ARTICLE
Souvent omise, la nécessité d'une harmonisation du langage
utilisé dans les systèmes de gestion informatique de laboratoire
(SGL) dépend d'une étape de normalisation. Ce langage est
caractérisé par un vocabulaire particulièrement riche,
les termes employés sont souvent imprécis, la synonymie
et la polysémie sont fréquentes. De plus, on observe une
grande diversité du mode d'expression des résultats qui
tient d'une part, à la pluridisciplinarité de la biologie
et, d'autre part, aux nombreux types de présentation des comptes
rendus d'analyses (CR). Ces observations ont été décrites
par Landais [1], puis reprises par notre équipe et publiées
dès 1991 [2].
Dans cette perspective, notre objectif a été de définir
un référentiel sémantique exhaustif et univoque,
adapté à toutes les disciplines de la biologie. Ce travail
déposé sous le nom de Names-Lab® se compose
d'un ensemble de fichiers dont la cohérence fonctionnelle permet
de décrire simultanément les messages de prescriptions (MP)
et les messages de résultats (MR), sans pour autant imposer ni
même recommander un langage différent de celui utilisé
dans leur pratique par les professionnels de santé. Sur la base
de ce modèle, nous avons effectué un paramétrage
unique et non ambigu de l'ensemble des SGL. L'intégration de Names-Lab®
permettra, entre autres, une réduction du coût du paramétrage
supporté par chaque fournisseur et utilisateur de SGL, un meilleur
archivage du dossier médical quelle que soit sa provenance, une
comptabilité analytique et statistique plus précise et plus
juste, des études épidémiologiques indispensables
à la recherche médicale.
Historique et présentation de Names-Lab®
En 1988, la Direction générale de l'Assistance publique-Hôpitaux
de Paris (AP-HP) initie son système d'information hospitalier (SIH)
et identifie en biologie, comme dans les autres domaines médicaux,
le problème lié à la diversité des modes d'expression
et la nécessité corollaire de s'appuyer sur des standards
sémantiques. En l'absence de tout référentiel de
biologie existant à cette époque, elle met en place un groupe
de travail s'appuyant sur la diversité et la compétence
de ses 50 hôpitaux représentant 300 services et laboratoires
de biologie. Un vaste programme rassemble une cinquantaine d'experts hospitaliers
et universitaires dont l'objectif est de comparer et de colliger toutes
les prescriptions d'analyses existantes pour l'ensemble du champ de la
biologie. Ce travail s'appuie dès cette époque sur une logique
de construction très formelle qui sera le pivot de la nomenclature
Names-Lab®. Soucieux de vérifier sa cohérence
et sa validité, le groupe de travail Names-Lab®
recense sur la base de ce référentiel la totalité
des analyses biologiques réalisées à l'AP-HP. Les
18 000 analyses sont gérées par une base de données
relationnelle (serveur d'information des analyses médicales : SIAM).
Ce serveur, inauguré en 1993, est toujours opérationnel.
Initialement accessible par voie télématique (3614 APHP),
il est depuis 1999 consultable sur un site web (http://minitel.ap-hp.fr).
Il constitue une base fonctionnelle très importante et un outil
d'analyse du MP intégrant les données de près de
30 000 connexions par an. Il représente surtout la première
pierre du système d'information en matière de biologie.
Il fédère de manière univoque et exhaustive l'ensemble
des laboratoires de biologie et préfigure le fonctionnement des
serveurs de prescriptions et des serveurs de résultats.
En 1995, Names-Lab®, ainsi que les logiciels de gestion
associés, sont déposés à l'institut national
de la protection industrielle (INPI). Elle est la première nomenclature
référencée sur la liste des codes utilisés
dans le domaine de la santé à l'association française
de normalisation (Afnor) (www.afnor.fr). Elle est inscrite à l'organisation
mondiale de la santé (OMS) sous le N°HC00002. Names-Lab®
est implémentée dans les outils informatiques des hôpitaux
de Marseille qui développent un système intranet de traitement
de l'information et de la demande en biologie. Une commission nationale
rassemblant près de 60 experts en biologie médicale est
alors créée. Sa mission est d'assurer la mise à jour
régulière et la cohérence sémantique de Names-Lab®.
