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Version abrégée de la severe impairment battery (SIB)


Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement. Volume 1, Numéro 4, 273-83, Décembre 2003, Article original


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Laurence Hugonot‐Diener, Marc Verny, Emmanuel Devouche, Judy Saxton, Patrizia Mecocci, François Boller , Groupe de travail démence sévère du GRECO* Medforma, Paris Université Paris VI et AP‐HP Université René Descartes, Paris 5 University of Pittsburgh Università di Perugia Inserm U 549 .

Résumé : La démence sévère a été encore peu étudiée et ce n‘est que depuis quelques années que nous disposons de batteries capables d‘évaluer ses différents aspects. La SIB a été proposée en 1990, dans le but d‘évaluer les capacités cognitives de ces malades pour lesquels les tests standards ne sont plus adaptés. Le but de cette batterie était d‘analyser les différents domaines cognitifs sur la base des capacités cognitives résiduelles de ces malades. La SIB évalue l‘interaction sociale, l‘orientation, l‘attention, le langage, la mémoire, les praxies, et les fonctions visuo‐spatiales. Elle a été successivement raccourcie, passant d‘un score global de 152, à 133 puis à 100. Cette dernière version comportant 40 items a été publiée en France par Boller et al. Cependant, la pratique clinique a mis en évidence qu‘elle était encore trop longue et comportait certaines redondances. Nous proposons donc une version abrégée ne comportant que 26 items et un score total de 50, et dont la passation peut être accomplie en 10‐15 minutes. La sélection des items pour la version abrégée repose sur l‘expertise clinique des auteurs, étayée par une analyse factorielle (analyse en composantes principales) et le désir de maintenir les domaines étudiés à l‘origine. Cette version abrégée sera validée dans une étude ultérieure conduite en France, aux États‐Unis et en Italie.

Mots-clés : démence sévère, maladie d‘Alzheimer, évaluation

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Laurence Hugonot-Diener 1, 2, Marc Verny 1, 3, Emmanuel Devouche 4, Judy Saxton 5, Patrizia Mecocci 6, François Boller 1, 7

1 Groupe de travail démence sévère du GRECO*
2 Medforma, Paris
3 Université Paris VI et AP-HP
4 Université René Descartes, Paris 5
5 University of Pittsburgh
6 Università di Perugia
7 Inserm U 549

* Le groupe de travail démence sévère du GRECO comprend également : N. Al Aloucy, B. Dieudonné, N. Dobigny, C. Geoffre, N. Raoux, M. Roudier, A. Saillon.

Le vieillissement des populations notamment dans les pays industrialisés, associé à l’augmentation de l’incidence de la démence avec l’âge (en particulier, la maladie d’Alzheimer) ont fait de cette pathologie un problème de santé publique. La démence, toutes étiologies confondues, affecte de 5 à 7 % de la population de 65 ans et plus dans les pays industrialisés. Elle est une des causes principales d’incapacité fonctionnelle et d’institutionnalisation. La démence de type Alzheimer (DTA) constitue, à elle seule, la quatrième cause de mortalité aux États-Unis parmi les sujets de plus de 65 ans. Au stade de démence sévère, l’incapacité fonctionnelle est majeure, et les troubles psycho-comportementaux sont fréquents. En pratique, le score seuil du mini mental state de Folstein et al. (MMS) [1] inférieur à 10 est habituellement retenu pour qualifier les cas de démence sévère.

Plus la démence est évoluée, plus la proportion de patients institutionnalisés est importante. Cela concernerait entre 30 et 70 % des patients selon les études. À l’inverse, quand on s’intéresse à la population institutionnelle, on constate que la proportion de patients déments est très significative, même si elle varie franchement en fonction du type d’institution et des pays. Sur la base de l’étude PAQUID, il a été estimé que le nombre de patients avec démence sévère est d’environ 170 000 [2].

