ARTICLE
Au Mali, la culture cotonnière a connu en vingt ans un essor très
important qui s'est traduit par le quadruplement des superficies et de
la production (figure 1).
Actuellement, le coton constitue la principale composante de l'économie
du pays devenu premier producteur de l'Afrique sub-saharienne. Sur le
plan socio-économique, la vente du coton-graine est la principale
source de revenu pour plus de 80 % des exploitations agricoles du sud
du pays [1]. Si l'on excepte une zone de 30 000 ha, qui dépend
de l'Office de la haute vallée du Niger (OHVN), la filière
coton est sous la tutelle de la Compagnie malienne pour le développement
des textiles (CMDT) (figure
2). Cette société d'économie mixte fournit les
intrants, encadre les exploitations, égrène le coton-graine
qu'elle achète aux producteurs et exporte plus de 98 % de la production
nationale de fibre (218 000 t en 1997).
Les rendements sont limités par les aléas climatiques,
des niveaux de fertilité des sols variables, le non-respect des
itinéraires techniques recommandé, et les dégâts
d'arthropodes phytophages. En l'absence de protection phytosanitaire,
les pertes de récoltes imputables aux ravageurs sont en effet estimées
annuellement à 30 % du potentiel de production [2].
Lutte contre les ravageurs
Complexe de ravageurs associé au cotonnier
On retrouve au Mali la plupart des arthropodes nuisibles au cotonnier
répertoriés en Afrique [3, 4]. Cependant, l'incidence relative
des différents groupes (acariens, piqueurs-suceurs, chenilles phyllophages,
chenilles carpophages) sur la culture cotonnière y présente,
par rapport aux pays voisins, des spécificités marquées
qui permettent de comprendre l'évolution récente de la politique
phytosanitaire développée au Mali. Contrairement à
la Côte d'Ivoire ou au Bénin, où l'acarien Polyphagotarsonemus
latus Banks doit être pris en compte, le tarsonème n'y
a aucune incidence. Les insectes piqueurs-suceurs (pucerons, aleurodes,
jassides et punaises) sont diversement représentés au Mali
: le puceron (Aphis gossypii Glover) n'apparaît que tardivement
(vers le mois de juillet) lorsque les cotonniers sont déjà
bien développés et les dommages qu'il occasionne demeurent
localisés à la partie sommitale des plantes ; en outre,
les colonies de pucerons sont décimées par les auxiliaires
(prédateurs, parasitoïdes, champignons entomopathogènes)
et par les précipitations. Contrairement au cas de pays voisins
(Guinée, Côte d'Ivoire ou Sénégal), les attaques
précoces de pucerons sur plantules sont rares et sans gravité,
et les infestations de fin de cycle, susceptibles de provoquer le «
collage » de la fibre par dépôt de miellat, sont sporadiques
et de faible ampleur. Les aleurodes (où domine Bemisia tabaci
Gennadius) n'apparaissent qu'en fin de cycle de culture et leur rôle
comme producteurs de miellat est le plus souvent très limité.
Les populations de jassides (Jacobiella fascialis de Jacobi et
Austroasca lybica de Bergevin & Zanon) sont importantes et
peuvent occasionner dans certaines conditions bien particulières
des dégâts considérables. Les punaises (mirides, pentatomides,
pyrrhocorides) revêtent au Mali une importance que l'on ne retrouve
pas, semble-t-il, dans les pays voisins : en l'absence de protection insecticide,
jusqu'à 40 % des capsules peuvent être affectées à
des degrés divers par les piqûres de ces insectes, mais leur
implication exacte dans la chute des jeunes organes florifères
et fructifères reste mal connue. Les feuilles sont détruites
principalement par la chenille enrouleuse Syllepte derogata F.
Les dégâts apparaissent dans les champs sous forme de taches
plus ou moins étendues. Les dommages demeurent normalement faibles
et localisés, la présence du ravageur dans une parcelle
traduisant le plus souvent une mauvaise application des produits phytosanitaires.
