Le marché de variétés est encore assez partagé entre le coton conventionnel et transgénique. Au cours des dix dernières années, il y a eu une répartition à peu près égale entre variétés de coton conventionnel et transgénique. Le coton-Bt représentait un peu plus de la moitié des variétés transgéniques. Tous les obtenteurs (27) sont impliqués dans l’offre de variété transgénique, mais seulement 16 ont enregistré des variétés de coton-Bt. La situation d’équilibre semble évoluer. Parmi les 80 variétés en attente, 10% seulement concernent le coton conventionnel.

En Inde, la reconnaissance du droit des paysans à pouvoir utiliser les semences issues de leurs productions a certainement influencé l’option de Monsanto de n’accorder la licence de ses gènes Bt que pour les variétés hybrides, dans le but de préserver la demande de semences commerciales (Russell et Deguine, 2006). Cette option a aussi une incidence sur la rapidité de l’offre variétale. Il suffit de croiser un parent porteur du gène Bt et un parent aux bonnes caractéristiques agronomiques pour que l’hybride ainsi créé soit également Bt (le gène Bt est dominant). Une nouvelle variété peut ainsi être proposée en deux ans, au lieu de huit ans.

En Inde, à la fin de 2007, 31 organisations différentes de création variétale ont enregistré 69 variétés, alors qu’il n’y en avait que 4 en 2005 (tableau 4). Il s’agit d’une situation de grande concurrence. La quasi-totalité des variétés recourent aux gènes Bt de Monsanto, essentiellement Bollgard I, mais le recours au Bollgard II a débuté. Les premières variétés, recourant à une autre combinaison de gènes de Bt (venue en réalité de Chine), ont fait leur apparition en 2008.

Tableau 3 Répartition des certificats d’obtentions variétales aux États-Unis.Table 3. Distribution of breeders’ certificates in the USA.

Type de variétés

Nombres concernés de

Statut des certificats d’obtenteurs

Expiré

En cours

En examen

De 1976 à 1995

Conventionnel

Variétés

174

41

Compagnies d’obtention

43

23

À partir de 1996

Conventionnel

Variétés

106

7

Compagnies d’obtention

24

2

GM, tous types

Variétés

121

57

Compagnies d’obtention

27

16

GM, avec gène Bt

Variétés

68

26

Compagnies d’obtention

16

7

Non précisé

Variétés

16

Compagnies d’obtention

2



Tableau 4 Évolution de la délivrance de certificats d’obtentions de coton-Bt en Inde.Table 4. Evolution of the issuance of breeders’ certificates for Bt-cotton in India.

2002

2004

2005

2006

2007

2002-2007

Nombre de compagnies d’obtention

1

1

4

15

31

Nombre total de variétés

3

1

16

42

69

131

Dont, avec évènement Bt de

cry 1 Ab and cry 1 Ac (GFM Cry 1A)

3

3

6

cry 1 Ac (MON 531 Event)

3

1

16

32

54

106

cry 1 Ac and cry 2 Ab (MON 15985 Event)

7

12

19

Spécificités du marché chinois

Spécificités de la culture, des techniques et des recherches

Le coton est produit dans trois régions principales, la vallée du fleuve Jaune, la vallée du fleuve Yangtsé et la région du Nord-Ouest correspondant principalement à la province autonome du XinJiang. Dans cette dernière province, à climat continental aride, la pression des ravageurs cibles des toxines Bt est faible ; l’utilisation du coton-Bt y est donc peu justifiée.

La production cotonnière est intensive partout en Chine. En plus d’un haut niveau de fertilisation à base d’engrais minéraux et du contrôle chimique des ravageurs du cotonnier, les paysans font appel systématiquement aux régulateurs de croissance et installent fréquemment le coton sous mulch plastique (Fok et al., 2005a). Ils investissent aussi beaucoup en travail pour promouvoir le développement et la croissance des organes fructifères (élimination des branches végétatives et écimage des cotonniers). Cette évocation suffit pour indiquer la quantité de techniques développées par la recherche et les efforts consentis pour favoriser leur adoption, notamment à travers une politique de subvention de l’intensification jusqu’au milieu des années 1990 (Fok et Xu, 2009).