Malgré l’importance de cette population, en majorité des démences de type Alzheimer (DTA), peu de travaux lui ont été consacrés et la description sémiologique des cas de démence sévère reste peu fréquente. Ce n’est que depuis quelques années que nous disposons de batteries capables d’évaluer les différents aspects de la démence sévère [3].

La version française de la severe impairment battery (SIB) est la traduction d’un instrument utilisé à l’origine aux États-Unis. La SIB a été proposée en 1990 [4], dans le but d’évaluer les capacités cognitives de ces malades pour lesquels les tests standards ne sont plus adaptés. Le but de cette batterie était d’analyser les différents domaines cognitifs sur la base des capacités cognitives résiduelles de ces malades.

La SIB évalue les domaines fonctionnels suivants : interaction sociale, orientation, attention, langage, mémoire, praxies, construction et fonctions visuo-spatiales. La SIB a été successivement raccourcie ; elle est passée d’un score global de 152, à 133 [5] puis à 100. Cette dernière version comportant 40 items a été publiée en France par Boller et al. [6]. Cependant, la pratique clinique a mis en évidence qu’elle était encore trop longue et comportait certaines redondances. Le but de notre étude a été d’élaborer une version abrégée ne comportant que 26 items et un score total de 50, et dont la passation peut être accomplie en 10-15 minutes. L’article présente la méthodologie utilisée pour la mise au point de la version abrégée. Cette nouvelle version abrégée représente un consensus entre les auteurs rattachés au GRECO, l’auteur de la version originale (Judith Saxton) et un groupe de recherche italien (Patrizia Mecocci).

Cet article présente les premières étapes de la validation de la version abrégée de la SIB, précisément l’étude de la consistance interne de l’échelle, la comparaison avec la version à 51 items (au travers notamment d’une analyse factorielle) et la confrontation avec les résultats au MMS.

• La proportion de démences sévères ne cesse de croître, notamment en institution.
• L’apparition de médicaments dans cette indication et la nécessaire évaluation des techniques de prise en charge requièrent des instruments d’évaluation plus adaptés que le seul score au MMSE.
• La severe impairment battery (SIB), mise au point en 1990, évalue l’interaction sociale, la mémoire, l’orientation, le langage, l’attention, les praxies et les fonctions visuo-spatiales.
• Nous présentons une version abrégée consensuelle, réduite à 26 items, qui ne nécessite que 10 à 15 minutes de passation et fournit une évaluation identique à celle des versions précédentes à 100 puis à 51 items.

Points clés

Matériel et méthodes

Cent quatre sujets ont été sélectionnés de manière prospective pour la validation de la SIB, répondant tous aux critères diagnostiques (DSM-IV) de maladie d’Alzheimer probable à un stade sévère, et ayant un MMS inférieur à 10. Tous étaient institutionnalisés et ont été sélectionnés de manière aléatoire par les médecins de ces institutions1. Ces sujets ont été évalués par une batterie complète, comportant, outre la SIB et le MMS, un examen neurologique, une évaluation des fonctions de la vie quotidienne, et une évaluation des troubles comportementaux (échelle des troubles du comportement dans la démence ou ECD GRECO). Nous ne présentons ici que les résultats liés à la SIB, le reste fera l’objet d’une autre publication.

1. Unités de soins de longue durée et des maisons de retraite de la région Ile-de-France. Hôpital Charles Richet, hôpital de la Pitié Salpêtrière, hôpital Broca, hôpital Sainte Périne.

Résultats

Description de la population

L’échantillon était constitué de malades présentant une maladie d’Alzheimer à un stade sévère, majoritairement des femmes (N = 90, soit 86,5 %). L’âge moyen des 104 sujets était de 87,2 ± 7,8 ans, avec un MMS moyen de 5,7 ± 3,4. Les patients ont été vus par des psychologues entraînés ayant participé à la validation de la version française 2001 de la SIB (score maximum = 100).

La sélection des items pour la version abrégée est basée sur des données cliniques. Le choix des items à retenir résulte d’un consensus, après que trois des auteurs français ainsi que les groupes américain et italien aient revu de façon indépendante la batterie et décidé quels items semblaient redondants. La sélection correspondait également au désir de maintenir les domaines étudiés à l’origine.