La fonctionnalité de ce standard s'appuie alors sur plus de 500
plateaux techniques.
L'analyse du MP étant validée, dès 1998, la structure
de Names-Lab® est élargie vers celle du MR. Un groupe
de travail est constitué avec l'association : harmoniser et promouvoir
l'information médicale (HPRIM) afin d'étudier la transmission
des MR. Après validation, HPRIM décide d'incorporer Names-Lab®
dans leur prochaine version. Grâce à une collaboration entre
notre équipe et la caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs
salariés (CNAMTS), une table de transcodage est réalisée
avec la nomenclature des actes de biologie médicale (NABM). Les
démarches auprès du ministère de la Santé
aboutissent en 1999 à la signature par les directions d'une recommandation
officielle d'utilisation dans les échanges de messages de biologie.
Le groupe EDISanté (GT14) est créé et réunit
tous les partenaires concernés par le développement de ce
projet en France. Un fond d'aide à la qualité des soins
de ville (FAQSV) est rédigé sur le thème : «
Étude des conditions de déploiement d'une nomenclature de
codes de biologie médicale (Names-Lab®) à
destination des professionnels de santé libéraux y compris
dans les relations ville-hôpital ».
En parallèle, la Société Metawings, met en uvre
le projet Everbio.com dont l'objectif est de créer un système
automatique de réception de résultats biologiques et de
données médicales en intégrant Names-Lab®
au format XML (www.names-lab.org).
Définitions et
standards
Définitions
- Le compte rendu d'analyses (CR) est l'ensemble des éléments
nécessaires à la bonne interprétation des résultats
d'examens de laboratoire. Cet ensemble doit être conforme à
la réglementation en vigueur et à celle prévue dans
le guide de bonne exécution des analyses de biologie médicale
(GBEA).
- Le message prescription (MP) est l'ensemble des données constituant
la prescription médicale, organisé en vue de son traitement
informatique.
- Le message résultat (MR) est l'ensemble des données
du compte rendu, structuré et organisé en vue de son traitement
informatique.
- Le transcodage est la transformation d'un message en un code numérique
ou alphanumérique.
Standards utilisés dans la transmission
des messages électroniques de biologie
Toute transmission s'appuie sur des standards de modélisation
(RIM). Le choix d'un standard suppose celui d'une syntaxe, d'un langage
ainsi que de règles sémantiques [3]. La syntaxe est l'ensemble
des règles et définitions spécifiant les types de
composants de base des messages et leur organisation. La sémantique
permet de définir le contenu et l'énoncé des éléments
du message.
- Standards : le CEN/TC 251(PT 004) dresse en 1992, un bilan des formats
d'échanges existants [4] : standard international : ASN.1 : développé
par l'ISO ; standard américain : ASTM E1238 - HL7 ; standard européen
: EDIFACT, plus récemment l'ENV 1613 et ENV 12539 du CEN/TC 251.
Une collaboration entre HL7 et le CEN s'efforce de mettre au point un
RIM commun.
- Recommandations institutionnelles : assurées principalement
par le groupement pour la modernisation du système d'information
hospitalier (GMSIH).
- Recommandations non institutionnelles : EDISanté, l'Afnor,
HPRIM ont pour mission de réunir différents partenaires
et d'émettre des recommandations sur les standards et proposer
des protocoles. Par son rôle d'interface entre les professionnels
de santé et les institutions, HPRIM s'est développée
en France depuis 1990. Cette association regroupe des éditeurs
de logiciels de laboratoire et des professionnels de santé dont
le but est de promouvoir des formats d'échange de données
médicales. Ce groupe a élaboré des protocoles de
communication qui s'appuient sur le standard américain ASTM 1238.
Ces protocoles permettent de véhiculer pour l'ensemble de la biologie
les MP et les MR.
Référentiels sémantiques
de biologie
- Référentiels : Trois principaux référentiels
sémantiques, à notre connaissance, sont proposés
actuellement : Euclides®, Loinc® et Names-Lab®.