Le groupe d'insecte le plus important est celui des chenilles de la capsule,
avec essentiellement les espèces : Helicoverpa armigera
Hübner, Earias biplaga Walker et E. insulana Boisduval.
Ici encore, le Mali présente des singularités par rapport
aux pays voisins, car les attaques de H. armigera y sont sporadiques
et leur importance y est souvent modérée. Les chenilles
de Earias spp., en revanche, apparaissent régulièrement
dans les cultures à des niveaux relativement élevés.
Deux autres chenilles des capsules, Cryptophlebia leucotreta Meyrick
et Pectinophora gossypiella Saunders, bien que présentes
au Mali, ne s'observent qu'exceptionellement sur cotonnier, contrairement
à la Côte d'Ivoire où elles se rencontrent en abondance.
Pour C. leucotreta, cette situation est d'autant plus paradoxale
que des études de dynamique de population, réalisées
au Mali à l'aide de pièges à phéromone, ont
montré une forte présence d'adultes dans la zone de production
cotonnière [5].
Stratégie phytosanitaire préconisée
Pour réduire l'incidence économique de ces pertes de récolte,
diverses propositions ont été formulées par les entomologistes
du programme coton de l'Institut d'économie rurale (IER). La protection
phytosanitaire du cotonnier intègre actuellement trois modalités
de lutte contre les insectes : les techniques culturales au sens large,
la résistance variétale et la lutte chimique.
L'itinéraire technique conseillé aux producteurs, s'il
est correctement suivi, permet de réduire l'incidence des insectes
sur la culture : une bonne préparation du sol ramène en
surface les arthropodes qui y sont enfouis, comme les chrysalides de H.
armigera, les expose au rayonnement solaire et les rend accessibles
aux auxiliaires [6]. L'élimination des adventices susceptibles
d'héberger des ravageurs, en particulier des hémiptères
(punaises et jassides), réduit les populations de ces insectes
tandis qu'un semis précoce, effectué entre fin mai et début
juin, permet à la culture d'échapper partiellement aux infestations
des ravageurs, en particulier H. armigera [7]. Enfin, pour diminuer
le degré de collage de la fibre, il est recommandé aux producteurs
d'effectuer les récoltes rapidement après l'ouverture des
capsules.
Les caractères variétaux de résistance sont utilisés
de façon systématique pour lutter contre certaines maladies,
comme la bactériose et la fusariose ; une pilosité suffisamment
élevée des variétés cultivées empêche
l'installation et la prolifération des jassides. Ceci étant,
le principal recours des agriculteurs contre un complexe de ravageurs
diversifié reste la lutte chimique, avec un programme de 5 ou 6
applications d'insecticide espacées de 14 jours, qui doit débuter
dès l'apparition des premiers boutons floraux. Les produits employés
sont dans leur grande majorité des binaires, associant pyréthrinoïde
et organophosphoré, formulés en concentré émulsionnable
(CE). L'application est réalisée à très bas
volume (TBV), à raison de 1 litre de produit commercial mélangé
à 9 litres d'eau pour traiter 1 hectare. Le traitement des semences
avec des produits systémiques (insecticide + fongicide) pour lutter
contre les insectes, les champignons du sol et les éventuelles
attaques de ravageurs sur les jeunes plantules, demeure facultatif et
est, le cas échéant, effectué par l'agriculteur au
moment du semis (tableau 1,
figure 3) [8].
Lutte étagée ciblée comme
alternative au programme de traitements
La technique d'application actuellement recommandée a permis
de lever certaines contraintes liées à l'utilisation antérieure
des formulations huileuses appliquées en ultra bas volume (UBV)
pratiquée jusqu'à la fin des années 80 (1 à
3 l/ha de produit commercial prêt à l'emploi). L'utilisation
de formulations CE, outre le fait de générer une diminution
du coût des spécialités phytosanitaires d'environ
20 %, permet en effet de moduler les quantités de matières
actives à appliquer en fonction de l'intensité de l'attaque
des ravageurs. Elle rend également possible le mélange extemporané
de plusieurs produits commerciaux [9, 10]. Au Mali, cette technique de
traitement a permis de développer de nouvelles stratégies
de lutte.