Analyse de fiabilité

Nous avons procédé à une analyse de fiabilité sur la version à 51 items de la SIB afin de vérifier la consistance interne de l’échelle et les qualités psychométriques des items. La valeur de l’alpha de Cronbach est de 0,96, soit très satisfaisante. Le tableau I, où les 26 items sélectionnés pour la version abrégée sont tramés, permet de constater que seule la suppression de l’item M14 ou de l’item O5 conduirait à une augmentation de la valeur de l’alpha.

Tableau IAnalyse de la fidélité pour les deux versions de la SIB, à 51 items et abrégée (26 items). La trame indique les items retenus pour la version abrégée.
Table I. Reliability analysis for both versions of the SIB (51 items and abridged version). Highlighted rows indicate items selected for the abridged versions.

Version à 51 items* Version à 26 items**
Corrélation item-total Valeur de l’alpha si supprimé Numéro de l’item dans l’échelle Corrélation item-total Valeur de l’alpha si supprimé
IS1a 0.44 0.9686 Item 1 0.44 0.9332
IS1b 0.40 0.9687 Item 2 0.41 0.9336
IS1c 0.40 0.9687 - -
M2 0.53 0.9684 Item 3 0.49 0.9327
O3 0.52 0.9684 Item 4 0.52 0.9323
L4a 0.70 0.9678 Item 5 0.72 0.9292
L4b 0.64 0.9680 Item 6 0.64 0.9304
O5 0.37 0.9688 - -
L6 0.65 0.9680 - -
O7 0.48 0.9685 Item 7 0.45 0.9330
L8a 0.63 0.9680 Item 8 0.61 0.9309
L8b 0.59 0.9682 - -
L9a 0.47 0.9685 Item 9 0.48 0.9327
L9b 0.61 0.9681 Item 10 0.63 0.9307
L9c 0.58 0.9682 - -
M10 0.55 0.9683 - -
L11a 0.69 0.9678 - -
L11b 0.58 0.9682 - -
ATT12 0.68 0.9679 Item 11 0.66 0.9304
L13 0.62 0.9680 - -
M14 0.14 0.9692 Item 12 0.13 0.9359
L15 0.63 0.9680 Item 13 0.63 0.9306
PR16 0.63 0.9680 Item 14 0.62 0.9308
L17 0.70 0.9678 Item 15 0.67 0.9300
PR18 0.64 0.9680 Item 16 0.62 0.9307
L19 0.67 0.9683 Item 17 0.65 0.9320
L20 0.55 0.9683 Item 18 0.54 0.9321
PR21 0.61 0.9681 - -
L22 0.66 0.9679 - -
PR23 0.64 0.9680 - -
L24 0.68 0.9682 - -
M25 0.64 0.9680 - -
L26 0.53 0.9683 Item 19 0.51 0.9323
VS27 0.66 0.9679 Item 20 0.64 0.9304
M28 0.68 0.9678 Item 21 0.65 0.9302
VS29 0.74 0.9676 Item 22 0.72 0.9291
L30a 0.64 0.9680 Item 23 0.64 0.9306
L30b 0.56 0.9682 - -
L30c 0.63 0.9680 - -
VS31 0.81 0.9674 - -
M32 0.66 0.9679 - -
VS33 0.69 0.9678 - -
L34a 0.71 0.9677 - -
L34b 0.54 0.9683 - -
C35a 0.70 0.9678 - -
C35b 0.71 0.9677 Item 24 0.67 0.9300
A36 0.67 0.9679 - -
A37 0.76 0.9676 - -
M38 0.61 0.9681 Item 25 0.58 0.9314
ON39 0.60 0.9681 Item 26 0.61 0.9311
L40 0.65 0.9680 - -

* alpha de Cronbach : 0.9687 ; ** alpha de Cronbach : 0.9339.