Deux d'entre eux (Loinc® et Euclides®) sont
disponibles pour le transfert des MR de biologie, alors que Names-Lab®
assure la transmission synchrone des MP et des MR. Ces référentiels
sont basés sur l'existence de tables (modèles de données)
regroupant des termes dont la dénomination arbitrairement définie
est codée sous forme mnémonique, alphanumérique ou
numérique. L'architecture de l'ensemble procède d'un système
de juxtaposition servant à identifier les MP et les MR.
Euclides® (European standard for clinical laboratory
data exchange between medical information systems) : référentiel
créé en 1990, il couvre l'ensemble des disciplines de la
biologie. Son architecture est basée sur six modèles de
données codés : les tests ou analytes, les spécimens
ou milieux, les méthodes, les unités, les quantités,
le commentaire. Son organisation est très proche de Names-Lab®
et son code se construit sur le principe de concaténation des codes
[5].
Names-Lab® (nomenclature des analyses médicales
élémentaires) : référentiel à visée
européenne dont l'architecture sera développée ci-après.
Loinc® (Logical observation identifier names and codes)
: référentiel américain associé aux standards
ASTM 1238 et HL7 qui permet une transmission, dans le segment OBX (ASTM)
ou OBR (HL7), des messages de biologie.
Le message se compose de six segments. L'analyte, la propriété
mesurée, la notion de temps, le type de prélèvement,
l'échelle et la technique de dosage [6, 7]. Chaque message est
précédé par un code numérique univoque (tableau
1). Ce code permet d'identifier le résultat des tests dans
les comptes rendus électroniques. Il n'a pas de structure intrinsèque.
Architecture de Names-Lab®
Structure
Names-Lab®, est une nomenclature modulaire et hiérarchique.
Elle repose sur un ensemble de six modèles de données fortement
typés et deux référentiels. Names-Lab®
se définit selon deux axes :
- un axe modulaire qui représente la structure primaire et repose
sur la triade : référence (analyte), milieu, technique.
C'est l'axe fondamental de la description. Des relations sémantiques
simples de type « est un élément de » (concept
de généralisation) les relient ;
- un axe hiérarchique qui permet d'analyser le MP et le MR, composé
des paramètres, sous-paramètres et unités.
Les modèles de données et référentiels
Six modèles de données représentent la base de
Names-Lab®. Ils sont gérés par la commission
de la nomenclature et évoluent en fonction des progrès de
la biologie.
Modèle 1 : « Référence ».
Il regroupe l'ensemble des analytes (notion d'objet). L'analyte est
le constituant fondamental de l'analyse. Le libellé de chaque analyse
est issu dès que possible d'une nomenclature professionnelle (DCI,
enzyme committee, ICTV, genobase...) ou par défaut
de l'index medicus, ce qui permettra une traduction aisée
dans différentes langues européennes. Ce modèle de
données représente un noyau invariable. Il est codé
sur quatre caractères. Le libellé des références
est soumis à des règles d'écriture non développées
dans ce document.
Modèle 2 : « Technique ».
Il regroupe les techniques principales utilisées pour réaliser
l'analyse. Chacune est codée sur trois caractères.
Modèle 3 : « Milieu ».
Il comprend les milieux de prélèvement et d'exécution
ou compartiments biologiques dans lesquels sont effectuées les
analyses. Ces milieux sont codés sur trois caractères.
Modèle 4 : « Paramètre ».
Les paramètres sont aussi proches que possible des intitulés
utilisés par les laboratoires dans leurs CR et en particulier ceux
des services de biologie de l'AP-HP. L'analyse du dictionnaire de leur
SGL a permis de compléter de manière exhaustive ce modèle.
Comme les références, les paramètres sont invariables
mais non limitatifs. Ils sont structurés, classés, codés
sur quatre caractères et sont soumis à des règles
d'écriture formelles. Par exemple, dans le cas de « tests
» ou d'« épreuves », les paramètres débuteront
par le nom du stimulus. On distinguera les stimuli pharmacologiques (Synacthène®...)
ou physiques (électrique, température...) pour lesquels
le terme « test » a été choisi, des stimuli métaboliques
(glucose...) où le terme « épreuve » est employé.