Dans le domaine des biotechnologies, les programmes de recherche ont permis la synthèse d’un gène Bt breveté en Chine (communément appelé Cry 1A par les chercheurs chinois). Les recherches ont permis d’isoler d’autres gènes d’intérêt agronomique dont un gène d’inhibition de protéase chez certains insectes (Cowpea protease Inhibition ou CpTi) que les chinois sont les seuls à associer aux gènes Bt dans certaines variétés de coton. Enfin, ils ont mis au point la technique d’injection de gène par le tube pollinique (Gong et al., 1988), qui a été beaucoup exploitée pour la création des premières variétés de coton-Bt (Russell et Deguine, 2006).

La recherche chinoise a aussi promu la transplantation du cotonnier, que la Chine est le seul pays à pratiquer dans sa forme particulière, intensive en travail (Fok et Xu, 2007). Cette technique a permis d’installer la culture du coton immédiatement après la récolte d’une céréale d’hiver (blé ou orge). Dans nos travaux de terrain dans cette vallée, les interlocuteurs rencontrés ont parlé d’une adoption généralisée en raison de deux avantages majeurs : la sécurisation de la culture contre les risques de gelées et un rendement plus élevé. À cela, il faut ajouter la commercialisation de variétés hybrides F1, au début des années 1990 (Liu et al., 2005), avec lesquelles il a été possible de réduire la densité de 45 000 plants/hectare à 30 000 plants/hectare (Liu et al., 2005), ce qui a réduit d’autant le travail de transplantation. L’effet hybride induisait un gain supplémentaire de rendement, estimé à 15 % (Xing et al., 2007).

Une large adoption du coton-Bt et une part décroissante de Monsanto

La Chine est l’un des rares pays à fournir des statistiques annuelles de surfaces en fonction des variétés utilisées, pour les principales cultures, dont le coton, relevées par le Centre national de vulgarisation et de diffusion technologique (CNVDT, ministère de l’Agriculture). Nous avons utilisé les données des annuaires statistiques diffusés de manière restreinte par le CNVDT, en veillant à contrôler3 la nature (Bt ou hybride) des variétés répertoriées4. La nature déclarée officiellement lors de l’enregistrement peut être faussée par le refus de certains obtenteurs de payer les royalties associées à l’utilisation de transgènes ou par leur volonté d’éviter les tests de biosécurité. Bien entendu, les statistiques relevées dans un cadre administratif ne peuvent être d’une fiabilité parfaite. Pour autant, l’on peut considérer que les évolutions qu’elles permettent de déceler correspondent à la réalité, car les méthodes de relevé sont restées identiques.

L’analyse des « données CNVDT » met en évidence une diffusion rapide et large du coton-Bt depuis 1997 (tableau 5). La commercialisation du coton-Bt a été autorisée d’abord dans les trois principales provinces cotonnières de la vallée du Fleuve Jaune (Hebei, Henan et Shandong), en particulier avec les variétés de Monsanto. C’est dans ces provinces – plus particulièrement Hebei et Shandong – que la couverture totale en coton-Bt a été rencontrée et que le taux d’adoption reste le plus élevé (plus de 95 %). Dans les autres provinces, le taux de couverture en coton-Bt est fluctuant, de 37 à 80 %. L’utilisation du coton-Bt est effective même dans la Province du Xinjiang (couverture de 19 %) où elle est techniquement peu justifiée. Au niveau national, le taux de couverture est d’environ 70 %, ce qui est très proche des indications de l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications) le seul organisme qui informe sur les superficies en OGM, sans cependant citer ses sources. En termes d’évolution, au niveau national comme à l’échelle des provinces prises individuellement, une stagnation du taux de couverture en coton-Bt est perceptible.