Le tableau I montre également que ces deux items sont les plus faiblement corrélés avec le score total, particulièrement M14 (rappel différé du nom de l’examinateur, r = 0,14), tous les autres items ayant des corrélations avec le score total au moins égales à 0,40. Les raisons pour lesquelles l’item M14, où l’on demande au patient de se rappeler du nom de l’examinateur, apparaît comme « atypique » ne sont pas claires. Il a toutefois été conservé car sélectionné pour des raisons cliniques par les trois groupes de recherche. L’item O5 (mois) a été supprimé.

L’analyse de fidélité effectuée sur la version abrégée, également présentée dans le tableau I, révèle un alpha de Cronbach légèrement inférieur à celui obtenu avec la version à 51 items, mais qui demeure très élevé et ne laisse aucun doute sur la bonne consistance interne de l’échelle. Enfin, si l’on exclut le cas de l’item M14 qui reste atypique dans cette version, tous les items présentent une corrélation avec le score total satisfaisante, et leur suppression ne conduirait pas à augmenter l’homogénéité de l’échelle.

Analyse en composantes principales

Nous avons successivement réalisé une analyse en composantes principales (ACP) sur la version de la SIB à 51 items et sur la version abrégée à 26 items afin de vérifier si les variables factorielles identifiées dans la version à 51 items trouvaient une explication similaire dans la version abrégée.

L’ACP réalisée sur les 51 items a révélé que les données sont sous-tendues par un axe dominant expliquant 40,3 % de la variance. La prise en compte du deuxième axe se justifie compte tenu de la part de variance qu’il apporte (5,5 %) clairement supérieure à celle de l’axe 3 (4,4 % pour l’axe 4) (figure 1a).

L’ACP réalisée sur les 26 items retenus montre également un axe dominant (38,9 %) de part de variance expliquée (figure 1b) et un deuxième axe expliquant clairement plus de variance que le troisième axe. Ce résumé de deux axes factoriels rend compte de 45,4 % de la variance totale, un pourcentage sensiblement identique à celui observé pour la version à 51 items (45,8 %).

La figure 2 permet d’apprécier la répartition des items sur le plan factoriel axe 1-axe 2 pour la version à 51 items (figure 2a) et celle à 26 items (figure 2b). On observe, d’une part, une répartition assez semblable et, d’autre part, que les items qui se détachent en bas du graphique (IS1a, IS1b, A12 et ON39, respectivement items 1, 2, 11 et 26 dans la version abrégée) dans la figure 2a (version à 51 items) se retrouvent localisés de façon similaire dans la figure 2b. Si l’axe 1 apparaît comme un axe résumant tous les domaines évalués par la SIB, la présence de ces items suggère que l’axe 2 rend compte des domaines « interaction sociale » et « attention ».

Comparaisons des deux versions

La figure 2 permet d’apprécier la linéarité de la liaison entre les deux versions de la SIB : le nuage de points est ascendant et assez plat. Le découpage en quartiles (lire les boîtes à moustaches) montre que les deux distributions présentent la même asymétrie du côté des valeurs élevées, et que, excepté un patient, tous les patients situés en dessous de la médiane avec la version à 51 items demeurent en dessous de la médiane avec la version abrégée.

La corrélation de 0,98 entre les deux versions de la SIB (9,76 % de variance en commun) confirme que la réduction ne change quasiment pas le rang des patients dans la distribution.

Le poids moyen du score aux 26 items retenus dans le score total obtenu sur les 51 items est de 53 %.

Comparaisons de la SIB abrégée avec le MMS

On peut observer sur la figure 3 que les scores au MMS se répartissent de 0 à 10, et que la moitié des patients se situent entre 4 inclus et 9 inclus. La valeur médiane est de 6. La confrontation des deux distributions montre que tous les patients ayant un score inférieur à 3 au MMS ont un score inférieur à 25 à la SIB, et que tous les patients ayant un score supérieur à 7 au MMS ont un score supérieur à 28 à la SIB.

Par ailleurs, le score à la SIB abrégé est fortement corrélé avec le score obtenu au MMS (0,83 soit 69,4 % de variance commune).