On différencie dans ce groupe, les épreuves de charge (augmentation
des concentrations du stimulus), des épreuves de restriction (diminution
ou restriction des concentrations). Le cas échéant, le libellé
se terminera par la voie d'administration (per os, intraveineuse...).
Chaque élément est séparé par un « ^
». Ainsi, l'hyperglycémie provoquée par voie orale
(HGPO) devient : Glucose^épreuve de charge^per os.
Modèle 5 : « Sous-paramètre ».
Pour certaines analyses dont le CR est plus complexe, un deuxième
niveau de description est nécessaire et doit être joint au
précédent pour assurer la description complète des
MP et des MR. Celui-ci est réalisé par les sous-paramètres.
Ils sont classés et codés sur quatre caractères.
Dans notre exemple sur l'HGPO, le sous-paramètre nous renseigne
sur la notion de temps (T 0 min, T 15 min, T 30 min...).
Modèle 6 : « Unité ».
Ce modèle décrit prioritairement les unités internationales
et accessoirement l'ensemble des unités dites courantes, codées
sur trois caractères.
Référentiel 1 : « Examen ».
Il regroupe les éléments d'une prescription exprimée
en langage naturel. Ce fichier peu structuré et variable, est constitué
d'éléments non codés liés à une ou
plusieurs références. Ce référentiel représente
une base de données essentielle à la constitution d'un moteur
de recherche.
Référentiel 2 : « Descripteur ».
Il convertit chaque référence en libellés issus
des nomenclatures internationales. Ce référentiel permet
une traduction immédiate en d'autres langues.
Construction du code
Selon la définition du transcodage, Names-Lab®
assure la transition entre le langage médical naturel de la prescription
et celui de l'expression du CR. Le code se construit par la concaténation
des codes numériques des modèles de données (référence,
paramètre, sous-paramètre, milieu, technique et unité)
(tableau 2). Chaque item,
même non renseigné, possède un code « 0 »
afin de respecter l'intégrité structurelle du code à
21 caractères. À chaque code numérique correspond
un libellé associant les différents modèles et construit
de la façon indiquée par le tableau
2.
Analyse du message résultat
selon Names-Lab®
Méthode
Le MR est construit selon les principes de transcodage précédemment
exposés. La référence, le milieu et la technique
étant définie, le reste du code dépend d'une part
de la prescription et d'autre part du mode d'expression du CR défini
par le biologiste. Cette organisation se décline sur trois niveaux
:
- l'ensemble « référence, milieu, technique »,
- les paramètres,
- les sous-paramètres.
Elle décrit ainsi tous les types de hiérarchisation des
CR et permet par son caractère formel et organisé un traitement
informatique.
Exemples de codage
Un certain nombre d'exemples de codage sont décrits selon leur
complexité croissante :
- élémentaire (avec et sans paramètre renseigné)
(tableau 3) ;
- sur trois niveaux (sous-paramètres renseignés) (tableau
4) ;
- groupements d'analyses (tableau
5).
Interprétation
- Codage élémentaire : dans 90 % des cas, le codage des
MR s'apparente à ce type. La référence se suffit
à elle-même, associée ou non à un paramètre
renseigné, au milieu, à la technique et aux unités
(tableau 3).
- Codage sur trois niveaux : afin de coder certains MR spécifiques,
des sous-paramètres sont utilisés (tableau
4). Par exemple, le sous-paramètre, dans un test, apporte une
notion de temps précise (T 0 min, T 30 min, T 60 min) ou imprécise
(T0, T1, T2). Ces différentes possibilités permettent au
laboratoire de recevoir tous les types de MP.
- Codage des groupements d'analyses : une prescription peut comporter
plusieurs références qui doivent rester associées
dans le CR. Elles seront regroupées dans le SGL sous le terme de
« groupement » afin d'assurer une homogénéité
de ces CR (tableau 5).
Ce groupement permet aux biologistes de définir eux-mêmes
un ensemble cohérent d'analyses adapté à leur pratique
usuelle.
1) Ionogramme comprenant « n » références. Afin
de renseigner le résultat antérieur des analyses comprises
dans un groupement variable suivant les laboratoires, Names-Lab®
n'assure que le codage des analyses élémentaires.