Monsanto a essayé de commercialiser huit variétés différentes, mais deux d’entre elles seulement ont rencontré un succès indéniable : d’abord la DP33B, les premières années, puis la DP99B. Le succès de ces variétés est seulement localisé dans les trois principales provinces cotonnières de la vallée du fleuve Jaune (tableau 3), avec une part de la surface en coton d’environ 75 % (Hebei et Shandong notamment). En dehors de ces provinces, la pénétration des variétés de Monsanto a été faible, voire nulle. Dans toutes les provinces, la part en surface des variétés de Monsanto baisse régulièrement depuis 1999-2000. Même dans les provinces où ces variétés avaient été largement adoptées, elles ne représentent plus que 7 à 15 % de la surface en coton. Comme les paysans chinois utilisent effectivement les semences qu’ils ont produites (Liu, 2006), la part de Monsanto dans le marché des semences est encore bien plus faible.

Tableau 5 Part en surface du coton-Bt et part des variétés américaines dans les principales provinces cotonnières en Chine.Table 5. Area share of Bt-cotton and share of US varieties in main cotton-producing provinces in China.

Province

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Anhui

% surface en Bt

2,4 %

8,4 %

23,2 %

57,5 %

41,6 %

69,2 %

89,9 %

97,4 %

55,0 %

% US des surfaces en Bt

58,8 %

64,9 %

25,6 %

15,4 %

0,0 %

0,0 %

7,8 %

Shandong

% surface en Bt

12,6 %

74,4 %

90,2 %

100,0 %

97,8 %

92,6 %

91,8 %

94,0 %

96,4 %

% US des surfaces en Bt

49,2 %

68,5 %

68,3 %

75,9 %

55,1 %

50,6 %

20,3 %

11,8 %

7,7 %

Jiangsu

% surface en Bt

3,3 %

6,6 %

9,7 %

34,8 %

60,2 %

80,4 %

78,1 %

80,6 %

% US des surfaces en Bt

23,7 %

4,7 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

Hebei

% surface en Bt

22,8 %

70,7 %

90,3 %

100,0 %

94,7 %

95,4 %

98,3 %

100,0 %

100,0 %

97,0 %

% US des surfaces en Bt

84,1 %

94,2 %

74,9 %

76,4 %

69,8 %

53,7 %

42,8 %

40,1 %

14,4 %

Henan

% surface en Bt

1,9 %

1,1 %

1,9 %

19,0 %

38,7 %

70,3 %

62,3 %

78,0 %

91,7 %

83,1 %

82,9 %

% US des surfaces en Bt

13,3 %

57,3 %

53,1 %

27,5 %

17,8 %

14,5 %

7,8 %

Hubei

% surface en Bt

27,2 %

25,1 %

29,5 %

33,3 %

33,3 %

29,7 %

37,2 %

% US des surfaces en Bt

9,0 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

Hunan

% surface en Bt

8,8 %

49,0 %

65,6 %

79,8 %

82,4 %

% US des surfaces en Bt

Xinjiang

% surface en Bt

1,6 %

0,0 %

2,4 %

3,8 %

5,0 %

19,0 %

% US des surfaces en Bt

34,8 %

0,0 %

0,0 %

0,0 %

China

% surface en Bt

0,5 %

2,9 %

7,6 %

21,0 %

39,7 %

45,7 %

49,1 %

64,0 %

69,4 %

70,9 %

69,7 %

% US des surfaces en Bt

71,4 %

61,6 %

52,5 %

62,1 %

52,3 %

37,3 %

21,1 %

15,7 %

7,4 %

% surface en Bt selon ISAAA

0,8 %

5,9 %

17,6 %

30,1 %

45,2 %

50,2 %

54,8 %

65,0 %

65,2 %

64,7 %

Dynamisme du marché des variétés

Les « données du CNVDT » permettent de suivre le nombre de variétés sur lequel est répartie la surface cotonnière depuis 1990 comme une indication du degré de concurrence au sein du marché de variétés. Les données ont été traitées en fonction de deux périodes, autour de l’année charnière de 2000 qui a correspondu à l’application d’un nouveau cadre institutionnel (Fok et Xu, 2009).