Enfin, nous avons procédé à une analyse de la variance sur les scores obtenus à la SIB abrégée en comparant trois groupes de patients constitués après quantilage du score au MMS : le groupe 1 comprend les patients ayant un score inférieur à 4 (n = 28), le groupe 3 les patients ayant un score supérieur à 7 (n = 34), et le groupe 2 les autres patients.

La figure 4 montre que les trois groupes ont des scores moyens différents, un effet du facteur MMS qui se révèle significatif (F (2,99) = 84,8 ; p < 0,0001). Une analyse post-hoc (test HSD de Tukey) révèle par ailleurs que les trois groupes sont significativement différents les uns des autres (p < 0,0005).

La version abrégée de la SIB est présentée en appendices, ainsi que la grille de cotation de la SIB longue, afin de montrer les items supprimés, et pour ceux conservés leur correspondance avec les anciens numéros.

Commentaires

La SIB abrégée est un outil deux fois plus rapide que la version à 51 items (10 à 15 minutes). Les résultats de l’analyse factorielle ainsi que les premières expériences cliniques montrent par ailleurs que la version abrégée se révèle une réduction satisfaisante et aussi valable que la version à 51 items, la passation de la version courte s’est déroulée de façon satisfaisante selon les psychologues qui l’ont réalisée et leur a permis une évaluation cognitive des sujets.

Cette échelle abrégée devrait permettre à plus de cliniciens d’évaluer leurs patients, ce point paraît tout à fait important, notamment pour évaluer l’évolution des patients après la prescription d’un nouveau traitement. Il existe peu d’outils concurrents.

Nous avions comparé lors d’un précédent travail la SIB 51 items à l’échelle hiérarchisée de démence ou EHD [7], qui est la seule autre échelle d’évaluation cognitive pouvant être utilisée de la démence modérée à la démence sévère. Cette échelle est beaucoup plus complète, notamment pour l’exploration des praxies, mais sa passation en est longue (40 à 50 minutes). Elle n’a cependant pas été validée en français.

La collaboration internationale qui conduit à la version abrégée de la SIB, doit permettre, dans une étude future, de valider l’outil, par une validation psychométrique complète, aux États-Unis, en Italie et en France. Nous pensons démontrer également, que cette version est peu sensible aux variations culturelles.

Comme avec tout instrument neuropsychologique, l’évaluation de la performance individuelle, à travers différentes fonctions cognitives, apporte des informations pertinentes si l’on considère à la fois les forces et les faiblesses du patient. On doit, en particulier, examiner les différents profils de détérioration au cours du temps et la relation entre le déclin et le profil neuropsychologique actuel. Une meilleure connaissance des domaines cognitifs altérés et de ceux qui sont préservés d’une part, et des changements au cours du temps d’autre part, permettra au clinicien de tirer des conclusions et lui fournira des stratégies spécifiques pour la gestion de ces patients déments sévères.

                                                                                                                                                                   Âge ... ans

Date du test ... / ... / ... 

                                                                                                                                                                       MMS ... / 30

Vision : faible ; moyenne ; bonne
Ouie : faible ; moyenne ; bonne
Fonctions motrices : faibles ; moyennes ; bonnes

                                                                                                                                 Score ... / 50

Les numéros des items en noir correspondent à ceux de la SIB longue (51 items)

Item 1 : 1a (SI)

S’approcher du patient dans la salle d’attente et tendre la main afin de lui serrer la main (le patient a 5 secondes pour répondre) : « Bonjour, je m’appelle... »
2 points = le patient tend la main ou dit bonjour
1 point = toute esquisse de geste ou de salutation
0 point

                                                                                                                                                                                                  ... 1 SI (2, 1 ou 0)

Item 2 : 1b (SI)