2) Examen cytobactériologique des urines (ECBU) comprenant pour
une référence plusieurs paramètres.
3) Antibiogramme. Ce groupement se compose d'une référence
et « n » paramètres (antibiotiques à tester pour
un micro-organisme donné). Le résultat indiquera le degré
de sensibilité de chacun.
- Cas particuliers
1) Adaptation dynamique. Certains problèmes spécifiques
à la bactériologie obligent à avoir une adaptation
dynamique du paramétrage. En effet, le nombre de lignes constituant
le CR évolue au fur et à mesure des orientations diagnostiques
du biologiste.
2) Identification et numération des micro-organismes. L'identification
et la numération des micro-organismes correspondent à des
paramètres (ex : « germe.identification », « germe.numération
»). Le nom du micro-organisme est transmis sous forme de texte libre
dans le CR. Il est en effet illusoire de pouvoir, de manière exhaustive,
coder l'ensemble des micro-organismes identifiés à ce jour.
De façon arbitraire, nous avons limité à 10 le nombre
de micro-organismes trouvés dans un même prélèvement.
Comme nous le montre le tableau
5, le sous-paramètre assure le lien avec chaque micro-organisme
identifié.
Discussion
La coexistence de deux référentiels sémantiques
dont l'objectif est d'assurer une interface assurant une cohérence
entre les différents dictionnaires des SGL nous impose de comparer
leur structure et leur mode d'utilisation. Pour cette comparaison, nous
nous sommes basés sur le référentiel natif anglo-saxon
de Loinc® car bien qu'il existe une version française
proposée par une équipe suisse, celle-ci s'accompagne au
dire des auteurs d'une certaine perte d'informations [8].
Comparaison de la structure et du contenu des
messages résultats selon Names-Lab® et Loinc®
Les principes de construction de chacun des référentiels
sont différents même si la finalité est identique.
Cette observation repose sur une définition plus formelle de l'analyte
dans Names-Lab®. Cette définition se limite à
l'objet mesuré, complété par les paramètres
et les sous-paramètres et décrit ainsi le message résultat.
Dans Loinc®, la définition de l'analyte est moins
précise (tableau 6).
Les capacités descriptives du référentiel Names-Lab®
sont plus exhaustives que celles de Loinc®. Toutes les
combinatoires sont théoriquement possibles. Elles demeurent fort
heureusement limitées grâce aux fichiers d'aide au paramétrage
et respectent ainsi une logique médicale évidente et répondent
aux objectifs de normalisation. Names-Lab® apporte une
grande souplesse d'utilisation en s'adaptant et interprétant tout
type de prescription. Ainsi, dans un test d'hyperglycémie provoquée
par voie orale, la prescription médicale conventionnelle (un prélèvement
toutes les 30 min pendant deux heures) peut varier selon le prescripteur.
Names-Lab® assure le codage de l'ensemble des prescriptions
usuelles ou non (un prélèvement toute les 10, 15 ou 30 min,
prélèvements pendant un temps supérieur à
2 heures).
Loinc®, plus normatif, limite la transmission à
des messages préformatés. Certains tests ne sont pas prévus
ainsi que de nombreux horaires de prélèvements. Cette démarche
apparaît comme plus globale et plus contraignante.
La présence du modèle de données « unité
» dans Names-Lab® montre notre volonté de décrire,
de façon formelle et complète, un MR. Les unités
décrites d'après les travaux de Lee Min Lau [9] appartiennent
au segment « propriété mesurée » dans Loinc®.
Toutefois cet article ne précise pas les conditions de définition
de ces unités qui apparaissent comme un sous-segment non formel
et généré selon les besoins des laboratoires.
Les informations sur le « milieu » et la « technique
» de dosage sont décrites de façon comparable dans
les deux référentiels.
Comparaison des codes
Codes numériques
Le code numérique est celui qui assure la transmission électronique.
Sa genèse et son utilisation doivent être transparentes pour
l'utilisateur. Le code, à 21 caractères, utilisé
dans Names-Lab® est formé par la concaténation
des codes numériques des six modèles de données.
Celui de Loinc®, plus court, procède par un algorithme.