Le tableau 6 montre que la Chine a toujours offert un grand nombre de variétés aux producteurs pour l’adaptation aux conditions physiques et climatiques d’un pays immense. Il y avait 199 variétés différentes utilisées pendant la décennie 1990. Depuis, on recense 372 variétés dans les sept années qui ont suivi, dont 73 variétés étaient déjà utilisées dans la période précédente. Cela signifie la commercialisation d’environ 300 variétés nouvelles sur une période plus courte. Il convient de noter que la surface moyenne annuelle pour chaque variété ayant dépassé le seuil de recensement de 100 000 mu (1 mu = 1/4 d’hectare) a diminué de moitié entre les deux périodes.

L’état de la concurrence entre les organisations de création variétale peut être appréhendé par les données accessibles auprès du Bureau de la protection des obtentions végétales (BPOV). Ces « données du BPOV » permettent de connaître, pour la période 1999-2007, l’évolution du nombre de variétés inscrites au niveau national, leur nature (transgénique ou hybride), les noms des organismes obtenteurs et les provinces d’origine. Nous avons pu, par ailleurs, identifier leur nature (université, institut de recherche, firme privée, services d’appui technique).

Les « données du BPOV » mettent en évidence que 156 organisations de création variétale ont été impliquées dans l’offre de variétés pour l’ensemble du territoire chinois (tableau 7). Ce sont essentiellement des organisations du niveau de la province ou du district. Les instituts de recherche constituent encore le groupe le plus important dans l’offre de variétés nouvelles (presque 50 % des organisations impliquées), mais les sociétés à statut privé, nées seulement depuis 2000, sont déjà presque aussi nombreuses.

Les données du BPOV permettent aussi de cerner la tendance dans les types de variétés proposées. La part des variétés comportant le gène Bt est importante – environ 85 % –, mais cette part semble stagner. La part des variétés hybrides était déjà notable dès 1999 (33%), elle atteint plus de 60 % et il est possible que cette croissance se poursuive (tableau 8). Pour les firmes privées, les tendances observées sont très semblables. Les variétés qu’elles proposent sont à près de 90 % du coton-Bt et elles sont à plus de 60 % sous forme hybride. Les types de variétés proposées ne diffèrent pas sensiblement entre les types d’obtenteurs.

Tableau 6 Évolution du nombre de variétés à superficies recensées par le Centre national de vulgarisation et de diffusion technologique (CNVDT).Table 6. Evolution of the number of varieties with recorded areas by CNVDT.

Nombre de variantes recensées

Nombre de variantes recensées avec surface > 6 667 hectares

Surface totale des variantes recensées (hectare)

Surface moyenne des variantes recensées sur la période (hectare)

Surface moyenne annuelle (hectare/an)

1990-1999

199

199

44 423 680

223 235

22 323

2000-2006

372

203

28 854 401

77 566

11 080



Tableau 7 Répartition des organismes de création variétale.Table 7. Distribution of cotton breeding organizations.

Niveau administratif du siège des organismes

Sociétés

Facultés/universités

Instituts de recherche

Services agricoles

Total

Comté

9

1

11

1

22

District

35

1

31

1

68

Province

17

11

26

3

57

Central

2

1

6

9

Total

63

14

74

5

156



Tableau 8 Évolution des nombres et des types de variétés soumises à inscription nationale.Table 8. Evolution of the number and types of varieties submitted for national registration.