Indiquer la porte de la salle d’examen avec la main.
« Je voudrais vous poser quelques questions. Voulez-vous me suivre dans mon bureau ? »
Encouragement : en prenant le bras du patient : « Venez avec moi »
Alternative : « J’aimerais vous poser quelques questions. Levez-vous/asseyez-vous ici »
Encouragement : en prenant le bras du patient : « Levez-vous/asseyez-vous ici »
2 points = le patient fait ce qu’on lui a demandé ; s’il est alité, il dit qu’il ne peut pas se déplacer
1 point = nécessaire de prendre le bras du patient

                                                                                      ... 2 SI (2, 1 ou 0)

Item 3 : 2 (M)

« Je m’appelle... J’aimerais que vous essayiez de vous rappeler mon nom parce que je vous le demanderai plus tard »
Pause
« Quel est mon nom ? » « Oui, je m’appelle... »
2 points = il répète correctement
1 point = tout nom qui lui ressemble

... 3 M (2, 1 ou 0)

Item 4 : 3 (O)

« Comment vous appelez-vous ? »
Si le patient ne donne que son nom de famille ou son prénom, l’aider à donner son nom complet. Pierre qui ?
Quel est votre nom de famille, votre prénom ?
2 points = nom complet ; un encouragement est admis
1 point = seulement le nom ou le prénom ou nom complet après plus d’un encouragement.

... 4 O (2, 1 ou 0)

1 Copyright de cette version réservée au GRECO. Docteur Laurence Hugonot-Diener, 108 bis, boulevard Blanqui, 75013 Paris. medforma@pda.fr

Item 5 : 4a (L)

Donner une feuille de papier au patient : « Écrivez ici votre nom et prénom »
2 points = nom complet ; des négligences sont admises, surtout si le sujet met sa signature
1 point = partiellement correct

... 5 L (2, 1 ou 0)

Item 6 : 4b (L)

Écrire le nom du patient au complet sur la feuille
« Je vais écrire votre nom ici ; pouvez-vous le copier ? »
2 points = nom complet ou correct
1 point = partiellement correct

... 6 L (2, 1 ou 0)

Item 7 : 7 (O)

« Dans quelle ville sommes-nous ? »
Encouragement : « Est-ce ..., ... ou ... ? » (ville correcte et deux alternatives)
2 points = correct spontanément
1 point = correct après encouragement

... 7 O (2, 1 ou 0)

Item 8 : 8a (L)

« Dans quoi buvez-vous du café ? »
Encouragement : « Dans quel récipient (vaisselle) buvez-vous du café ? »
2 points = tasse ou bol
1 point = alternative proche (ex : verre, cafetière) ou correct après encouragement
0 point = mot sans rapport (ex : assiette)

... 8 L (2, 1 ou 0)

Item 9 : 9a (L)

Montrer la carte : Donnez-moi la main.
« Lisez ce qui est écrit sur la carte et faites ce qui est indiqué »
1er encouragement : répéter les instructions et déposer la main ouverte devant le patient.
2e encouragement  : lire la carte à haute voix.
2 points = le patient offre la main spontanément
1 point = approximation très proche (ex : il lève la main) ou correct après le 1er encouragement
0 point = nécessité d’un 2e encouragement

... 9 L (2, 1 ou 0)

Item 10 : 9b (L)

« Maintenant, donnez-moi l’autre main »
Encouragement : répéter les instructions et le geste, en tendant la main ouverte
2 points = le patient offre l’autre main spontanément
1 point = approximation très proche (ex : il lève la main, il donne la même main) ou correct après encouragement

... 10 L (2, 1 ou 0)

Retirer la carte.

Item 11 : 12 (ATT)

« Maintenant, répétez après moi »
     2 ...
     5 ...
    87 ...
    41 ...
   582 ...
   694 ...
 6 439 ...
 7 286 ...
42 731 ...
75 836 ...
Il n’y a que deux essais pour chaque série de chiffres. Interrompre si deux séries de la même longueur sont incorrectes.
2 points = répétition correcte des séries de 3, 4 ou 5
1 point = répétition correcte des séries de 1 ou 2

... 11 ATT (2, 1 ou 0)

Item 12 : 14 (M)