L'une d'elles, baptisée lutte étagée ciblée
(LEC) par ses concepteurs [11], introduit la notion de seuil d'intervention.
Testée d'abord au Cameroun, à partir de 1988, elle permet
de réduire de près de 50 % les quantités d'insecticides
utilisées dans le programme de traitements sur calendrier [11,
12]. Le Mali, comme d'autres pays cotonniers d'Afrique de l'Ouest, a décidé
d'adopter cette stratégie en lui apportant diverses modifications
afin de l'adapter au contexte local de production [13-15].
Mise en place de la lutte étagée
ciblée au Mali
Modalités retenues pour initier la lutte
étagée ciblée au Mali
Dans un premier temps, trois groupes de ravageurs ont été
retenus pour juger de l'applicabilité de la LEC : les pucerons,
la chenille phyllophage S. derogata et les chenilles de la capsule.
Ce choix est lié à la facilité d'observation des
symptômes d'attaque des deux premiers, tandis que la prise en compte
des chenilles carpophages, qui constituent la principale menace pour la
production, est incontournable.
Dans la LEC, la protection phytosanitaire de base est assurée
par un programme de 5 ou 6 pulvérisations, dans lequel une formulation
binaire est appliquée à demi-dose. Les formulations contenant
du monocrotophos, du méthamidophos ou du diméthoate ont
été exclues de ce programme à cause de leur toxicité
et de leur spectre d'action très large. Une semaine après
chaque application calendaire, on réalise des observations sur
25 plantes, choisies au hasard dans la parcelle parcourue selon une diagonale.
Si, à l'issue de cet échantillonnage, on dénombre
au moins 5 plantes attaquées par S. derogata et/ou 5 chenilles
carpophages, on applique aussitôt une autre demi-dose du même
produit insecticide. Un aphicide n'est utilisé que si, lors d'une
telle observation, on dénombre au moins 20 plantes attaquées
par des colonies de pucerons. Si nécessaire, on peut mélanger
les deux types d'insecticides pour lutter à la fois contre chenilles
et pucerons (figure 4).
Pour faciliter l'interprétation des résultats, on utilise
une planchette perforée sur laquelle une cheville mobile permet
d'indiquer au fur et à mesure du déplacement de l'observateur
le nombre de plantes échantillonnées et les dégâts
ou ravageurs comptabilisés.
Villages pilotes
Les villages où a été appliquée la LEC sont
des « villages diffusion » encadrés par la CMDT, dans
lesquels sont testées les innovations techniques avant leur recommandation
à l'ensemble des producteurs. Le nombre de villages a été
choisi chaque année en fonction du nombre d'agents d'encadrement
formés par la recherche. Il est passé de 2 à 55 en
cinq ans. Ces localités sont dispersées dans la zone cotonnière
CMDT (divisée en 31 secteurs) : en 1998, tous les secteurs (sauf
les quatre nouvellement créés dans la zone de Kita région
ouest) comprennent au moins un village LEC.
Formation des agents techniques et des agriculteurs
Une des premières questions posées par la diffusion de
la LEC a été de déterminer à qui seraient
confiées les observations aux champs. À l'engagement d'agents
spécialisés mais étrangers aux exploitations et rémunérés
par les producteurs, les agriculteurs maliens ont préféré
qu'un membre de la famille soit chargé des observations et décide
de l'opportunité des traitements. Dès lors, une stratégie
de formation des différents acteurs impliqués dans la diffusion
et l'application de la LEC a été élaborée
(figure 5), les modalités
d'observation étant choisies pour pouvoir être facilement
comprises et suivies par les producteurs eux-mêmes.