Nombre total de variétés soumises

Part en % du nombre total de variétés soumises

Nombre de variétés soumises par les firmes

Part en % du nombre de variétés soumises par les firmes

Hybrides

Cultivar Bt

Hybrides

Cultivar Bt

1999

9

33,3 %

0,0 %

2000

27

44,4 %

44,4 %

1

0,0 %

100,0 %

2001

55

29,1 %

27,3 %

3

0,0 %

0,0 %

2002

72

27,8 %

48,6 %

5

0,0 %

20,0 %

2003

76

32,9 %

71,1 %

10

10,0 %

30,0 %

2004

73

32,9 %

71,2 %

20

40,0 %

65,0 %

2005

94

55,3 %

75,5 %

27

63,0 %

74,1 %

2006

115

62,6 %

87,0 %

31

61,3 %

80,6 %

2007

113

58,4 %

85,8 %

37

62,2 %

89,2 %

Total

634

45,7 %

68,8 %

134

50,7 %

71,6 %

Un état de concurrence excessive

Indication de rentabilité difficile pour de nombreuses variétés

Comme indication de l’incidence de la concurrence du marché, nous avons déjà souligné la réduction de moitié de la superficie moyenne annuelle des variétés ayant dépassé le seuil de recensement du CNVDT, de 100 000 mu. Les deux premières colonnes du tableau 6 fournissent une autre indication de l’incidence de la concurrence. La comparaison entre les deux premières colonnes montre qu’avant l’année 2000, toutes les variétés recensées avaient pu atteindre le seuil de 100 000 mu/hectare au moins une fois. Après l’année 2000, ce n’est plus le cas pour 169 variétés (ou, plus précisément, 99 nouvelles variétés, si l’on écarte les variétés qui étaient déjà commercialisées avant 2000). Si l’on admet que le seuil de 100 000 mu (ou 6 667 hectares) est un niveau minimum de rentabilité commerciale, ce qui paraît tout de même faible5, un tiers des variétés nouvelles n’ont pas atteint ce seuil.

Concurrence accrue par la concentration de la demande

La concentration de la demande peut être cernée à partir de l’analyse des données du CNVDT. Au cours de la période 1990-2006, sur un total de 501 variétés différentes6, 16 d’entre elles seulement ont atteint le million d’hectares. Globalement, ce groupe de variétés a représenté 48 % de la superficie totale des variétés à superficies recensées. Cela donne une idée du phénomène de concentration de la demande sur la période.

Les parts de marché de la variété la plus cultivée (ou « Top 1 »), ou des trois variétés les plus cultivées (ou « Top 3 ») ont été respectivement de 40 % et 75 % en 1990. Ces parts ont décru de manière régulière depuis cette date, mais elles représentent encore, en 2006, 15-20 % et 30-45 % respectivement, en fonction des provinces. La part des cinq variétés les plus cultivées (ou « Top 5 ») varie, en fonction des provinces, entre 37 et 60 % en 2006. Le marché résiduel paraît bien petit pour les 300 autres variétés. Ces résultats corroborent les observations issues d’une enquête réalisée dans la Province du Jiangsu (vallée du fleuve Yangtsé) auprès de 176 paysans. Les paysans ont utilisé au total 21 et 26 variétés en 2004 et 2005, mais la part des Top 1, 3 et 5 a été respectivement de 25-37 %, 60-63 % et 74-78 % (Fok et Xu, 2007).

Faiblesse de la durée de vie commerciale des variétés

Les données du CNVDT permettent aussi de cerner la durée de vie commerciale des variétés mises en marché, en l’estimant à partir du nombre d’années durant lesquelles une variété a dépassé le seuil de surface de recensement du CNVDT.

Globalement, sur la période 1990-2006, la rude concurrence entre les obtenteurs se traduit par une faible durée de vie commerciale pour la plupart des variétés. Près du tiers d’entre elles a eu une durée de vie d’un an et 63 % une durée de trois ans au plus. Seules 18 % ont eu une durée de plus de cinq ans. La faiblesse de cette durée pose le problème du recouvrement des coûts de développement et de promotion des variétés. C’est un facteur objectif qui contribue à expliquer l’augmentation du prix de semences (Lang, 2006), en dépit de la concurrence, ou plus précisément, à cause de la concurrence (Fok et Xu, 2007).

Concurrence, source d’abus et d’incertitude

Peu après la commercialisation de semences de coton-Bt en Chine, il a été observé la commercialisation de ces semences qui ne disposaient pas du trait Bt (Pray et al., 2001a). Ce problème semble s’être aggravé depuis, l’abus portant à la fois sur la nature transgénique et la qualité des semences (Lu et al., 2006).

Plus problématique est la difficulté pour les paysans de cerner les caractéristiques réelles des semences qu’ils achètent. Le prix des semences achetées n’est pas bien corrélé avec l’efficacité des variétés de coton-Bt (Pemsl et Waibel, 2007). Cette réalité explique le comportement de paysans à réaliser les traitements chimiques plus que nécessaires, craignant que le trait Bt fusse absent dans les variétés de coton-Bt qu’ils avaient achetées (Pemsl et al., 2005). Pis encore, cette réalité peut même justifier le penchant qu’ont les paysans à acheter des semences moins chères (Pemsl et al., 2008), ce qui génère en retour une offre de semences de qualité douteuse.