« Vous rappelez-vous mon nom ? » « (Oui) mon nom est... »
2 points = il répète correctement
1 point = tout nom qui lui ressemble

... 12 M (2, 1 ou 0)

Item 13 : 15 (L)

Montrer une photo de tasse : « Qu’est-ce que c’est ? »
2 points = tasse
1 point = alternative proche (ex : verre, bol)

... 13 L (2, 1 ou 0)

Item 14 : 16 (PR)

« Montrez-moi comment on s’en sert »
2 points = démonstration correcte
1 point = geste approximatif

... 14 PR (2, 1 ou 0)

Item 15 : 17 (L)

Si le sujet a reçu 2 points pour la question 13, omettre cette question en donnant 2 points, mais il faut toujours compléter l’essai.
Donner la tasse : « Prenez ceci et dites-moi ce que c’est (encore une fois) »
2 points = correct ou question 13 correcte
1 point = alternative proche

... 15 L (2, 1 ou 0)

Item 16 : 18 (PR)

Laisser le sujet prendre la tasse : « Montrez-moi (encore une fois) comment on s’en sert »
2 points = démonstration correcte
1 point = geste approximatif (ex : il dirige la tasse vers le haut, mais pas exactement vers la bouche)

... 16 PR (2, 1 ou 0)

Item 17 : 19 (L)

Omettre cette question en donnant 1 point, si les questions 13 ou 15 étaient correctes
« Est-ce qu’il s’agit d’un chapeau ou d’une tasse ? »
1 point = tasse ou question 13 ou 15 correcte
0 point = chapeau

... 17 L (1 ou 0)

« Je veux que vous vous rappeliez cette tasse (soulevez-la) parce que je vous en reparlerai dans un moment »

Item 18 : 20 (L)

Montrer une cuillère : « Qu’est-ce que c’est ? »
2 points = cuillère
1 point = alternative proche (ex : couvert, argenterie)

... 18 L (2, 1 ou 0)

Item 19 : 26 (L)

Enlever les objets. Poser devant le sujet le morceau bleu : « Quelle est cette couleur ? »
Encouragement : « Est-ce bleu ou rouge ? »
2 points = correct spontanément
1 point = couleur proche de l’original (ex : pourpre ou bleu marine) ou correct après encouragement

... 19 L (2, 1 ou 0)

Item 20 : 27 (VS)

Disposer les morceaux devant le patient : à gauche (bleu), au centre (vert), à droite (rouge) de l’examinateur
« Quel morceau (indiquez-les) a la même couleur que celui-ci ? »
Encouragement : « Voilà, ceci est mon morceau bleu ; montrez-moi le vôtre »
Si la réponse est incorrecte ou s’il ne répond pas : « Le voilà ! ceci est le morceau bleu ! »
2 points = correct spontanément
1 point = correct après encouragement
0 point = incorrect ou si c’est l’examinateur qui indique le morceau

... 20 VS (2, 1 ou 0)

Item 21 : 28 (M)

Modifier la disposition des morceaux : à gauche (vert), au centre (bleu), à droite (rouge) de l’examinateur
« Redonnez-moi ce morceau ; le même que celui que vous venez tout juste de me donner (ou : le même que celui que je viens de vous montrer) »
Encouragement :
« Quel est le morceau que vous venez tout juste de me donner (ou : quel est le morceau que je viens de vous montrer ?) Est-ce celui-ci, celui-là ou celui-là ? » (toucher chacun des morceaux lentement)
Si la réponse est incorrecte ou il ne répond pas : « Le voilà ! c’est celui-ci ! »
2 points = correct spontanément
1 point = correct après encouragement
0 point = incorrect ou si c’est l’examinateur qui indique le morceau

... 21 M (2, 1 ou 0)

Item 22 : 29 (VS)

« Maintenant donnez-moi un morceau de couleur différente, pas celui que je viens de vous montrer - un autre »
Encouragement : « Ceci est un morceau bleu (soulevez-le) ; donnez-moi un morceau de couleur différente »
2 points = correct spontanément
1 point = correct après encouragement