Dans un premier temps, des agents techniques de la CMDT, regroupés
au sein d'une division phytosanitaire créée en 1995, ont
été formés par les entomologistes du programme coton
de l'IER. Le but de cette formation était de pouvoir mettre en
place, dans chaque secteur, un agent relevant de cette division. Par la
suite, la diffusion de la LEC s'est faite progressivement, via
les structures d'encadrement de la CMDT, pour arriver jusqu'au niveau
du producteur. Les équipes techniques villageoises, qui assurent
normalement un rôle de conseiller, ont été impliquées
dans la diffusion de la nouvelle stratégie et constituent un relais
opérationnel performant qui vient en appui à l'encadrement.
Le stade ultime, c'est-à-dire la formation des producteurs eux-mêmes,
s'appuie sur le programme d'alphabétisation mené par la
société cotonnière, dont le but est que chaque exploitation
compte au moins une personne alphabétisée en langue nationale
(Bambara). Ces « néo-alphabétisés », qui
sont le plus souvent chargés des observations, doivent tenir un
cahier dans lequel sont consignées toutes les opérations
effectuées au cours de la campagne agricole, en particulier celles
liées à la réalisation de la LEC.
Résultats
Importance des traitements sur seuil
Au cours des quatre dernières campagnes agricoles, la grande
majorité des interventions sur seuil ont été dirigées
contre les chenilles carpophages (90,7 %). Seuls quelques traitements
insecticides ont été déclenchés pour lutter
contre S. derogata (2,8 %) et les pucerons (6,5 %) (tableau
2). Encore faut-il remarquer qu'en ce qui concerne ces derniers, sur
les 17 applications aphicides effectuées en 1997, 10 ont été
réalisées dans le même village qui comptait 22 exploitations
et 47 parcelles, pour une superficie semée en coton de 70 ha. Les
autres résultats sont tout à fait en accord avec les niveaux
de populations des différents ravageurs observés ces dernières
années au Mali, et reflètent clairement la prédominance
des chenilles de la capsule.
Réductions des quantités d'insecticides
épandues
Les quantités de pesticides économisées par rapport
au programme de traitements sont fonction du nombre de pulvérisations
sur seuil qui ont dû être réalisées dans chaque
exploitation. Pour l'ensemble des villages où a été
appliquée la LEC, ces économies sont comprises, suivant
les années, entre 44 et 49 % (figure
6). Ce qui génère un gain de près de 10 000 F
CFA par hectare, si on estime à 4 000 F CFA le prix du litre d'insecticide.
Niveau de la protection obtenue avec la LEC
Les réductions des quantités d'intrants ne doivent pas
entraîner une baisse de production, de sorte que, pour pouvoir être
diffusée à grande échelle, la LEC doit assurer un
niveau de protection des cultures équivalent au programme de traitements
sur calendrier. Les comparaisons annuelles du rendement moyen obtenu dans
les villages LEC avec la moyenne de la zone CMDT n'indiquent jusqu'à
présent aucune diminution des rendements (figure
7). Ce constat a été corroboré chaque année
par les observations phytosanitaires réalisées par la CMDT
dans les champs des producteurs.
Acceptation et diffusion de la LEC
Les niveaux de production obtenus et les économies monétaires
réalisées ont permis une acceptation aisée de la
LEC par les agriculteurs. Les discussions informelles tenues avec ces
derniers indiquent que la réduction du coût de la protection
phytosanitaire est clairement l'aspect le plus motivant. La diminution
des risques d'intoxication ainsi que la préservation du milieu,
liées entre autres à la technique et aux doses d'application
des produits, même si elles sont comprises, ne sont pas perçues
comme objectifs prioritaires. Le fait de devoir inspecter régulièrement
les parcelles ne représente pas une contrainte importante, compte
tenu des retombées économiques engendrées. D'autant
plus que le temps nécessaire pour observer les 25 cotonniers (bien
que variable suivant le niveau de développement des plantes et
la qualité de l'observateur) n'est en général que
de 15 à 30 minutes.