Les récriminations croissantes sur la qualité et le prix élevé des semences ont conduit à traiter ce « désordre du marché des semences » (Liu, 2006). L’intervention de l’État a été sollicitée par les acteurs du secteur coton pour assainir la situation. Cette intervention est engagée depuis 2007 à travers la mise en œuvre d’une politique de subvention aux semences de qualité (Anonyme, 2007) analysée par ailleurs.

Conclusion

Dans l’ensemble de la dizaine de pays qui ont adopté le coton-Bt, le niveau de production et son évolution sont très variables. L’adoption du coton-Bt peut se réaliser dans des secteurs cotonniers stagnants ou en déclin.

Il faut distinguer le monopole des gènes Bt de Monsanto du monopole des variétés qui les intègrent. Le premier type de monopole est confirmé dans tous les pays, sauf en Chine qui dispose de son propre gène Bt. La situation de monopole des variétés de Monsanto existe aussi dans plusieurs pays. Elle se manifeste dans des contextes de production déclinante (Afrique du Sud, Argentine), ou de faiblesse de la recherche nationale (Colombie, Mexique) ou encore de faible attrait de la technologie Bt (Brésil).

Un état de marché de concurrence prévaut aux États-Unis, en Inde et en Australie. Les variétés de coton-Bt résultent de l’intégration sous licence des gènes Bt de Monsanto dans les variétés développées par les recherches nationales.

En Chine, Monsanto a contribué à une large adoption du coton-Bt dans un pays qui maintient son rang de premier producteur mondial, mais sa part dans le marché des semences y est devenue marginale. En réponse à la politique de libéralisation entérinée par la loi sur la protection de la propriété intellectuelle relative aux variétés végétales (Fok et Xu, 2009), un état de concurrence très active prévaut en Chine, à cause du nombre de variétés enregistrées et d’organisations de création variétale et de la diversité de la nature de ces organisations. La Chine est le seul pays où la diffusion du coton-Bt se fait avec des variétés hybrides et non hybrides, la tendance des obtenteurs étant néanmoins de proposer presque systématiquement des variétés intégrant le gène Bt, et ce de plus en plus sous forme hybride.

Cette concurrence très active se révèle en fait excessive. La durée de vie commerciale des variétés est courte, c’est un facteur du relèvement du prix des semences. Le niveau élevé de ce prix encourage en retour la commercialisation de semences de contrefaçon. Tel est le problème de « désordre du marché de semences », qui, depuis 2005, amène les acteurs du secteur coton à demander l’intervention de l’État.

Cette intervention est survenue en 2007 avec la mise en œuvre de la politique de subvention de semences de qualité. Même si les modalités de cette intervention sont discutables (Fok et Xu, 2009), le cas chinois témoigne qu’une politique de libéralisation du marché des semences nécessite une régulation pour être durablement efficace.

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1 À l’époque de son introduction, il s’agissait de l’alliance entre Monsanto et Delta & Pineland Company, entreprise américaine de création variétale et de production de semences de cotonnier. Depuis 2006, ces deux sociétés relèvent de la holding Monsanto.

2 L’Indonésie est parfois évoquée, mais c’est un pays dont la production cotonnière est très faible, voire seulement symbolique.

3 Ce travail de contrôle a été possible car l’auteur chinois de cet article est très impliqué dans la sphère de l’amélioration variétale de coton dans son pays.

4 À titre indicatif, parmi l’ensemble des variétés recensées par le CNVDT, sur les 262 variétés officiellement non transgéniques, 24 l’étaient en réalité.

5 La commercialisation des semences d’une variété ajoute des coûts importants à ceux de son développement : production de semences, promotion publicitaire, réseau de distribution. Le stock de semences constitué à la suite d’une anticipation trop optimiste de la demande est souvent une source importante de déficit.

6 Il y avait 199 variétés recensées avant 2000, puis 372 après cette date, mais 70 variétés étaient communes entre les deux périodes.