... 22 VS (2, 1 ou 0)

Item 23 : 30a (L)

Montrer le morceau rouge : « Quelle est cette couleur ? »
Encouragement : « Est-ce bleu ou rouge ? »
2 points = correct spontanément
1 point = couleur proche de l’original (ex : rose ou orange) ou correct après encouragement

... 23 L (2, 1 ou 0)

Item 24 : 35b (C)

Enlever les morceaux. Donner une feuille de papier au patient.
« Dessinez un carré »
Encouragement : montrer la feuille avec un carré dessus : « Copiez ceci »
2 points = carré, rectangle ou figure oblongue (la figure doit avoir 4 côtés)
1 point = dessin approximatif (ex : forme représentant un carré ouvert d’un côté) ou correct après encouragement ou si le sujet essaie de tracer le carré
0 point = un trait ou un point

... 24 C (2, 1 ou 0)

Item 25 : 38 (M)

Disposer devant le patient la tasse et les distracteurs : à gauche (verre gradué), au centre (tasse), à droite (bol) de l’examinateur
« Quel est l’objet que je vous avais demandé de vous rappeler ? »
« Je vous avais demandé de vous rappeler un autre objet : c’est lequel ? »
1 point = tasse nommée

... 25 M (1 ou 0)

Faire comprendre que vous vous préparez pour partir

Item 26 : 39 (ON)

Lorsque vous reconduisez le patient vers la salle d’attente ou alors que vous vous préparez pour partir, placez-vous derrière le patient et appelez-le par son nom
2 points = réponse spontanée (ex : le sujet se retourne)
1 point = une réaction (verbale ou non-verbale, mais le sujet ne paraît pas sûr de la direction de la voix)
0 point = pas de réponse

... 26 ON (2, 1 ou 0)

Total général ...// 50

Severe impairment battery1
(SIB version abrégée 2003)

Nom du patient ......................
Date de naissance ... / ... / ...

Remerciements.

Nous remercions les laboratoires Lundbeck pour leur soutien pour la mise au point de la SIB abrégée et les laboratoires ESAI pour leur soutien pour la validation de la BEDS.
Nous remercions les équipes des services de gériatrie suivants pour leur collaboration : service du docteur Marie-Pierre Hervy au Kremlin Bicêtre, service du professeur Anne-Sophie Rigaud à Broca, service du professeur Laurent Teillet à Sainte Périne, et service du docteur Sylvie Meaume à Charles Foix.

Références

1. Folstein MF, Folstein SE, McHugh PR. « Mini mental state » a practical method for grading the cognitive state of patients for the clinicians. J Psychiatr Res 1975 ; 12 : 189-98.

2. Dartigues JF, Helmer C, Letenneure L. Épidémiologie des démences. In : Duyckaerts C, Pasquier F, eds. Les démences. Paris : Douin, 2002 : 5-16.

3. Boller F, Verny M, Hugonot-Diener L, Saxton J. Clinical features and assessment of severe dementia. A review. Eur J Neurol 2002 ; 9 : 125-36.

4. Saxton J, Gonigle-Gibson K, Swihart A, Miller M, Boller F. Assessment of the severely impaired patient : description and validation of a new neuropsychological test battery. J Consult Clin Psychol 1990 ; 2 : 298-303.

5. Panisset M, Roudier M, Saxton, Boller F. Batterie d’évaluation neuropsychologique pour la démence grave. Presse Med 1992 ; 21 : 1271-4.

6. Boller F, Caputo L, Dieudonné B, Dobigny N, Geoffre C, Guard O, et al. Évaluation cognitive et démences sévères. SIB (severe impairment battery). Livret du test. Issy Les Moulineaux : EAP, 2001.

7. Verny M, Hugonot-Diener L, Saillon A, Caputo L, Dobigny- N, Diedonné B, et al. Évaluation de la démence sévère : échelles cognitives et comportementales (groupe de travail du GRECO). L’année Gérontologique. Paris : Serdi 1999 : 156-68.