Dans ces deux référentiels, les logiciels d'aide au paramétrage
génèrent les codes de manière automatique. Ces codes
numériques ne sont pas stables dans le temps. Toutefois, Names-Lab®,
du fait de son enregistrement auprès de l'Afnor, ne peut modifier
les codes affectés à chaque item de ses modèles pour
une durée de 100 ans. Seule la constitution du code global, comme
dans Loinc®, peut varier en fonction du MR. Par ailleurs,
l'analyse des codes de Names-Lab® est facilement réalisable
car elle est issue d'un simple principe de concaténation. En revanche,
les codes Loinc® ne peuvent être décryptés
par le biologiste. Ils ne sont pas structurés ni intrinsèquement
définis (tableau 6).
Codes alphanumériques et mnémoniques
Ces codes servent à la traduction des codes numériques
en un langage sommairement intelligible. Names-Lab® utilise
des libellés couramment utilisés par les professionnels
de santé tout en respectant certaines règles d'écriture.
Loinc® utilise des codes mnémoniques dont la compréhension
ne peut être réservée qu'aux initiés (tableaux
1 et 6). Cela peut constituer un handicap lors du paramétrage
ou mapping.
Le groupement
Names-Lab® dont la structure se compose de références
unitaires, a choisi de ne pas décrire les groupements d'analyses
car ceux-ci dépendent prioritairement du prescripteur. Une grande
souplesse dans la prescription doit être préservée.
Names-Lab® de par sa structure permettra d'éviter
une inflation des prescriptions souvent incluses dans les groupements.
Grâce au référentiel « Examen », toute demande
même groupée sélectionnera un ensemble de références
(voir l'exemple de l'hémogramme dans le tableau
6). Cette structure a l'avantage de permettre une bonne gestion des
antériorités, mais pose le problème informatique
de la gestion des analyses dites groupées dans le résultat.
Loinc® a choisi de réunir sous le terme de panel
des groupements préétablis (tableau
6). Ce choix va dans le sens du caractère normatif vu précédemment.
Une liste de panel ainsi que les différents éléments
qui les composent constitue un ensemble supplémentaire de ce référentiel.
Cela a pour but de rigidifier le MR, mais ne permet pas aux prescripteurs
de choisir les analyses désirées dans le groupement. De
plus, aucune comparaison n'est possible entre une numération d'érythrocytes,
demandée isolément, et celle réalisée dans
un test.
Limites
Bien que comparables, ces deux référentiels n'ont pas
le même champ d'application. Names-Lab® ne concerne
que la biologie médicale, Loinc® par sa fusion avec
un autre référentiel (Snomed®) a une utilisation
dans un domaine plus vaste comprenant la biologie et d'autres disciplines
médicales.
Names-Lab® par sa collaboration avec la CNAMTS dispose
d'une base formalisée appréciable, pour une facturation
logique et juste, adaptée à la réalité.
Après une comparaison rapide des différents SGL, aucun
des deux référentiels précités ne semble pouvoir
être utilisé directement dans un dictionnaire d'analyses.
Une table de transcodage, ou mieux, la saisie du code au niveau des fenêtres
de paramétrage des différents éléments que
compose une analyse, paraît justifiée.
Article reçu le 23 juillet 2001, accepté le 29 octobre 2001.
CONCLUSION Un
référentiel sémantique universel est devenu une nécessité
pour les échanges de messages de prescriptions et de résultats
ainsi que pour le traitement informatique des données en biologie.
Deux référentiels principaux existent de nos jours. Si Names-Lab®
apparaît comme une nomenclature dont l'architecture est très
structurée, elle assure néanmoins une souplesse d'utilisation.
Loinc® en revanche, présente une organisation plus
rigide et donc plus conforme à une orientation normative. La collaboration
entre le CEN/TC251 et HL7 pour créer un RIM commun représente
une opportunité quant au rapprochement de ces deux référentiels.
Dans une première étape, l'intégration de Names-Lab®
au CEN/TC251, comparable à celle de Loinc® au sein
d'HL7, serait un point de départ à ce rapprochement. Il paraît
urgent de développer les outils informatiques nécessaires
afin que les biologistes puissent utiliser Names-Lab® de
façon simple et transparente. REFERENCES
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