Malgré ces résultats et les sollicitations des agriculteurs,
la diffusion de la LEC a été réalisée depuis
1994 avec une certaine prudence. Tout d'abord, étant donné
les variations annuelles de l'incidence des ravageurs, plusieurs années
sont nécessaires pour pouvoir juger de l'intérêt réel
de cette nouvelle stratégie. Ensuite, les capacités d'encadrement
étant limitées, il n'est pas possible de former rapidement
un grand nombre d'agents techniques et d'agriculteurs. C'est essentiellement
la nécessité d'initier à la nouvelle technique au
moins une personne par exploitation qui limite la rapidité de diffusion
de la LEC. Afin de réduire cette contrainte, des projets sont actuellement
à l'étude pour augmenter le nombre de personnes ressources
et accroître l'efficacité de la stratégie de formation
déjà mise en place. Depuis 1995, l'augmentation des superficies
a été régulière ; en 1998, la LEC est appliquée
sur un peu plus de 8 000 ha, soit environ 2 % des surfaces cotonnières
(figure 8).
CONCLUSION
Telle qu'elle a été développée depuis 1994,
la lutte étagée ciblée représente une alternative
satisfaisante au programme de traitements actuellement pratiqué
par les producteurs de coton du Mali. Cette stratégie apporte,
au moins partiellement, des solutions aux deux principaux problèmes
inhérents à la protection phytosanitaire du cotonnier, qui
sont le coût et les nuisances. En outre, les résultats obtenus
permettent d'envisager à court terme la simplification des observations
aux champs à effectuer par les agriculteurs. Les faibles niveaux
d'infestation de pucerons enregistrés au cours des quatre années
confirment que cet homoptère, dans les conditions actuelles, ne
requiert pas d'intervention particulière. La suppression de ces
comptages aboutirait à l'élimination du produit aphicide,
de sorte que les producteurs n'auraient plus qu'à gérer
un seul type de pesticide, l'association pyréthrinoïde-organophosphoré.
Cependant, pour pouvoir faire face, de façon ponctuelle, à
des éventuelles attaques d'homoptères, la CMDT souhaite
continuer à acheter des quantités réduites de produits
aphicides. Bien que les dégâts de S. derogata soient
sans importance économique, tout au moins tant que les traitements
sont correctement réalisés, nous pensons qu'il est préférable,
vu leur caractère spectaculaire, de continuer à en surveiller
les dommages. Ils sont facilement identifiables, et le nombre très
réduit des interventions dirigées spécifiquement
contre ce ravageur grève très peu le coût de la protection
phytosanitaire. Pour réduire encore davantage leur incidence économique,
on peut limiter les applications d'insecticides aux zones infestées,
sans devoir systématiquement traiter tout le champ.
Le comptage des chenilles carpophages, quant à lui, doit être
maintenu et, dans ce cas, un échantillonnage séquentiel
des populations, en cours d'étude, pourrait permettre de réduire
le temps nécessaire aux observations [16].
Une autre modification qui pourrait être apportée est l'utilisation
de produits moins toxiques et plus spécifiques des ravageurs cibles.
Plusieurs insecticides, dont certains d'origine biologique, pourraient,
au moins partiellement, remplacer les formulations binaires actuellement
employées. Parmi les différentes matières actives
testées, celles efficaces contre H. armigera présentent
également un grand intérêt pour prévenir la
résistance de ce noctuide vis-à-vis des pyréthrinoïdes.
Finalement, compte tenu du complexe de ravageurs présent au Mali,
il semble tout à fait envisageable, à plus ou moins long
terme, de supprimer le programme de traitement de base et de limiter les
applications d'insecticide après avoir jugé de leur opportunité
par une estimation préalable du niveau d'infestation des parcelles.
Cette stratégie, fondée uniquement sur les seuils d'intervention,
demande cependant un bon apprentissage des agriculteurs et, dans ce sens,
la lutte étagée ciblée représente une étape
formatrice efficace et indispensable
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